"Sa Majesté le Roi Albert II a pris connaissance des résultats du prélèvement ADN auquel il s'est prêté à la demande de la cour d'appel de Bruxelles. Les conclusions scientifiques indiquent qu'il est le père biologique de Madame Delphine Boël", expose Me Alain Berenboom.

"Même s'il existe des arguments et des objections juridiques pour justifier le fait qu'une paternité légale n'est pas nécessairement le reflet d'une paternité biologique et que la procédure adoptée lui paraît contestable, le Roi Albert a décidé de ne pas les soulever et de mettre un terme dans l'honneur et la dignité à cette procédure pénible", poursuit le conseil de l'ancien souverain des Belges.

"Le Roi Albert tient à faire observer que, depuis la naissance de Madame Delphine Boël, il n'a été mêlé à aucune décision familiale, sociale ou éducative quelconque relative à Madame Delphine Boël et qu'il a toujours respecté le lien qui existait entre Madame Delphine Boël et son père légal [qui était Jacques Boël]", précise toutefois l'avocat.

"Plus de quarante ans plus tard, Madame Delphine Boël a décidé de mettre fin à son lien légal et socio-affectif avec son père et de changer de famille. Et cela au travers d'une procédure longue, douloureuse et qui s'est révélée judiciairement contradictoire. Cette procédure n'a pas respecté la vie privée des parties. Respectueux des institutions judiciaires, le Roi Albert s'est abstenu pour sa part d'intervenir dans les débats hors des prétoires. Voilà pourquoi, il a décidé de réagir et d'expliquer sa position dans cette affaire", déclare encore Me Berenboom.

L'avocat d'Albert II, Me Alain Berenboom. © BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

"Le roi Albert II ne contestera plus la demande de Delphine Boël" (Me Alain Berenboom)

L'avocat d'Albert II, Me Alain Berenboom, a précisé son propos dans lequel il indique que "le Roi Albert II a décidé [...] de mettre un terme dans l'honneur et la dignité à cette procédure pénible". Contacté par Belga, Me Berenboom a précisé qu'il est bien entendu que son client "ne contestera plus la demande de Delphine Boël". Pour rappel, celle-ci, présentée comme la fille illégitime du roi Albert II, souhaite que ce dernier soit reconnu comme son père légal. Albert II avait toujours contesté être le père biologique de Delphine Boël, ce qu'il reconnaît désormais.

Un peu plus d'un mois après le rejet de son pourvoi en cassation contre les différentes décisions de la cour d'appel de Bruxelles, le roi Albert II a donc décidé de ne plus contesté sa paternité et de ne plus s'opposer à la demande de Delphine Boël.

En mai dernier, la cour d'appel de Bruxelles avait tout d'abord donné raison à l'artiste belge, présentée depuis 1999 comme la fille illégitime d'Albert II, en établissant que Jacques Boël n'était pas son père légal.

La cour avait ensuite enjoint Albert II à se plier à un test ADN, dont les résultats devaient ensuite servir à la procédure en reconnaissance de paternité du roi Albert II que compte entamer Delphine Boël.

Yves-Henri Leleu, Delphine Boël et Marc Uyttendaele. © BELGA PHOTO DIRK WAEM

"C'est une étape essentielle dans le long combat que Delphine Boël mène" (Me Marc Uyttendaele)

"Delphine Boël a pris connaissance des résultats de l'expertise génétique qui démontrent qu'Albert II est bien son père biologique. Il s'agit d'une étape essentielle dans le long combat qu'elle mène depuis plusieurs années déjà pour que soit établie de manière indiscutable son identité réelle", a réagi Me Marc Uyttendaele, l'avocat de Delphine Boël, lundi soir.

"Delphine Boël tient à rappeler, dans ce moment important, avoir accepté pendant des années de vivre avec le secret de ses origines, et ce dans l'intérêt général", a poursuivi Me Uyttendaele.

"Ceci n'a pas été sans souffrance. Jacques Boël ne l'a pas considérée comme sa fille. Il a simplement veillé à préserver les apparences pour éviter tout scandale. Albert II, quant à lui, l'a violemment rejetée lorsqu'il est apparu au grand jour qu'il était son père. Elle s'est ainsi retrouvée dans une situation douloureuse d'exclusion tant sur le plan affectif que social", a déclaré l'avocat de Delphine.

"Cette impasse l'a conduite à choisir la voie judiciaire, moins pour elle que pour éviter à ses enfants d'être confrontés aux mêmes difficultés et aux mêmes souffrances", a-t-il dit.

Une "satisfaction surtout morale" (Mark Van den Wijngaert)

Delphine Boël ne deviendra jamais princesse ou reine, mais le résultat de l'analyse ADN établissant que le roi Albert II est effectivement son père biologique lui apportera une satisfaction morale, ce qui était le but recherché, estime lundi soir le professeur de la VUB Mark van den Wijngaert.

"Elle est désormais assimilée aux autres enfants du roi Albert II, et en partagera donc normalement l'héritage, mais ce qu'elle cherchait était surtout moral", commente-t-il.

La part d'héritage qu'elle touchera au décès de son géniteur est une autre question. "Le roi Albert II peut en partie la déshériter s'il le veut."

Elle ne pourra en tout cas jamais prétendre au trône: "la constitution a été modifiée il y a quelques années, de sorte que seuls les descendants du roi Albert II et de la reine Paola sont éligibles" à la succession du Roi.

Il n'est pas non plus question d'un titre de princesse, ni même de dotation royale. Pour y avoir droit, "il faut effectuer certaines tâches comme membre de la famille royale, comme les missions économiques de la princesse Astrid par exemple". Que Delphine Boël soit sollicitée en ce sens semble fort peu probable, conclut-il.

"Sa Majesté le Roi Albert II a pris connaissance des résultats du prélèvement ADN auquel il s'est prêté à la demande de la cour d'appel de Bruxelles. Les conclusions scientifiques indiquent qu'il est le père biologique de Madame Delphine Boël", expose Me Alain Berenboom. "Même s'il existe des arguments et des objections juridiques pour justifier le fait qu'une paternité légale n'est pas nécessairement le reflet d'une paternité biologique et que la procédure adoptée lui paraît contestable, le Roi Albert a décidé de ne pas les soulever et de mettre un terme dans l'honneur et la dignité à cette procédure pénible", poursuit le conseil de l'ancien souverain des Belges. "Le Roi Albert tient à faire observer que, depuis la naissance de Madame Delphine Boël, il n'a été mêlé à aucune décision familiale, sociale ou éducative quelconque relative à Madame Delphine Boël et qu'il a toujours respecté le lien qui existait entre Madame Delphine Boël et son père légal [qui était Jacques Boël]", précise toutefois l'avocat. "Plus de quarante ans plus tard, Madame Delphine Boël a décidé de mettre fin à son lien légal et socio-affectif avec son père et de changer de famille. Et cela au travers d'une procédure longue, douloureuse et qui s'est révélée judiciairement contradictoire. Cette procédure n'a pas respecté la vie privée des parties. Respectueux des institutions judiciaires, le Roi Albert s'est abstenu pour sa part d'intervenir dans les débats hors des prétoires. Voilà pourquoi, il a décidé de réagir et d'expliquer sa position dans cette affaire", déclare encore Me Berenboom. L'avocat d'Albert II, Me Alain Berenboom, a précisé son propos dans lequel il indique que "le Roi Albert II a décidé [...] de mettre un terme dans l'honneur et la dignité à cette procédure pénible". Contacté par Belga, Me Berenboom a précisé qu'il est bien entendu que son client "ne contestera plus la demande de Delphine Boël". Pour rappel, celle-ci, présentée comme la fille illégitime du roi Albert II, souhaite que ce dernier soit reconnu comme son père légal. Albert II avait toujours contesté être le père biologique de Delphine Boël, ce qu'il reconnaît désormais. Un peu plus d'un mois après le rejet de son pourvoi en cassation contre les différentes décisions de la cour d'appel de Bruxelles, le roi Albert II a donc décidé de ne plus contesté sa paternité et de ne plus s'opposer à la demande de Delphine Boël. En mai dernier, la cour d'appel de Bruxelles avait tout d'abord donné raison à l'artiste belge, présentée depuis 1999 comme la fille illégitime d'Albert II, en établissant que Jacques Boël n'était pas son père légal. La cour avait ensuite enjoint Albert II à se plier à un test ADN, dont les résultats devaient ensuite servir à la procédure en reconnaissance de paternité du roi Albert II que compte entamer Delphine Boël. "Delphine Boël a pris connaissance des résultats de l'expertise génétique qui démontrent qu'Albert II est bien son père biologique. Il s'agit d'une étape essentielle dans le long combat qu'elle mène depuis plusieurs années déjà pour que soit établie de manière indiscutable son identité réelle", a réagi Me Marc Uyttendaele, l'avocat de Delphine Boël, lundi soir. "Delphine Boël tient à rappeler, dans ce moment important, avoir accepté pendant des années de vivre avec le secret de ses origines, et ce dans l'intérêt général", a poursuivi Me Uyttendaele. "Ceci n'a pas été sans souffrance. Jacques Boël ne l'a pas considérée comme sa fille. Il a simplement veillé à préserver les apparences pour éviter tout scandale. Albert II, quant à lui, l'a violemment rejetée lorsqu'il est apparu au grand jour qu'il était son père. Elle s'est ainsi retrouvée dans une situation douloureuse d'exclusion tant sur le plan affectif que social", a déclaré l'avocat de Delphine. "Cette impasse l'a conduite à choisir la voie judiciaire, moins pour elle que pour éviter à ses enfants d'être confrontés aux mêmes difficultés et aux mêmes souffrances", a-t-il dit. Delphine Boël ne deviendra jamais princesse ou reine, mais le résultat de l'analyse ADN établissant que le roi Albert II est effectivement son père biologique lui apportera une satisfaction morale, ce qui était le but recherché, estime lundi soir le professeur de la VUB Mark van den Wijngaert. "Elle est désormais assimilée aux autres enfants du roi Albert II, et en partagera donc normalement l'héritage, mais ce qu'elle cherchait était surtout moral", commente-t-il. La part d'héritage qu'elle touchera au décès de son géniteur est une autre question. "Le roi Albert II peut en partie la déshériter s'il le veut." Elle ne pourra en tout cas jamais prétendre au trône: "la constitution a été modifiée il y a quelques années, de sorte que seuls les descendants du roi Albert II et de la reine Paola sont éligibles" à la succession du Roi. Il n'est pas non plus question d'un titre de princesse, ni même de dotation royale. Pour y avoir droit, "il faut effectuer certaines tâches comme membre de la famille royale, comme les missions économiques de la princesse Astrid par exemple". Que Delphine Boël soit sollicitée en ce sens semble fort peu probable, conclut-il.