Voit-on une évolution par rapport à la semaine passée qui a douché les espoirs d'assouplissement des mesures sanitaires ?

Niko Speybroeck : Ce qui est important c'est d'observer les hospitalisations par jour. Il n'y a pour le moment pas de grand changement comparé à la semaine dernière. Il n'y a pas d'indication que cela change la donne cette semaine, les chiffres stagnent. On peut interpréter ces données de deux manières : cela stagne à un niveau assez élevé, donc, mieux vaut ne pas assouplir les règles. Mais on peut aussi dire que cela n'augmente pas. Ce qui permet alors peut-être de voir ce qu'on peut relâcher. D'un autre côté, la circulation du virus reste aussi à un niveau élevé. Si on lui donne des opportunités de se propager plus vite en augmentant le nombre de contacts, on en verra l'effet. D'un point de vue purement épidémiologique, les chiffres disent que c'est risqué d'assouplir les mesures. Même si la campagne de vaccination va permettre d'augmenter l'immunité dans la population et donc aider à faire baisser les courbes.
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Niko Speybroeck : Ce qui est important c'est d'observer les hospitalisations par jour. Il n'y a pour le moment pas de grand changement comparé à la semaine dernière. Il n'y a pas d'indication que cela change la donne cette semaine, les chiffres stagnent. On peut interpréter ces données de deux manières : cela stagne à un niveau assez élevé, donc, mieux vaut ne pas assouplir les règles. Mais on peut aussi dire que cela n'augmente pas. Ce qui permet alors peut-être de voir ce qu'on peut relâcher. D'un autre côté, la circulation du virus reste aussi à un niveau élevé. Si on lui donne des opportunités de se propager plus vite en augmentant le nombre de contacts, on en verra l'effet. D'un point de vue purement épidémiologique, les chiffres disent que c'est risqué d'assouplir les mesures. Même si la campagne de vaccination va permettre d'augmenter l'immunité dans la population et donc aider à faire baisser les courbes.En élargissant la bulle de contacts à l'extérieur, par exemple. Tout ce qui se passe à l'extérieur est déjà moins risqué. Si c'est vraiment limité et que c'est bien calculé, c'est peut-être une piste. N'oublions pas que chaque augmentation du nombre de contacts va avoir un effet même s'il est restreint. Même si le risque de transmission par contact à l'extérieur n'est pas si élevé qu'à l'intérieur, si on augmente cela en masse, en mixant 2 millions de contacts ou plus, les risques ne sont pas négligeables. Avec les courbes d'hospitalisations qui stagnent et qui restent à un niveau relativement élevé, c'est quand même assez risqué de dire qu'on va assouplir cette semaine. En plus, nous constatons aujourd'hui un nombre de patients en soins intensifs (pour le moment près de 500) qui continue à augmenter. Je ne pense pas que ce soit le meilleur moment d'assouplir et il vaudrait peut-être mieux attendre encore un petit peu et ne pas prendre le risque de cette 3e vague. Tout dépend de ce qu'on fera dans les semaines à venir. Il est difficile de faire des prédictions avec les paramètres qu'on a pour le moment, comme le nombre de contacts et l'adhésion aux mesures qui peut grandement varier. On ne sait pas prédire l'adhésion de la population aux mesures, mais espérons que ce nombre de contacts restera au même niveau.Il y a aussi l'inconnue du variant britannique. On observe qu'il prend plus de place, on ne sait pas encore exactement comment il va évoluer. La campagne de vaccination n'avance pas très vite non plus, mais on peut espérer qu'elle s'accélère. Ces incertitudes font qu'il est difficile de faire des prédictions. Il faut rester très prudent. Il est difficile de juger combien de temps cela peut prendre, 3, 4 semaines ? On n'a pas de boule de cristal avec toutes ces incertitudes. Si vendredi, on prend une décision, cette décision va peut-être avoir de l'effet sur le comportement et le nombre de contacts de la population, une semaine après. Il est aussi difficile de prédire l'effet de ces mesures couplé à celle de la campagne de vaccination. La circulation du virus peut être diminuée de 3 façons. En augmentant l'immunité dans la population, en diminuant le nombre de contacts et en diminuant le risque de transmission par contact. Accroitre l'immunité peut déjà faire baisser les courbes. Une campagne de vaccination va augmenter considérablement cette immunité. Pour le moment nous avons surtout vacciné les personnes âgées dans les maisons de repos. Il faudra donc attendre avant d'avoir un effet de la campagne de vaccination dans la population générale. Entretemps, le nombre de contacts et le risque de transmission par contact influencent ensemble le fait que les courbes stagnent. Il faudra donc, en attendant l'immunité accrue dans la population, limiter le nombre de nos contacts. Surtout que des études indiquent que la contagiosité de variants, comme le variant britannique, est relativement élevée, ce qui risque d'augmenter la probabilité de transmission par contact. Assouplir trop vite est donc risqué.Il faut bien calculer les risques épidémiologiques, avant d'assouplir, mais je me rends compte que ce n'est pas une situation facile. Tout le monde en a marre. Le côté épidémiologiste dit : "attention, n'assouplissons pas trop vite, c'est risqué". Et le côté santé mentale pousse à ouvrir. C'est au politique à mettre en balance ces deux éléments. Je ne suis pas sûr qu'il faut voir cela comme un choix entre deux extrêmes, mais plutôt comme la nécessité de mesures et d'une attention portée à la santé mentale (et d'autres dommages collatéraux). Pendant cette période difficile, Il faut accompagner les personnes en difficultés.La vaccination est vraiment une excellente nouvelle, car elle va permettre d'augmenter l'immunité dans la population. Le beau temps donne aussi des perspectives. Ce sont des éléments d'espoir. Je dirais à la population : "Essayez de tenir le coup, nous y sommes presque."