Kim De Gelder avait minutieusement préparé ses actes

05/03/13 à 06:51 - Mise à jour à 06:51

Source: Le Vif

L'audience de lundi devant la cour d'assises de Flandre orientale a permis de trancher la question de la visibilité de l'accusé Kim De Gelder sur les clichés de presse. L'accusé a confirmé qu'il acceptait d'être reconnaissable sur les photos et les images prises de lui par les journalistes.

Kim De Gelder avait minutieusement préparé ses actes

© Belga

Cette question résolue, les témoins se sont succédé, mettant en exergue la façon dont Kim De Gelder a préparé ses actes.
Des photos de l'appartement de l'accusé ont été montrées à l'audience. On y a notamment vu le bidon d'essence et les bouteilles remplies de vis et de chiffons entreposés par De Gelder dans une armoire de sa cuisine. L'accusé a affirmé qu'il possédait ce jerrycan d'essence "au cas où quelqu'un aurait une panne d'essence". A cela, l'agent de police Pasqinely Raes - qui a participé à la perquisition - a fait valoir qu'il s'agissait de matériel servant à "confectionner une bombe incendiaire". Questionné plus avant par un avocat, Kim De Gelder a finalement lâché: "J'avais acheté des vis et en avais rempli les bouteilles. Au cas où cela aurait pu me servir un jour à confectionner des cocktails Molotov."

La question des éventuelles inspirations de l'accusé et de ce qui l'avait poussé à commettre ces actes a été évoquée, notamment par le biais de son intérêt pour le personnage du Joker dans le film Batman. Selon Kim De Gelder qui a parfois répondu de façon hésitante, le Joker ne l'a "en aucun cas" inspiré. Mais le film "explique en tous cas les trous noirs dont j'ai souffert dans cette crèche", a-t-il cependant ajouté. L'analyse informatique de l'ordinateur de l'accusé semble aussi conclure qu'il avait minutieusement préparé les faits. Roel De Maeyer, agent de la Computer Crime Unit de la police judiciaire fédérale de Termonde, a témoigné du fait que le PC de De Gelder démontrait que celui-ci avait suivi les comptes-rendus faits de la mort d'Elza Van Raemdonck. De Gelder avait confectionné une carte de visite du "Centre de recherche pour la dépollution des sols et des eaux" avec une fausse identité, ainsi qu'un message vocal approprié afin de corroborer cette identité. Il a également téléchargé des logos de la police. Il a ensuite récolté des détails supplémentaires à propos des trois crèches qu'il visait. Il avait d'ailleurs créé un fichier informatique avec l'itinéraire à prendre, les adresses et les données des crèches.

Les commerçants chez qui il s'est procuré un gilet pare-balles et un sabre de samouraï sont aussi venus témoigner lundi pour expliquer qu'ils n'avaient rien trouvé d'anormal dans le comportement ou les demandes de l'accusé. Tout au plus, Kim De Gelder leur a-t-il semblé un peu timide mais "il n'y avait aucune raison de lui refuser une vente", ont-ils précisé.

Les médecins-légistes ont donné plus de détails sur les blessures encourues par les victimes. De leur rapport, il ressort que la première victime de Kim De Gelder, Elza Van Raemdonck, tuée à son domicile de Vrasene le 16 janvier 2009, s'est défendue contre son agresseur et a tenté de sauver sa peau. En fin d'après-midi, des extraits de la huitième audition vidéo de l'accusé ont été projetés à la cour d'assises de Gand. Kim De Gelder y apparaît hyperactif et souriant. "Ces derniers jours, mon cerveau a été exceptionnellement actif. (...) J'ai actuellement la conviction que je suis plus intelligent que vous", lâche-t-il à celui qui l'interrogeait ce jour-là. "A un certain moment, j'ai pensé que ce serait meilleur pour le monde si tout le monde mourait. Si je tue tout le monde, alors les gens n'en baveront plus", ajoute-t-il lors de cette audition.

"Je me sentais programmé pour commettre ces faits", déclare Kim De Gelder durant une autre audition dont des extraits ont été projetés. L'accusé y reconnaît avoir mené des recherches sur les tueurs en série. "Mais mon système, mon modèle est complètement différent", y explique-t-il. "La seule situation avec laquelle l'on peut faire une comparaison est celle d'une situation de guerre où les soldats reçoivent l'ordre de tuer tout un village. Ces soldats doivent faire cela, ils n'ont pas d'autre choix. Ils ont cette mission", poursuit-il. "J'avais également ce sentiment, que je devais remplir cette mission."

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