En Belgique, les inondations de la mi-juillet ont fait 41 morts et des milliers de personnes ont presque tout perdu. L'aide gouvernementale a démarré lentement ; à tous les niveaux, les dirigeants n'ont pas tenu leurs promesses. Aujourd'hui, de nombreuses personnes touchées sont encore dans la misère.
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En Belgique, les inondations de la mi-juillet ont fait 41 morts et des milliers de personnes ont presque tout perdu. L'aide gouvernementale a démarré lentement ; à tous les niveaux, les dirigeants n'ont pas tenu leurs promesses. Aujourd'hui, de nombreuses personnes touchées sont encore dans la misère.L'autre tragédie a lieu en Afghanistan. Là-bas, les talibans ont entamé une reconquête en novembre 2017, qui a conduit à la chute de Kaboul le 15 août de cette année. Alors que des pays comme l'Allemagne et la France rapatriaient déjà du personnel, les politiques belges discutaient encore de la déportation des Afghans déboutés du droit d'asile. L'attitude traînante et presque indifférente de nos politiciens à l'égard de ce qui s'est passé en Afghanistan et dans la vallée de la Vesdre exige un tribut terrible.A leur retour de vacances, les membres du gouvernement fédéral devront gérer une série de dossiers lourds. Il s'agit invariablement d'affaires qui traînent depuis longtemps. Ainsi, en 2003, le gouvernement arc-en-ciel dirigé par Guy Verhofstadt (Open VLD) a décidé de sortir du nucléaire, mais n'a pas réussi à élaborer une nouvelle politique énergétique. Après presque 20 ans de querelles, le gouvernement d'Alexander De Croo (Open VLD) doit maintenant prendre une décision urgente : y aura-t-il une sortie du nucléaire en 2025 comme le prévoit l'accord Vivaldi ? Qu'en est-il des centrales à gaz qui devront pallier toute pénurie d'électricité due à la fermeture des centrales nucléaires ? Et comment concilier tout cela avec cet autre objectif, la réduction des émissions de CO2 ? Ces questions doivent trouver une réponse rapide, mais nous avons surtout besoin d'une vision détaillée: comment répondre à nos besoins énergétiques à moyen terme de manière abordable et respectueuse de l'environnement ?Un autre dossier qui attend depuis des années est celui des retraites. En 2001, le gouvernement violet de Verhofstadt a lancé le Fonds de vieillissement, un tampon financier contre les coûts croissants du vieillissement. Lorsqu'il est devenu évident que cela se terminerait par un fiasco, la Commission de réforme des retraites a été créée en 2013, avec des experts de toutes les universités. Leur tâche consistait à proposer des scénarios de réforme de nos pensions, afin que les indemnités restent suffisamment élevées et en même temps abordables. De nombreuses propositions ont été formulées, mais aucune n'a abouti. Aujourd'hui, la ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) mettrait la touche finale à une réforme majeure. Il reste à voir si, par exemple, elle supprimera progressivement l'avantage fiscal sur les assurances de groupe et les fonds de pension professionnelle, comme elle l'a déjà indiqué. Il faudra également attendre de voir ce que son collègue Frank Vandenbroucke (Vooruit), ministre des Affaires sociales, mais également président de la Commission de réforme des pensions, pensera de ses propositions.Ensuite, il y a la réforme fiscale. Depuis des décennies, on dit que nos impôts devraient être plus transparents, plus simples et plus justes, et qu'il serait préférable de réduire les impôts sur le travail. Jusqu'à présent, rien ou presque n'en est ressorti. Le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V) est censé avoir un plan prêt d'ici la fin du mandat, qui sera mis en oeuvre par le prochain gouvernement. La question est toutefois de savoir si ce prochain gouvernement sera composé de la même coalition et s'il souhaite mettre en oeuvre les plans d'un gouvernement précédent. Si le gouvernement De Croo ne veut pas faire dérailler le budget, il ferait bien de s'occuper de la réforme fiscale. Le gouvernement De Croo a, comme d'habitude, reporté l'élaboration du budget après les vacances d'été, alors qu'avant le conclave budgétaire était déjà lancé avant le 21 juillet. Là aussi, il y a procrastination. Il semble que cette année encore, il faudra précipiter la concertation budgétaire pour respecter l'échéance européenne du 15 octobre. Nous ne devons pas du tout nous attendre à un budget pluriannuel élaboré, et nous continuerons donc à naviguer à l'aveugle sur le long terme.Le malheur est qu'il existe un désaccord fondamental au sein du gouvernement De Croo sur chacun de ces dossiers importants en cours. A tel point que même certains au sein de la coalition se demandent s'il arrivera jusqu'au bout du processus. La peur de l'électeur maintient le gouvernement à flot.