16/09/11 à 09:30 - Mise à jour à 09:30

Ils se disputent !

APRÈS QUELQUES PRUDENTES REMISES, DE VRAIES négociations sur le volet communautaire de la note Di Rupo ont enfin commencé. Les observateurs rassemblés rue de la Loi n'ont pas tardé à présenter l'ambiance comme pas bonne du tout.

Ils se disputent !

© Image Globe / FILIP CLAUS

Liesbeth Van Impe, Editorialiste au Nieuwsblad
Leurs regards, analyses et lamentations trahissaient leur pessimisme profond. A l'intérieur, on se serait crié dessus. On aurait claqué les portes. Si étrange que cela puisse paraître, ces rumeurs de querelles à la table des négociations me donnaient quelque espoir, et ce pour la première fois depuis de longues semaines. Les atermoiements sans fin m'ont toujours écoeurée.
A mes yeux, des discussions laborieuses et orageuses signifient toujours qu'on s'attaque au fond des problèmes. D'ailleurs, s'agissant de BHV, il était plus que temps qu'on tape du poing sur la table. BHV ne concerne pas tellement la protection des droits des francophones dans la périphérie. BHV, c'est essentiellement le problème des voix que le MR ne recueillera plus, et particulièrement le FDF. Certes, aucun parti n'aime perdre des voix, même si le pays entier est menacé de paralysie.

L'impasse interminable ne peut être brisée qu'en augmentant la pression sur le MR. A chaque fois, depuis 2004, Didier Reynders, très adroit, a su éviter pareille situation. Il demeurait affable et ne cessait de se faire passer pour l'homme du dialogue constructif, mais les résultats, eux, se faisaient attendre. Ainsi a-t-il pu préserver, à tout le moins, les intérêts de son parti. Or cette attitude a constitué un des facteurs qui ont contribué à la crise actuelle. Si même Philippe Moureaux avoue qu'on s'est fiché des Flamands, la plupart des manoeuvres de Reynders en sont les preuves tangibles. Charles Michel est maintenant le dos au mur. Au moment d'écrire ces lignes, il ne lui reste que deux possibilités : ou bien faire sauter les négociations et en assumer toute la responsabilité, ou bien scinder BHV. Chacun des deux scénarios vaut mieux que de continuer à pédaler dans la semoule. Il se peut que nous connaissions vite le dénouement du casse-tête BHV. Mais, entre-temps, ne vous laissez pas détourner par la rhétorique ampoulée ou les mises en scène spectaculaires du monde politique. Ces phénomènes sont intimement liés à une politique qui aborde les problèmes fondamentaux.

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