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C'est donc en deux temps que le gouvernement a opéré ce qu'il faut bien appeler un reconfinement social. Temps 1. Jeudi 23 juillet, un coup de frein est mis au processus de déconfinement. La phase 5 est postposée, le port du masque généralisé à une série d'endroits et le tracing des personnes renforcé, notamment dans l'Horeca. Pas suffisant pour les experts qui font savoir tout au long du week-end que les mesures ne vont pas assez loin et ne respectent pas la feuille de route qu'ils ont rédigée. Dès le dimanche soir et face à une courbe épidémiologique devenue exponentielle, la Première ministre Sophie Wilmès annonce la tenue d'un nouveau Conseil national de sécurité (CNS). Temps 2. Lundi 27 juillet, nouveau CNS avec l'annonce d'un reconfinement partiel. La bulle de quinze personnes est ramenée à cinq. Un Club des cinq (référence aux romans) qui doit rester le même pour les quatre semaines à venir. La mesure est forte, à la hauteur de la recrudescence de l'épidémie. Fini également le fun shopping. On repasse en mode courses utilitaires, seul et pour trente minutes maximum. Les mariages et autres événements privés sont réduits à dix personnes. Les grands événements comme la foire du Midi, à Bruxelles, ou les Fêtes de Wallonie sont annulés. Le télétravail demeure plus que jamais encouragé. Rien de changé par contre pour les voyages qui restent permis en fonction du code couleur de la destination. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que " cela va devenir presque impossible pour les pays de maintenir dans un futur proche leurs frontières fermées. [...] Les économies doivent rouvrir, les gens doivent travailler, le commerce doit reprendre. " Pour la région anversoise, la plus touchée actuellement par le rebond de l'épidémie, une série de restrictions complémentaires sont prises : couvre-feu sur tout le territoire provincial entre 23 et 6 heures, port du masque obligatoire dans l'espace public, télétravail obligatoire. L'objectif de ce nécessaire et brutal coup de frein est double : éviter de devoir reconfiner le pays et de mettre en péril la rentrée scolaire. Et de fait, l'économie ne se remettrait pas d'un nouveau lockdown global. Ce coup d'arrêt aura d'ailleurs des conséquences lourdes pour l'Horeca, le petit commerce, les secteurs événementiel et culturel qui commençaient à peine à entrevoir un timide retour de la confiance du consommateur. Ces acteurs plaident d'ailleurs déjà pour que de nouvelles mesures de soutien soient prises ou les actuelles prolongées, faute de quoi un tsunami de faillites sera inévitable. Quant à la rentrée scolaire, il est encore bien trop tôt pour dire quelle sera la situation épidémiologique en septembre. Pour rappel, les ministres de l'Enseignement avaient présenté en juin dernier, un projet de rentrée scolaire assorti d'un code couleur en fonction de la situation sanitaire. Lors de cette annonce, le scénario qui prévalait était la version jaune, c'est-à-dire une majorité de cours en présentiel. Personne ne se prononce aujourd'hui sur la situation de septembre. Tant on vient de nous rappeler brutalement que ce qu'on espérait acquis ne l'est pas tant que ça. Et qu'il en faut peu pour que le virus reprenne force et vigueur. Les mots d'ordre pour les mois à venir : patience et courage.