C'est une malédiction. A peine le PS liégeois sort-il la tête hors de l'eau - après le tsunami Publifin-Nethys - qu'il boit à nouveau la tasse. Il risque la noyade aux prochaines élections. A Liège plus encore que dans les autres villes wallonnes, le PTB astique son artillerie. Au plus petit faux pas de l'ennemi PS, le parti de Raoul Hedebouw sort les tanks, les missiles et les bazookas. Le carnage est programmé. Si les socialistes liégeois n'abandonnent pas leurs mauvaises habitudes, ils perdront leur pole position dans le paysage politique liégeois.

Un boulet politique

L'affaire peut paraître anodine. Ce n'est certes pas le casse du siècle. Potentiellement, c'est pourtant de la dynamite. Pierre Stassart, échevin de l'Instruction publique de la Ville de Liège, a manoeuvré hors des clous pour favoriser l'engagement, en 2016, de sa compagne de l'époque, à la Haute Ecole de la Ville de Liège. Ce 14 décembre, le tribunal correctionnel de Liège a condamné Pierre Stassart pour "prise illégale d'intérêt", à une peine d'un an de prison avec sursis et une amende d'un montant de 16.000 euros, dont la moitié avec sursis. L'échevin ayant décidé de faire appel, il reste présumé innocent. Mais sa condamnation judiciaire en date du 14 décembre le transforme en boulet politique pour le PS liégeois.

Il faut sauver le soldat Stassart

Une poignée de dirigeants du PS local se mobilisent rapidement pour "sauver le soldat Stassart". Le premier scénario imaginé par ces socialistes pour venir en aide à leur camarade en difficulté est soft. Stassart reste échevin et conserve toutes ses compétences, hormis celles relatives à la gestion de la Haute Ecole de la Ville de Liège. Mais ce scénario ne tient pas la route. L'opposition au sein du conseil communal liégeois (PTB, CDH, écologistes) se déchaîne. Elle veut que l'échevin socialiste en délicatesse avec la justice démissionne ou soit démissionné.

Quant à Paul Magnette, le président du PS, il fait savoir que cette nouvelle 'liégeoiserie' ne le fait pas rire du tout. A peine sorti de la saga Moreau, le PS liégeois se doit d'être irréprochable. Magnette est furieux car cette fois encore, certains socialistes liégeois donnent l'impression de donner la priorité à la défense de leurs intérêts de caste. Ambiance chez les rouges...

L'échevin 'démissionné' n'aurait pas droit aux allocs

L'échevin Stassart ne veut pas démissionner. Alors, on le vire ? Pas si simple, car selon ce scénario hard, il n'aurait même pas droit aux allocations de chômage, font remarquer certains socialistes, peu désireux d'être accusés de déclencher un (petit) bain de sang social en bord de Meuse. Finalement, Stassart reste échevin (et rémunéré comme tel), mais sans attributions : celles-ci sont transférées au département du bourgmestre, Willy Demeyer. L'échevin socialiste a transmis au bourgmestre un certificat d'incapacité de travail. Affaire classée, en attendant le jugement en appel ? Pas si sûr.

La pression va s'accentuer sur le PS liégeois, qui donne l'impression de tendre des bâtons pour se faire battre. Il ne s'agit pas de jouer à Monsieur Propre et, comme le PTB, de hurler à la grosse 'magouille' dès qu'un élu fait un pet de travers. Force est cependant de constater que les rénovateurs socialistes liégeois (Frédéric Daerden, Christie Morreale, Julie Fernandez Fernandez...) ne sont pas aidés dans leur tâche. Le bourgmestre de la Cité ardente, Willy Demeyer, réussit tant bien que mal, depuis des années, à colmater les brèches dans la vieille maison socialiste. Mais tant à Liège Ville que dans certaines communes de la banlieue rouge, celle-ci se lézarde dangereusement.

Rénover ou disparaître

"La page des affaires est tournée. Ceux qui ont dérivé, notamment au niveau de la gestion publique, ne peuvent pas s'appeler 'socialistes'", déclarait ce 20 décembre, dans une interview à la 'Meuse', le président de la fédération socialiste liégeoise, Frédéric Daerden. La gestion de 'l'affaire Stassart' servira de test pour les socialistes liégeois. Les rénovateurs ont du pain sur la planche. Rénover ou disparaître comme parti dominant à Liège, tel est l'enjeu pour un PS encore convalescent, après le traumatisme des 'années Moreau'.

Claude Demelenne, essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche

C'est une malédiction. A peine le PS liégeois sort-il la tête hors de l'eau - après le tsunami Publifin-Nethys - qu'il boit à nouveau la tasse. Il risque la noyade aux prochaines élections. A Liège plus encore que dans les autres villes wallonnes, le PTB astique son artillerie. Au plus petit faux pas de l'ennemi PS, le parti de Raoul Hedebouw sort les tanks, les missiles et les bazookas. Le carnage est programmé. Si les socialistes liégeois n'abandonnent pas leurs mauvaises habitudes, ils perdront leur pole position dans le paysage politique liégeois.L'affaire peut paraître anodine. Ce n'est certes pas le casse du siècle. Potentiellement, c'est pourtant de la dynamite. Pierre Stassart, échevin de l'Instruction publique de la Ville de Liège, a manoeuvré hors des clous pour favoriser l'engagement, en 2016, de sa compagne de l'époque, à la Haute Ecole de la Ville de Liège. Ce 14 décembre, le tribunal correctionnel de Liège a condamné Pierre Stassart pour "prise illégale d'intérêt", à une peine d'un an de prison avec sursis et une amende d'un montant de 16.000 euros, dont la moitié avec sursis. L'échevin ayant décidé de faire appel, il reste présumé innocent. Mais sa condamnation judiciaire en date du 14 décembre le transforme en boulet politique pour le PS liégeois.Une poignée de dirigeants du PS local se mobilisent rapidement pour "sauver le soldat Stassart". Le premier scénario imaginé par ces socialistes pour venir en aide à leur camarade en difficulté est soft. Stassart reste échevin et conserve toutes ses compétences, hormis celles relatives à la gestion de la Haute Ecole de la Ville de Liège. Mais ce scénario ne tient pas la route. L'opposition au sein du conseil communal liégeois (PTB, CDH, écologistes) se déchaîne. Elle veut que l'échevin socialiste en délicatesse avec la justice démissionne ou soit démissionné. Quant à Paul Magnette, le président du PS, il fait savoir que cette nouvelle 'liégeoiserie' ne le fait pas rire du tout. A peine sorti de la saga Moreau, le PS liégeois se doit d'être irréprochable. Magnette est furieux car cette fois encore, certains socialistes liégeois donnent l'impression de donner la priorité à la défense de leurs intérêts de caste. Ambiance chez les rouges...L'échevin Stassart ne veut pas démissionner. Alors, on le vire ? Pas si simple, car selon ce scénario hard, il n'aurait même pas droit aux allocations de chômage, font remarquer certains socialistes, peu désireux d'être accusés de déclencher un (petit) bain de sang social en bord de Meuse. Finalement, Stassart reste échevin (et rémunéré comme tel), mais sans attributions : celles-ci sont transférées au département du bourgmestre, Willy Demeyer. L'échevin socialiste a transmis au bourgmestre un certificat d'incapacité de travail. Affaire classée, en attendant le jugement en appel ? Pas si sûr.La pression va s'accentuer sur le PS liégeois, qui donne l'impression de tendre des bâtons pour se faire battre. Il ne s'agit pas de jouer à Monsieur Propre et, comme le PTB, de hurler à la grosse 'magouille' dès qu'un élu fait un pet de travers. Force est cependant de constater que les rénovateurs socialistes liégeois (Frédéric Daerden, Christie Morreale, Julie Fernandez Fernandez...) ne sont pas aidés dans leur tâche. Le bourgmestre de la Cité ardente, Willy Demeyer, réussit tant bien que mal, depuis des années, à colmater les brèches dans la vieille maison socialiste. Mais tant à Liège Ville que dans certaines communes de la banlieue rouge, celle-ci se lézarde dangereusement."La page des affaires est tournée. Ceux qui ont dérivé, notamment au niveau de la gestion publique, ne peuvent pas s'appeler 'socialistes'", déclarait ce 20 décembre, dans une interview à la 'Meuse', le président de la fédération socialiste liégeoise, Frédéric Daerden. La gestion de 'l'affaire Stassart' servira de test pour les socialistes liégeois. Les rénovateurs ont du pain sur la planche. Rénover ou disparaître comme parti dominant à Liège, tel est l'enjeu pour un PS encore convalescent, après le traumatisme des 'années Moreau'.Claude Demelenne, essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche