C'est là ce que constate le politologue Dave Sinardet (Université d'Anvers). "Un tabou qui subsiste et qui est même renforcé est celui du désavantage fiscal excessif des célibataires. Ils perdent encore plus au change par rapport aux couples (avec enfants) alors que nulle part ailleurs qu'en Belgique, on ne taxe aussi lourdement les célibataires", tweete-t-il.
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C'est là ce que constate le politologue Dave Sinardet (Université d'Anvers). "Un tabou qui subsiste et qui est même renforcé est celui du désavantage fiscal excessif des célibataires. Ils perdent encore plus au change par rapport aux couples (avec enfants) alors que nulle part ailleurs qu'en Belgique, on ne taxe aussi lourdement les célibataires", tweete-t-il.Interrogé par la VRT, Dave Sinardet explique les mécanismes fiscaux actuels qui désavantagent déjà les célibataires. Ainsi, ces derniers ne bénéficient pas du quotient conjugal, un avantage qui permet d'octroyer au partenaire qui dispose d'un revenu professionnel très bas voire inexistant, une partie des revenus professionnels de l'autre partenaire.Le politologue évoque également la "somme exonérée" (qui signifie qu'une partie des revenus imposables n'est pas taxée) à laquelle a droit toute personne soumise à un impôt des personnes physiques. Celle-ci s'élève à 8.990 euros (pour les revenus 2020) pour les personnes seules, mais grimpe à 17.890 euros pour un couple sans enfants. Cette somme augmente par enfant qui naît dans le ménage. À cela s'ajoute une série de taxes qui sont calculées par ménage et non par personne : certaines taxes provinciales, et régionales, le revenu cadastral, toutes sortes de taxes sur le gaz et l'électricité etc. Une discrimination fiscale renforcée Pour Sinardet, le gouvernement De Croo renforce encore la discrimination fiscale envers les célibataires. Afin de favoriser l'emploi et augmenter les bas salaires, il supprimera progressivement la cotisation spéciale de sécurité sociale pour financer une diminution de charges sur les bas et moyens salaires. Cette suppression a des conséquences sur les impôts : un célibataire actif bénéficiera d'une réduction de 50 euros, alors que les couples à deux revenus toucheront 150 euros supplémentaires, soit trois fois plus.En outre, la Vivaldi a décidé d'aider les familles en augmentant la déduction fiscale pour la garde d'enfants à 14 euros par jour et par enfant, une "décision logique en soi" pour Sinardet, mais qui ne fait que combler l'écart avec les célibataires. "On aurait pu trouver une autre manière de baisser les impôts qui aurait été au moins proportionnelle", déclare-t-il à la VRT.Contrairement à d'autres groupes de la société (tels que les parents représentés par la Ligue des Familles), les célibataires ont peu ou pas de lobbys pour défendre leurs intérêts. Cette absence s'explique peut-être par le caractère pas toujours choisi du statut de célibataire. À cela s'ajoute que c'est un état civil qui peut changer très rapidement.Au 1er janvier 2019, la Belgique comptait 4.948.398 ménages privés, dont 1.718.738 personnes seules et 489.175 familles monoparentales (respectivement 35 % et 10 %), soit un total de 2.207.913 ménages (45 %).