10 mensonges de Poutine sur l'Ukraine (selon la Maison Blanche)

07/03/14 à 16:42 - Mise à jour à 16:42

Source: Le Vif

Le gouvernement américain a regardé la conférence de presse du président russe Vladimir Poutine avant de l'anéantir en 10 points. "On n'a plus vu de fiction russe aussi surprenante depuis Dostoïevski". Réaction du Kremlin : "Les nerfs des États-Unis sont en train de lâcher".

10 mensonges de Poutine sur l'Ukraine (selon la Maison Blanche)

© Reuters

"Le monde n'a plus vu de fiction russe aussi surprenante depuis que l'auteur russe Fiodor Dostoïevski écrivait que la formule 'deux et deux font cinq' possède également son charme" écrit le gouvernement américain sur son site web à propos du discours de Poutine. Voici la liste des dix mensonges de Poutine "rétablis" par la Maison Blanche.

1. Vladimir Poutine: "Les forces armées russes en Crimée protègent uniquement les établissements russes. Ce sont des 'groupes de défense citoyens', pas des forces armées russes qui occupent l'infrastructure et les facilités militaires de la Crimée".

Les faits selon Washington: "Il y a des preuves qui suggèrent que les membres des services de sécurité russes se trouvent à la base des forces armées organisées anti-ukrainiennes. Ces unités portent des uniformes sans insigne, mais roulent en véhicules dotés de plaques russes militaires et se qualifient de services de sécurité russes quand ils sont interrogés par les médias internationaux et l'armée ukrainienne. En outre, ces individus sont armés d'armes habituellement inaccessibles aux citoyens".

2. Poutine: "Les actions de la Russie tombent sous le Traité d'amitié conclu en 1997 entre l'Ukraine et la fédération russe".

Washington: "Selon l'accord de 1997, la Russie doit respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Les actions militaires de la Russie en Ukraine - qui ont donné le contrôle opérationnel de la Crimée à la Russie - violent très clairement l'intégrité territoriale et la souveraineté ukrainienne ".

3. Poutine: "L'opposition n'a pas appliqué l'accord passé le 21 février avec l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch"

Washington: "L'accord du 21 février a établi un plan dans lequel le parlement ferait passer une loi qui ramènerait l'Ukraine à la constitution de 2004. De cette façon, le pays reviendrait à un système constitutionnel noyauté par le parlement. Sous les conditions de l'accord, Ianoukovitch devait signer la loi dans les 24 heures et mettre fin de façon pacifique à la crise. Ianoukovitch n'a pas respecté les conditions. Il a préféré faire ses valises et fuir en laissant de nombreuses preuves de sa corruption largement répandue."

4. Poutine: "Le gouvernement ukrainien est illégitime. Ianoukovitch reste le leader légitime de l'Ukraine".

Washington: "Le 4 mars, Poutine a reconnu lui-même que Ianoukovitch "n'a pas d'avenir politique". Après que Ianoukovitch a fui l'Ukraine, même son propre Parti des régions lui a tourné le dos. Le nouveau gouvernement ukrainien a été entériné par le parlement ukrainien élu démocratiquement, avec 371 voix - une majorité de plus de 82 pour cent. Le gouvernement intérimaire d'Ukraine est un gouvernement du peuple, qui mènera le pays aux élections démocratiques du 25 mai 2014. Ces élections permettront à toute la population de décider de l'avenir du pays".

5. Poutine: "Il y a une crise humanitaire et des centaines de milliers de personnes fuient l'Ukraine pour chercher asile en Russie".

Washington: "Jusqu'à présent, il n'y a absolument pas de preuve de crise humanitaire ni de grand flux de demandeurs d'asile en route vers la Russie. Un certain nombre d'organisations internationales sur place ont analysé la situation et ont interrogé des douaniers ukrainiens. Ces derniers rejettent également ces affirmations. Les journalistes indépendants qui observent la frontière n'ont pas rapporté non plus de flux d'immigrés éventuel".

6. Poutine : "Les Russes ethniques sont menacés"

Washington: "Hormis la presse russe et la télévision d'état russe, il n'y a pas d'informations crédibles à propos de Russes ethniques menacés. Dès le début, le nouveau gouvernement ukrainien a établi la paix et la réconciliation en priorité. Le président Oleksandr Tourtchynov a refusé de signer une loi qui limiterait l'utilisation du russe au niveau régional. Les Russes ethniques et les citoyens qui parlent russe ont démarré des pétitions qui doivent indiquer que les communautés ne sont pas menacées. En outre, le calme est de retour à Kiev depuis la désignation du nouveau gouvernement. Il n'y a pas de montée des chiffres de criminalité, il n'y a pas de pillage et il n'est pas question de représailles à l'égard d'opposants politiques".

7. Poutine: Les bases russes sont menacées

Washington: "Les facilités militaires russes étaient et restent sécurisées. Le nouveau gouvernement ukrainien a juré d'obéir à tous les accords internationaux existants, y compris les accords sur les bases russes. Ce sont les bases ukrainiennes en Crimée qui sont menacées par les actions militaires russes".

8. Poutine: "Les églises et les synagogues au sud et à l'est de l'Ukraine ont été massivement attaquées".

Washington: "Les leaders religieux dans le pays et les défenseurs de la liberté religieuse internationaux actifs en Ukraine ont déclaré qu'il n'y avait pas eu d'attaques contre les églises. Tous les dirigeants d'église ukrainiens, y compris des représentants de l'Église ukrainienne orthodoxe du patriarcat de Moscou, ont exprimé leur soutien à l'égard des nouveaux dirigeants politiques. Ils appellent à l'unité nationale et une période de guérison. Des groupes juifs au sud et à l'est de l'Ukraine mentionnent qu'ils n'ont pas vu d'augmentation d'incidents antisémites.

9. Poutine: "Kiev veut déstabiliser la Crimée"

Washington: "Le gouvernement intérimaire ukrainien a réagi posément et souhaite entamer le dialogue. Par contre, les troupes russes ont quitté leurs bases à des fins politiques et pour prendre l'infrastructure de la Crimée. On a interdit l'accès du parlement à Petro Poroshenko, le dernier représentant du gouvernement qui a voulu entamer le dialogue en Crimée".

10.Poutine: "La Rada (le parlement) est influencée par les extrémistes ou les terroristes"

Washington: "La Rada est l'institution la plus représentative d'Ukraine. La législation récente a été adoptée par de grandes majorités, y compris de voix de représentants de l'est de l'Ukraine. Les groupes extrémistes ultranationalistes, dont certains étaient impliqués dans les accrochages avec les services de sécurité pendant les protestations Euromaïdan ne sont pas représentés dans la Rada. Il n'y a pas d'indication que le gouvernement ukrainien aspirerait à une politique de discrimination. Loin de là, ils ont affirmé ouvertement le contraire".

Les autorités russes ont réagi à la publication. L'état américain vendrait "une interprétation éhontée et unilatérale des événements" au public. Ensuite, l'état russe a énuméré les neuf dernières interventions des États-Unis et de l'OTAN, allant de l'invasion du Liban en 1958 à l'envahissement de l'Irak en 2003 écrit le New York Times. La Russie affirme que Washington "n'a pas le droit moral de faire la leçon de la Russie sur l'obéissance aux normes internationales".

Le Kremlin: "Les nerfs des États-Unis sont en train de lâcher"

Le gouvernement russe a ajouté que la Russie défendait ses compatriotes qui constituent la majorité de la population de Crimée. La Russie voudrait éviter que les ultranationalistes provoquent un carnage semblable à celui de la place de l'Indépendance à Kiev.

"Les Américains n'arrivent pas à accepter qu'ils ne puissent pas toujours imposer leur volonté ou jouer leur rôle de juge infaillible ayant le dernier mot" cite le New York Times." Leurs nerfs lâchent, mais ce n'est pas une raison pour blâmer des innocents".

Wided Bouchrika

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