Attentat à Copenhague : vaste opération de police dans un cybercafé

15/02/15 à 14:17 - Mise à jour à 18:39

Source: Belga

La police de Copenhague menait dimanche, en nombre et lourdement armée, une opération dans un cybercafé près du lieu où a été abattu l'auteur présumé des deux attaques meurtrières de la veille, ont rapporté les médias locaux.

Attentat à Copenhague : vaste opération de police dans un cybercafé

© Reuters

Au moins deux personnes ont été arrêtées, selon la chaîne de télévision TV2. Le quotidien Ekstra Bladet fait lui état de 4 personnes interpellées lors de l'opération.

Le tueur soupçonné d'avoir imité les attentats à Paris

L'homme abattu par la police dimanche après deux attaques meurtrières à Copenhague est soupçonné d'avoir voulu imiter les attentats de janvier à Paris, ont indiqué dimanche à la presse les enquêteurs.

La police s'est refusée à livrer une quelconque information sur l'identité de cet homme, affirmant simplement que les premiers éléments, dont ceux déjà connus à son sujet avant les attaques qui ont fait deux morts et cinq blessés, laissaient penser qu'il était "inspiré" par l'idéologie d'organisations djihadistes comme l'État islamique.

"Il peut avoir été inspiré par la propagande militante islamiste diffusée par l'État islamique ou d'autres organisations terroristes", a déclaré Jens Madsen, des services de renseignement (PET). Il a précisé que l'homme était connu de ces services. Mais "nous n'avons pas de connaissance spécifique d'un voyage vers la Syrie ou l'Irak", a-t-il ajouté.

Les enquêteurs n'ont pas dit sa nationalité, précisant seulement qu'il était originaire de Copenhague. Ils perquisitionnaient dimanche un nombre non précisé de logements dans le quartier populaire de Nørrebro où l'homme a été abattu, les policiers ayant réussi avant l'aube dimanche à localiser un domicile où il avait de fortes chances de rendre.

L'homme, décrit dans un avis de recherche comme ayant entre 25 et 30 ans, avait ouvert le feu dès qu'il avait vu les forces de l'ordre, qui en répliquant l'avaient tué vers 5H00.

L'EJA appelle les leaders européens à renforcer la sécurité des institutions juives

Le rabbin Menachem Margolin, président de la fédération européenne des associations juives (EJA), a appelé dimanche les leaders européens à renforcer la sécurité autour des institutions juives, au lendemain d'une nouvelle attaque mortelle contre une synagogue au Danemark.

Selon lui, les autorités européennes ont tendance à se mettre la tête dans le sable et à ne pas agir assez efficacement pour prévenir ce type d'attaques antisémites. "Malheureusement, le gouvernement danois, comme d'autres gouvernements européens, n'avait pas encore intégré la nécessité de sécuriser toutes les institutions juives 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7", ajoute le rabbin Menachem Margolin dans un communiqué.

"Mais le fait est qu'avant l'incident précédent (la fusillade lors d'un débat consacré à l'islamisme et la liberté d'expression, ndlr), il n'y avait pas de policiers à la synagogue et le garde de sécurité, qui n'était pas armé, n'aurait pas pu empêcher le terroriste de rentrer dans la synagogue et de tuer plus de personnes."

"Nous appelons les gouvernements européens, ainsi que les institutions européennes, à entendre notre appel en faveur de l'instauration d'une task force pan-européenne afin d'augmenter la sécurité autour des institutions juives et de renforcer l'éducation contre l'anti-sémitisme rampant", insiste-t-il.

Le rabbin Margolin précise par ailleurs que vu les dernières attaques visant la communauté juive, le séminaire organisé la semaine prochaine par l'EJA à Prague, auquel participeront de nombreux rabbins et personnalités juives, offrira une formation en aide de première urgence et en autodéfense.

Hollande à l'ambassade du Danemark pour "affirmer la solidarité de la France"

François Hollande s'est rendu dimanche après-midi à l'ambassade du Danemark à Paris pour "affirmer la solidarité de la France au peuple danois ainsi qu'aux victimes" des attentats de Copenhague, a-t-on appris dimanche auprès de l'Elysée.

Le président français s'est entretenu avec l'ambassadeur du Danemark en France, au lendemain des deux fusillades de Copenhague, survenues lors d'un débat sur la liberté d'expression et près de la grande synagogue de la capitale danoise. Ces attaques ont fait deux morts et cinq blessés.

"Les mêmes cibles" ont été frappées samedi à Copenhague et lors des attentats de Paris en janvier, a déclaré François Hollande en sortant de l'ambassade. "Ce sont les mêmes cibles qui avaient été choisies par les terroristes (...) Nous voyons bien qu'il y a là un lien, qui n'établit pas un réseau, mais simplement une même détermination des terroristes à frapper ce que nous sommes, ce que nous représentons, les valeurs de la liberté, du droit, de la protection que chaque citoyen, quelle que soit sa religion, doit pouvoir trouver", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est quant à lui rendu dimanche à Copenhague où il a affirmé "la détermination à combattre ensemble (...) le terrorisme", soulignant que "les mêmes haines se déploient dans les capitales européennes", plus d'un mois après les attentats de Paris contre la rédaction de Charlie Hebdo et contre un magasin juif de la porte de Vincennes. La police danoise pense avoir abattu dimanche matin à Copenhague l'auteur des deux fusillades.

Ban Ki-moon condamne les attaques

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné fermement dimanche les attentats meurtriers survenus à Copenhague et a appelé à défendre la liberté d'expression et la tolérance.

M. Ban "condamne fermement" ces attentats et "exprime sa solidarité avec la population et les autorités du Danemark", a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric. Il "réaffirme qu'il n'y aucune justification possible pour des attaques contre des civils et réitère la nécessité de défendre fermement la liberté d'expression et la tolérance", a-t-il ajouté. "Il n'y a pas de place dans le monde d'aujourd'hui pour l'antisémitisme, ou pour aucune forme de discrimination raciale, ethnique ou religieuse".

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