Le Premier ministre Charles Michel est sûr de lui. Persuadé que le cap suivi par son gouvernement est le bon. D'ailleurs, la Banque Nationale et le Bureau du plan n'affirment-ils pas en choeur que plus de 200.000 emplois devraient être créés dans notre pays? "Les premiers résultats de notre politique sont là", martèle-t-il.
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Le Premier ministre Charles Michel est sûr de lui. Persuadé que le cap suivi par son gouvernement est le bon. D'ailleurs, la Banque Nationale et le Bureau du plan n'affirment-ils pas en choeur que plus de 200.000 emplois devraient être créés dans notre pays? "Les premiers résultats de notre politique sont là", martèle-t-il. Sûr de lui, oui. Mais bien en peine de convaincre les électeurs francophones au-delà du cercle des aficionados du MR, à en croire les sondages. Il veut donc lutter contre les "mensonges et les désinformations" véhiculées par l'opposition et les syndicats. Prendre son bâton de pèlerin. Première étape ce matin sur les ondes de Bel-RTL, où il était confronté aux questions de citoyens.Tour de chauffe en répondant aux questions de Martin Buxant? Il est question de la grève annoncée par le FGTB (et couverte par la CSC) ce vendredi 24 juin. "Je veux travailler par la paix sociale, la concertation sociale, nous avons d'ailleurs engrangé de nombreux accords", entame-t-il. Mais le Premier dénonce le "radicalisme syndical" d'un syndicat minoritaire au niveau du pays. "Ce radicalisme syndical peut alimenter le sentiment -que je ne partage pas - qu'il y a deux démocraties", assène-t-il. S'il refuse de parler de "grève politique", il évoque "une forme d'instrumentalisation". Sur les réseaux sociaux pleuvent déjà les réactions selon lesquelles le locataire du Seize n'est pas vite gêné d'utiliser cet argument, lui qui dirige une majorité minoritaire du côté francophone. C'est la raison pour laquelle cette législature est controversée depuis le début.Ah, ces deux démocraties... C'est le fonds de commerce de la N-VA et son président Bart De Wever ne se prive pas de le rappeler à chacune de ses interventions. Mais le Premier refuse de polémiquer avec ce bourgmestre d'Anvers que de nombreux francophones présentent comme "le vrai Premier ministre". "Je n'ai pas l'habitude de réagir aux déclarations des présidents de partis", dit-il. Peut-être vaut-il mieux, au vu de la cacophonie récurrente au sein de la coalition...Ah, ces deux démocraties... C'est une réalité qui s'exprime d'emblée par la question de Thierry, 51 ans, pour qui la réponse à la création d'emplois n'est pas un rehaussement du temps hebdomadaire de travail à 45 heures, mais bien une diminution à 32 heures. "Je ne partage pas votre façon de voir les choses", dit Charles Michel. Tout d'abord, désinformation: la volonté du gouvernement consiste à maintenir les 38 heures/ semaine, mais en les calculant sur base annuelle. Pas de 45 heures, donc. Quant aux 32 heures? "Toutes les expériences ont été des échecs, notamment en France..." Qui plus est, la réalité ne le permet pas. "Chaque année, les pensions coûtent un milliard supplémentaire. Pour s'en sortir, il faut doper l'activité, agrandir le gâteau." L'auditeur? pas convaincu! Ah, ces deux démocraties, mon bon monsieur.Heureusement, Martin (17 ans) demande s'il ne serait pas judicieux de légiférer sur le droit au travail après les grèves à répétition des dernières semaines. "Le droit de grève n'est pas absolu, jubile le Premier. Il est limité par le droit qu'ont les collègues de travailler, les étudiants de circuler..." Un service minimum? Le Premier ministre laisse la voie ouverte à la concertation. Mais il annonce aussi que le ministre de la Justice travaillera durant cet été à un service garanti dans les prisons. "Comme dans les maisons de repos."Charles Michel est ensuite en roue libre face à des citoyens au ton modéré. Il défend son tax-shift qui "augmente le salaire poche", sa volonté de réformer le pays et de baisser la charge fiscale. Il évoque à nouveau sa proposition de référendum, pas pour interroger le peuple sur l'unité du pays, "mais pourquoi pas sur le projet européen".Même lorsqu'un auditeur l'interroge sur le relèvement de l'âge de la pension à 67 ans, le Premier n'est guère ébranlé. Pascal, 52 ans: "Vous rendez-vous compte que dans certains secteurs, travailler jusqu'à 67 ans est très difficile?" Réplique du Premier: "Vous avez parfaitement raison. C'est bien pour cela que la mise en application à partir de 2030 tiendra compte des métiers pénibles. On y travaille intensément." "Aucune exception n'a encore été décidée", peste-t-on sur les réseaux sociaux. "La discussion aura lieu au sein du Conseil national des pensions", précise Charles Michel.Un partout, balle au centre. Ah, ces deux démocraties qui s'expriment. Pas sûr que ce (rapide) exercice matinal aura permis de les réconcilier.En attendant, pour ce soir, Charles Michel se mouille: Belgique 2 - Suède 0.