C'est le jour J pour le Comité de concertation, qui se réunit en ce moment. D'ici ce soir, les Belges devraient connaître les conditions de leur vie quotidienne pour les semaines à venir. Les experts expriment tous leurs réticences sur la possibilité d'entamer un déconfinement progressif, tant les chiffres de l'épidémie de Covid restent préoccupants, même s'ils sont en baisse. Mais les politiques devraient plaider unanimement pour une réouverture prudente des commerces, moyennant un protocole de sécurité très strict et une collaboration avec les gouverneurs des provinces pour assurer un contrôle des rues commercantes.
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C'est le jour J pour le Comité de concertation, qui se réunit en ce moment. D'ici ce soir, les Belges devraient connaître les conditions de leur vie quotidienne pour les semaines à venir. Les experts expriment tous leurs réticences sur la possibilité d'entamer un déconfinement progressif, tant les chiffres de l'épidémie de Covid restent préoccupants, même s'ils sont en baisse. Mais les politiques devraient plaider unanimement pour une réouverture prudente des commerces, moyennant un protocole de sécurité très strict et une collaboration avec les gouverneurs des provinces pour assurer un contrôle des rues commercantes.Une réouverture prudente des commerces, c'est, déjà, ce que le Premier ministre, Alexander De Croo, a laissé entendre à la Chambre, jeudi après-midi. Tout en soulignant qu'il n'est pas question de mener "une politique irréfléchie"." Le nombre de contaminations diminue, c'est vrai, mais pas à un seuil qui nous permet de gérer la situation, disait-il. Le taux de positivité des tests est de 14%, alors qu'il devrait baisser à 3%. Soyons clairs: cela reste un long chemin à parcourir. La seule certitude, c'est que si nous prenons des mauvaises décisions, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques."Si la question des commerces devrait être abordée positivement, celle de l'élargissement de la bulle sociale à Noël risque d'être reportée ou abordée plus prudemment encore. Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), a laissé entendre jeudi soir à la RTBF qu'il y était favorable, ainsi qu'à un assouplissement du couvre-feu, mais rien ne dit que ses collègues fédéraux, notoirement le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (SP.A) soit enclin à avancer dans ce sens.Lorsque Alexander De Croo évoque l'idéal d'un taux de positivité à 3%, il cite en réalité les balises fixées par le remplaçant du nouveau "baromètre", élaboré par le commissaire coronavirus Pedro Facon. Selon la RTBF, qui dévoile l'information, celui-ci a en réalité élaborée une "stratégie de maîtrise" fixant les conditions selon lesquelles on peut imaginer un déconfinement progressif.Le document qui a fuité vers la RTBF évoque deux phases: la phase descendante et la phase de maîtrise. La phase actuelle, descendante, nécessité une série de mesures pour faire baisser les chiffres, avec un focus sur le nombre d'hospitalisations et le nombre de cas. L'objectif est de limiter le nombre d'entrées quotidiennes (sur une moyenne de 7 jours) à 75 (nous sommes à 270 au 26 novembre), préise la RTBF. Qui cite le document: "en particulier dans la phase descendante, il convient de faire preuve d'une grande prudence lorsqu'on envisage et décide d'un assouplissement progressif, équilibré et conditionné des mesures".Pour aller plus fort et plus vite, il convient donc d'arriver à ce taux de positivité de 3% ou d'arriver à un taux d'incidence inférieur à 100 pour 100.000 habitants en moyenne sur 14 jours (nous sommes à 478 au 26 novembre). Place, alors, à une stratégie de maîtrise.En tenant compte de ce document, les politiques devraient rester prudents. Il sera toutefois question de cette réouverture prudentissime des commerces. "On plaide tous pour une réouverture des commerces", confirme le vice-Premier ministre PS Pierre-Yves Dermagne, ce vendredi matin à la DH. Tout au long de la semaine les libéraux francophones ont mis la pression en ce sens. "Il y a un consensussur l'ouverture des commerces", a confirmé Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre-président francophone.Les experts du RAG (Risk Assessment Group), sont quant à eux réticents. La conclusion de leur rapport, obtenues par Le Soir, dit ce qui suit, malgré le constat de l'amélioration de la situation: "La situation reste préoccupante car la diminution est lente, le nombre de tests PCR semble se stabiliser (après plusieurs semaines de baisse), le nombre de nouvelles hospitalisations reste élevé et il y a toujours des foyers importants dans les maisons de repos, avec une pression importante sur les établissements de soins de santé. Un allègement des mesures ne peut donc pas être envisagé, les efforts doivent être maintenus."Voilà la difficile équation du Comité de concertation de ce jour.