"Freddo" sera seul en lice pour la présidence de la fédération liégeoise du PS, en vue du scrutin qui devrait avoir lieu début mars. En soi, ce n'est pas une surprise. Frédéric Daerden, vice-président du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a réussi à se profiler comme la personnalité susceptible d'apaiser ce haut lieu du socialisme en reçevant le soutien de Willy Demeyer, bourgmeste de Liège qui préférait se concentrer sur cet enjeu-là, ou le duo Labille (Solidaris) - Bodson (FGTB), très fort en coulisses.
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"Freddo" sera seul en lice pour la présidence de la fédération liégeoise du PS, en vue du scrutin qui devrait avoir lieu début mars. En soi, ce n'est pas une surprise. Frédéric Daerden, vice-président du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a réussi à se profiler comme la personnalité susceptible d'apaiser ce haut lieu du socialisme en reçevant le soutien de Willy Demeyer, bourgmeste de Liège qui préférait se concentrer sur cet enjeu-là, ou le duo Labille (Solidaris) - Bodson (FGTB), très fort en coulisses.L'homme incarne aussi une forme de ruture bienvenue:c'est le premier candidat ne faisant pas partie du club des cinq (Willy Demeyer, Jean-Claude Marcourt, Stéphane Moreau, Alain Mathot et André Gilles) qui a de facto tenu les rênes du PS liégeois pendant une dizaine d'années depuis le milieu des années 2000. Inutile de dire que ce ne fut pas un long feuve tranquille et que sa "virginité" est bienvenue.Après l'assassinat d'André Cools, en 1991, le PS liégeois avait eu fort à faire pour gérer les guerres de clans qui ont déchiré la fédération, entre Liège et périphérie, entre les coolsiens et les autres, entre ceux qui étaient en odeur de sainteté au boulevard de l'Empereur et ceux qui contestaient... L'affaire Publifin, ce scandale qui a ravagé la Wallonie politique à partir de 2016, a une nouvelle fois mis la fédération sens dessus d essous et écorné son image. Après le règne de transition de l'échevin liégeois Jean-Pierre Hupkens, élu de justesse en 2017, voici venu le temps de la reconstruction.Il y a du travail. Avec quelque 10000 affiliés, la fédération liégeoise du PS est en théorie la plus puissante des quatorze du PS, mais elle a perdu nombre d'adhérents ces dernières années. Surtout, son poids politique est devenu inversement proportionnel à ce qu'il devrait être: Jean-Claude Marcourt a pleuré cette ministre-présidence wallonne qui lui a échappé, les vice-Premiers fédéraux et les ministres-présidents viennent systématiquement d'autres fédérations moins bien loties, le Hainaut d'Elio Di Rupo et Paul Magnette a durablement pris l'ascendant... Frédéric Daerden devra recoudre, recrédébiliser, convaincre, apaiser...C'est son leitmotiv. Voici cinq ans, il avait adressé une note à Willy Demeyer et Jean-Claude Marcourt, pour leur faire part de son diagnostic sur l'état de la fédération liégeoise du PS. Le document pointait notamment "les prises de décision dans des comités restreints informels, en marge des organes statutaires". "Je n'ai aucun doute quant au fait que le club des cinq continue à exister, complétait alors celui qui était député-bourgmestre de Herstal. Que les gens aient des affinités, cela ne me dérange pas. Le problème, c'est que la décision se construit là, et non dans les instances du parti." Parviendra-t-il à réhabiliter cette fédération trop longtemps malade, qui se soigne?Le nouvel homme fort du PS liégeois a de qui tenir. Le fils de "papa", l'ancien ministre Michel Daerden, ne vient évidemment pas de nulle part et son nom fut un passeport pour la gloire. Moins truculent et plus "sage" que son père, il a su tisser une toile en marchant sur les traces de son père, mais aussi en évitant ses aspérités ou ses amitiés parfois dérangeantes.Cela n'en donne pas moins l'image d'une "nouvelle dynastie", même si elle n'est pas aussi forte que cela, sous contrôle, plus démocratique et incontestablement fragile. Le personnage est moins "dictateur"et imprévisible que son père et il doit tenir compte des autres poids lourds régionaux - Willy Demeyer, donc, mais aussi le duo composé par Jean-Pascal Labille (Solidaris) et Thierrry Bodson (patron de la FGTB). Incontestablement fragile, aussi, parce que les ombres de Stéphane Moreau, Alain Mathot et autres André Gilles planeront longtemps encore sur cette fédération qui ne ressemble à aucune autre.