RDC : une nouvelle ambassade de Belgique à Kinshasa

12/08/13 à 15:26 - Mise à jour à 15:26

Source: Le Vif

Le Premier ministre congolais Augustin Matata PonyoMapon et le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, ont lancé ensemble lundi, lors d'une cérémonie chargée de symboles à Kinshasa, le début de la construction de la nouvelle chancellerie qui accueillera l'ambassade de Belgique mais aussi celle des Pays-Bas, et indirectement du Luxembourg, en plein centre de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

RDC : une nouvelle ambassade de Belgique à Kinshasa

© Image Globe

M. Matata et Reynders ont ainsi planté un arbre - un wenge, une essence très répandue en RDC - sur le site de 1,3 hectare qui accueillera, en principe à partir de fin 2015, cette ambassade, l'un des plus gros postes diplomatiques belges à l'étranger, sur le boulevard du 30 Juin, la principale artère de Kinshasa, dans la commune de la Gombe.

Sur fond des hymnes nationaux des deux pays, Debout Congolais et une Branbaçonne bilingue, en néerlandais et en français, interprétée par la chorale des Enchanteurs, composée de jeunes Congolais et Congolaises habillés aux couleurs noire, jaune et rouge...., a constaté l'agence BELGA.

"Cet investissement (au maximum 10,5 millions d'euros) prouve que le Royaume de Belgique a confiance dans l'évolution qui a lieu aujourd'hui au Congo et la volonté de progresser ensemble", a lancé M. Reynders, en rappelant l'histoire commune que partagent les deux pays, le renforcement de la coopération et de l'amitié entre Bruxelles et son ancienne colonie (1908-1960).

Le chef de la diplomatie belge a émis l'espoir que d'ici 2015 l'ambassade ait vraiment vu le jour, que la paix soit installée durablement dans l'est de la RDC - en proie à des troubles depuis des décennies - et que la région des Grands Lacs "pourra vivre sereinement une période de pacification et de développement" après la signature, le 24 février dernier à Addis Abeba (Ethiopie), d'un accord par onze pays de la région pour pacifier l'est congolais.

La future chancellerie, à bâtir sur des terrains rachetés à la curatelle de la défunte compagnie aérienne Sabena et défrichés, à l'exception que quelques arbres de grande taille, disposera de 4.000 m2, répartis sur plusieurs niveaux. L'Etat belge a aussi racheté des terrains voisins pour y construire des logements pour une quinzaine de ses diplomates. Elle remplacera, trente ans après l'ébauche du projet, l'actuelle ambassade, installée Place du 27 Octobre dans un immeuble de location vétuste qui ne répond plus aux normes d'hygiène et de sécurité. Elle accueillera aussi l'ambassade des Pays-Bas, un pays qui représente en RDC les intérêts du Luxembourg, dans une préfiguration de ce que pourrait amener une coopération accrue entre les pays du Bénélux sur le plan diplomatique.

M. Reynders avait auparavant, au premier jour de sa visite en RDC, la quatrième depuis son arrivée aux Affaires étrangères, rencontré son homologue congolais, Raymond Tshibanda, pour évoquer les relations bilatérales qualifiées d'"excellentes" - en dépit de l'incarcération à Kinshasa de plusieurs ressortissants belges d'origine congolaise sous l'accusation de complot - et de l'application de l'accord-cadre d'Addis-Abeba du 24 février 2012. Selon cet accord, parrainé par l'ONU, les onze pays africains signataires s'engagent à ne soutenir aucun groupe armé dans l'est de la RDC, en proie à une instabilité chronique depuis deux décennies.

Cet accord-cadre demande également à Kinshasa de procéder à des réformes politiques et sécuritaires alors que la RDC prépare des "concertations nationales" aux contours encore flous censées renforcer la cohésion nationale face à la guerre au Kivu.

"C'est un élément important dans les prochaines semaines, de pouvoir montrer clairement que ce processus est en cours, que l'on peut aborder l'ensemble des sujets dans un véritable dialogue national", a affirmé M. Reynders devant la presse.

Il a également annoncé que la Belgique était disposée à soutenir le processus des élections locales et provinciales - maintes fois reportées - "dès qu'un calendrier sera mis en place", sans doute début septembre selon un spécialiste du dossier.

M. Reynders devrait encore rencontrer mardi le nouveau chef de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), l'Allemand Martin Kobler. Mercredi matin, le ministre belge doit rencontrer le Premier ministre Augustin Matata Ponyo et le président de la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (Céni), l'abbé Apollinaire Malu-Malu avant de quitter la RDC via Lubumbashi, deuxième ville du pays et chef-lieu de la province du Katanga (sud-est). Il s'envolera ensuite pour Nairobi.

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