Le tracing et le suivi des contacts sont l'un des piliers de la lutte contre le coronavirus. Cette méthode permet d'identifier les personnes qui ont été en contact avec un porteur, confirmé ou très probable, du Covid-19. Un procédé qui n'est pas nouveau et est utilisé mondialement pour prévenir la propagation de certaines maladies, comme la rougeole ou la méningite.
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Le tracing et le suivi des contacts sont l'un des piliers de la lutte contre le coronavirus. Cette méthode permet d'identifier les personnes qui ont été en contact avec un porteur, confirmé ou très probable, du Covid-19. Un procédé qui n'est pas nouveau et est utilisé mondialement pour prévenir la propagation de certaines maladies, comme la rougeole ou la méningite. En Belgique, le suivi des contacts est réalisé par le biais d'une collaboration historique entre l'AVIQ (Agence pour une vie de qualité) pour la Wallonie, les services du Collège réuni de la Commission communautaire commune (COCOM) pour Bruxelles, la VAZG pour la Flandre et le Ministère de la Communauté Germanophone.La forte augmentation du nombre d'infections a accéléré la recherche de contacts. En Wallonie et à Bruxelles, on enregistre un retard considérable en ce qui concerne les appels que les membres de la plateforme de tracing doivent passer aux personnes testées positives et à leurs contacts.Car le processus de recherche de contact est double: avec les patients, d'une part, pour obtenir leurs contacts et avec ces contacts en question, d'autre part. Selon De Standaard, pour la seule journée du dimanche 4 octobre, les agents wallons en charge du tracing n'ont pas réussi à contacter 30% des personnes censées être jointes. De plus, seuls 1.026 des 2.734 contacts de ces patients ont été contactés, soit 38%. Pour la journée de lundi, la situation était meilleure, mais le seuil des 50 % n'était tout de même pas atteint. Bruxelles est confrontée au même problème, dans une moindre mesure. Dimanche, 60 % des appels ont été passés. Lundi, ce chiffre est tombé à 53 %. Deux raisons principales sont évoquées pour expliquer ce retard. D'une part, on connait des problèmes techniques, indique-t-on à la Commission communautaire commune de la Région bruxelloise. Les problèmes techniques sont de leur côté analysés et traités. Le cabinet de la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS), attribue ces difficultés au logiciel des centres d'appel. "Lundi matin, il y a eu un bug qui a empêché les opérateurs de travailler", explique sa porte-parole Stéphanie Wilmet au Standaard. Pascal Cools de la mutuelle socialiste Solidaris, coresponsable de la recherche de contacts, parle également de "bugs sur la plateforme." Or, si les agents ne peuvent pas faire leur travail, le retard s'accumule. Cette plate-forme logicielle a souvent souffert de bugs dans sa phase initiale, bien que la situation se soit progressivement améliorée. La recherche de contact flamande utilise la même plateforme, mais semble avoir peu de problèmes. D'autre part, l'augmentation soudaine des cas positifs, qui engendre à chaque fois une recherche de contact, provoque un engorgement. Pour la présidente du Comité interfédéral testing et tracing, Karine Moykens : "L'arriéré de la recherche wallonne et bruxelloise est dû au fait qu'ils n'ont pas augmenté assez rapidement leur nombre des personnes en charge du contact tracing". Du coup, le nombre d'agents bruxellois va passer de 143 à 168 d'ici à la semaine prochaine. Un constat partagé côté wallon, où l'on souhaite doubler le personnel "dès que possible". "Le suivi des contacts n'est réalisable et utile que lorsque le nombre de contaminations est limité", nous indique par ailleurs le site officiel de la lutte contre le coronavirus en Belgique, info-coronavirus.be. "Pendant le pic, le nombre de contaminations était tel qu'il était impossible de contacter chaque personne potentiellement malade pour lui demander avec qui elle avait été en contact." Or, les contaminations ont repris de plus belle ces dernières semaines.Pour renforcer le tracing via les agents régionaux, la Belgique a mis en place, comme de nombreux autres pays, une application : Coronalert. Elle a déjà été téléchargée plus de 657.000 fois depuis son lancement, selon des chiffres dévoilés lundi. De bons chiffres pour un lancement, mais qui sont encore loin d'être suffisants. L'application est disponible gratuitement pour tous via iOS ou Android depuis mercredi dernier. Cet outil permet de garder des traces anonymes des personnes avec lesquelles les gens sont entrés en contact physique. Lorsqu'un médecin prescrit un test, l'utilisateur peut générer un code dans son application afin qu'il puisse être lié au code de son test. Si le test est positif, l'utilisateur le reçoit dans son application et peut envoyer une notification à toute personne qui a été dans le voisinage.Lire aussi : Anonyme, l'application Coronalert ? Oui et nonSamedi dernier, il y a eu quelques problèmes avec "Coronalert" : beaucoup d'utilisateurs ont reçu un message d'erreur en ouvrant l'application. Cela était dû à un problème avec le réseau de certains opérateurs, de sorte que la récupération des informations en arrière-plan n'a pas été faite correctement. "Mais Coronalert a continué à échanger des codes via Bluetooth avec d'autres smartphones qui avaient installé l'application, donc l'application a fait son travail", souligne Carmen De Rudder, porte-parole du Comité interfédéral tracing. Les deux processus sont les revers d'une même pièce : l'un trace les contacts rapprochés avec des proches, l'autre peut également tracer les contacts rapprochés avec des inconnus. Mais les suivis de contacts manuel et numérique ont ceci en commun : il faut que le citoyen coopère. Dans le premier cas, il faut ainsi que le patient infecté accepte de donner ses contacts rapprochés pour que le processus puisse se faire. Il n'y a, en fait, aucune obligation légale, mais la coopération des citoyens est la clé pour que cette stratégie fonctionne, "un acte essentiel de solidarité et de citoyenneté dans la lutte contre le Covid-19", insistent les autorités. Même son de cloche pour l'application. Il n'y a aucune obligation légale de la télécharger, mais elle ne peut être efficace que si une grande partie des citoyens la téléchargent, et l'activent.