France : les attentats d'Oslo embarrassent le FN et Marine Le Pen

01/08/11 à 11:54 - Mise à jour à 11:54

Source: Le Vif

Les déclarations de Jean-Marie Le Pen sur les attentats d'Oslo samedi ont provoqué le montée au créneau du PS qui a demandé à la présidente du Front national, Marine Le Pen, de condamner les propos tenus par son père la veille. Elle a, pour sa part, dénoncé une "récupération politicienne" de la gauche.

France : les attentats d'Oslo embarrassent le FN et Marine Le Pen

© Image Globe

Samedi, le président d'honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, s'est démarqué de la position officielle du parti d'extrême droite français en jugeant que la "naïveté" du gouvernement norvégien était "plus grave" que les attaques, qu'il a qualifiées d'"accident".

"La situation me paraît grave non pas par cet accident d'un individu qui, sous l'effet d'une folie fut-elle passagère, se met à massacrer ses concitoyens", affirme dans une vidéo mise en ligne vendredi sur le site internet du FN son dirigeant historique, âgé de 83 ans.

"Ce qui me paraît plus grave et que démontre cette affaire, c'est la naïveté et l'inaction du gouvernement norvégien (...). Vous savez que les policiers en Norvège ne sont pas armés", s'est encore étonné Jean-Marie Le Pen, à qui sa fille Marine a succédé à la tête du FN en janvier.

La gauche et la droite demandent une prise de position à Marine Le Pen

Après ces propos, plusieurs ténors socialistes sont montés au créneau dimanche pour appeler la présidente du Front national, Marine Le Pen, à condamner cette nouvelle "provocation" de son père, à qui elle a succédé à la tête du parti en janvier dernier et qui est président d'honneur du FN.

De même l'UMP (droite, au pouvoir), a appelé Marine Le Pen à "prendre position" et "sortir d'un faux double langage". "Derrière le changement de prénom au FN, la ligne politique reste la même", a affirmé la déléguée générale adjointe du parti, Valérie Rosso-Debord.

En pleine quête de respectabilité pour le FN, Marine Le Pen doit désormais "prendre ses responsabilités", "dire que ces déclarations sont inadmissibles", a déclaré le porte-parole du parti socialiste Benoît Hamon. "Il faut qu'elle sorte de son ambiguïté, elle qui a parlé de dédiabolisation (...) ne peut pas laisser passer ce genre de propos sans réagir", a abondé le député Pierre Moscovici, coordinateur de la campagne de François Hollande, candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle.

Marine Le Pen accuse la gauche de "récupération politicienne" Dimanche soir, Marine Le Pen a dénoncé une "récupération politicienne" de la gauche, après les réactions indignées à des propos de son père.

Pour Marine Le Pen, qui réagit dans un communiqué sans mentionner son père, ces réactions "font fi des drames humains pour tomber dans la récupération politicienne". "Depuis les premières heures qui ont suivi le drame d'Oslo, plusieurs partis de gauche et associations affiliées surfent de manière particulièrement indigne et cynique sur cette tragédie pour tenter d'en tirer un détestable profit politique", écrit Mme Le Pen, en dénonçant "un comportement abject de la gauche".

"Ce n'est pas très étonnant venant de partis qui n'ont aucune solution à proposer aux vraies préoccupations des Français (...) ils préfèrent se commettre dans une polémique aussi artificielle qu'indécente pour tenter de salir le seul mouvement politique qui apporte des solutions aux problèmes des Français et une vision pour la France", fait-elle valoir. "La position du Front national sur le drame d'Oslo a été exprimée de manière très claire dès les premières heures. Elle n'a pas varié depuis", a rappelé la présidente du FN.

Le 23 juillet, dans un bref communiqué, le FN avait condamné le carnage norvégien, dénonçant des "actes barbares et lâches". Et Marine Le Pen avait pris soin de prendre ses distances avec l'acte de Breivik, furieuse de voir son parti indirectement associé à la tuerie par certaines associations ou responsables de gauche.

Mais le mot d'ordre officiel avait subi des accrocs, notamment avec les tweets d'un cadre du parti, Laurent Ozon, pointant "une explosion de l'immigration" en Norvège pour expliquer le geste de Breivik.

La direction du Front national a aussi suspendu cette semaine un de ses membres, Jacques Coutela, candidat du parti lors d'élections locales en mars, pour avoir fait sur son blog l'apologie de Breivik.

Le Vif.be, avec Belga

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