Délégation belge : 3,5 millions pour les JO de Londres

24/04/12 à 16:00 - Mise à jour à 16:00

Source: Le Vif

C'est le budget global pour envoyer une forte délégation belge aux Jeux olympiques de Londres, du 27 juillet au 12 août. Voici le détail des comptes et dépenses pour la Belgique.

Délégation belge : 3,5 millions pour les JO de Londres

© Image Globe

Notre entretien avec les responsables du COIB (Comité olympique interfédéral belge) est fixé quatre jours avant la qualification historique pour les JO des "Red Panthers", l'équipe féminine de hockey, au terme d'une semaine de tournoi qualificatif euphorique au Beerschot. A la (bonne) table de nos vifs échanges "sportivo-financiers" se trouve Guido De Bondt, qui n'est pas pour rien secrétaire général du noble organe sportif belge depuis vingt-quatre ans. Derrière sa cravate Tintin, son pin's du COIB et son verbe enthousiaste, l'alerte sexagénaire alostois campe un convaincant défenseur de la cause olympique.

Guido De Bondt est un "bon Belge" : la diplomatie l'habite. Entre soupirs et rictus entendus, il assume la réalité belge, sa complexité institutionnelle. André Stein, le trésorier et vice-président du Comité olympique belge, valide les propos. On parle de gros sous. Pas autant qu'au football, certes, mais tout de même. L'or, l'argent et le bronze londoniens vaudront leur pesant d'honneur et d'euros. Très objectivement.

Le Vif/L'Express : Les Jeux olympiques sont-ils une manne financière fructueuse pour le COIB ?

Guido De Bondt : Par principe, non. C'est même tout le contraire. Cela coûte de l'argent. Si le Comité olympique belge existe, c'est justement pour couvrir les frais inhérents à ce type d'événements, et tout ce qui tourne autour, notamment en termes organisationnels, en intégrant également les compétitions paralympiques. Tout cela s'inscrit dans notre mission.

Combien coûtera à la Belgique la participation aux prochains Jeux olympiques de Londres ?

Grosso modo, 3, 5 millions d'euros : c'est le budget total en englobant délégations "classiques" et paralympiques. En tout, il y aura environ 200 athlètes et accompagnateurs pour les valides et entre 80 et 90 pour les moins valides. Ce budget avait été présenté dès décembre de l'année dernière. Nous avions pris en compte la qualification possible de nos hockeyeuses, qui ont bien entendu gonflé les effectifs, parmi lesquels on se félicite de compter également les hockeyeurs. Participer aux Jeux coûte cher. Pensez, par exemple, au transport des chevaux, pour les compétitions équestres. Pour Londres, la facture n'est pas exorbitante mais songez aux frais d'avion engloutis pour acheminer les animaux à Pékin ! Pour nos athlètes moins valides, et c'est bien normal, nous devons aussi veiller à un encadrement plus important.

Le COIB s'est-il montré prévoyant dans l'établissement de son budget prévisionnel pour 2012 ?

En 2009, le Conseil d'administration du COIB avait identifié les événements qui ne se limitent pas aux JO, même si ceux-ci sont de loin les plus "chers" à couvrir : il y a par exemple eu, en cette riche année 2012, les premiers Jeux olympiques d'hiver de la jeunesse à Innsbruck ou encore la 9e édition des sports non olympiques à Cali, en Colombie, où la Belgique sera présente avec une délégation de 90 personnes. Le CA s'est engagé jusqu'en 2020, soit un engagement de onze ans, que ne peut prendre le monde politique par exemple.

Au-delà de la préparation et de la participation à ces compétitions pour lesquelles le COIB se porte garant financièrement, nous dégageons d'importants moyens dans le cadre du projet "Be Gold", qui prépare nos jeunes sportifs de haut niveau en vue des prochains Jeux olympiques de la jeunesse de 2014 ou de Rio 2016. L'ambition est d'y envoyer un maximum d'athlètes. "Be Gold" est un partenariat entre les administrations sportives Adeps, Bloso, la Communauté germanophone, le COIB et la Loterie nationale.

Combien rapportera une médaille ou un bon classement à Londres ?

Afin d'avoir une idée, à Pékin voici quatre ans, la prime de base pour une médaille d'or était fixée à 50 000 euros. Pour une médaille d'argent, c'était 30 000 euros, le bronze 20 000 euros, la 4e place 10 000 euros et 5 000 jusqu'à la 10e place. Pour une Kim Clijsters, en tennis, ou un Philippe Gilbert, en cyclisme, ces montants ne sont peut-être pas énormes, mais je peux vous assurer que, pour un kayakiste ou un tireur, ainsi que pour la majorité de nos athlètes, c'est appréciable ! Pour les sports collectifs, la prime par joueuse ou par joueur accrédité est de 12 500 euros, soit 25 % de la prime de base, pour une médaille d'or, 7 500 euros pour l'argent, 5 000 pour le bronze et jusqu'à 1 250 pour une 8e place. Pour l'encadrement et les entraîneurs, la prime maximale est de 25 % de la prime accordée à l'athlète.

Quel montant reçoivent les athlètes par jour en termes de défraiement ?

Rien.

Et au niveau de la taxation en cas de gains ?

Elle est bien entendu différente de pays à pays. Les montants précités sont bruts mais, pour les JO de Londres, les autorités britanniques ont obtenu de ne pas appliquer le système de la double imposition. Nos athlètes ne seront donc pas deux fois taxés, en Angleterre et en Belgique.

Qui paie ?

Le Comité olympique belge avec ses moyens propres.

Et d'où vient l'argent ? Quid, notamment, du montant que rétribue le CIO (Comité international olympique) au COIB ?

La Loterie nationale est de loin notre partenaire le plus important, à hauteur de 35 % de notre budget. Les Communautés et Régions interviennent, mais il n'y a pas de règle fixe quant aux montants alloués. Cela peut dépendre par exemple du nombre de participants wallons ou flamands... On a des discussions au cas par cas. Mais qu'on ne se leurre pas, au décompte final, la participation des pouvoirs publics belges ne dépasse guère les 10 %. Les autres sources de nos revenus sont issus du CDSB, le Comité de développement du sport belge, qui collecte des fonds privés, avec à sa tête le président Eddy Merckx.

Pour ce qui est du CIO, l'argent que nous percevons provient de ses très gros sponsors. Ils sont au nombre de dix et s'engagent sur huit ans. Ce sont ces marques bien connues partout présentes dans le monde mais pas dans l'enceinte lors des Jeux olympiques. Chaque année, un montant de ce pot commun est directement reversé aux comités nationaux. C'est ce que l'on appelle le programme TOP. Le CIO, par le biais de son programme de Solidarité olympique, distribue 93 % de ses revenus à ses fédérations membres et en garde 7 %.

La Belgique possède de réelles chances de médailles à Londres et fera, quoi qu'il arrive, parler d'elle cet été....

Oui, pour la première fois, nous aurons notre "Belgian House", grâce à la collaboration de l'ensemble de nos entités fédérées et du fédéral. Tous les sympathisants de l'équipe olympique belge pourront se retrouver dans ce lieu, basé à Inner Temple et situé en plein coeur de la "City", sur les rives de la Tamise. C'est un endroit typiquement londonien fabuleux, chargé d'histoire. Nous faisons des envieux. Nous souhaitions absolument donner la possibilité aux très nombreux supporters belges, qui seront présents à Londres pendant la période des Jeux olympiques, de se retrouver dans un endroit convivial afin d'y rencontrer nos athlètes.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE CHARLIER

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