Budget : Di Rupo doit trouver 1,2 à 2 milliards avant lundi

06/01/12 à 12:03 - Mise à jour à 12:03

Source: Le Vif

Le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn souhaite que la Belgique prévoie de 1,2 à 2 milliards d'efforts budgétaires supplémentaires d'ici lundi matin pour le budget 2012, selon une lettre du commissaire finlandais au ministre des Finances Steven Vanackere, consultable sur le site internet du Tijd.

Budget : Di Rupo doit trouver 1,2 à 2 milliards avant lundi

© Reuters

Les services de la Commission estiment que le budget 2012 présenté par la Belgique n'aboutit pas à un déficit de 2,8 % du Produit intérieur brut (PIB) comme présenté par l'équipe Di Rupo, mais bien de 3,25 %, soit au-delà des 3 % exigés.

Ils pointent notamment du doigt l'impact surévalué de certaines mesures (réforme des intérêts notionnels, hausse des taxes sur les intérêts et dividendes, une partie des économies en dépenses de soins de santé) et le gain escompté dans la lutte contre l'évasion fiscale. La croissance économique aussi serait légèrement surévaluée.

Cela étant, "la meilleure solution serait que le gouvernement belge adopte dans les jours à venir des mesures structurelles s'élevant au moins à 0,3 ou 0,5 % du PIB (soit de 1,2 à 2 milliards d'euros)", estime Olli Rehn. "Cela nous permettrait de conclure momentanément (...) que la Belgique a engagé les efforts fiscaux requis pour aboutir à un déficit de 3 % du PIB en 2012", ajoute-t-il.

Si des mesures supplémentaires n'étaient pas possibles dans l'immédiat, une solution de rechange serait de prévoir une réserve budgétaire d'un montant équivalent, en gelant (au moins temporairement) certaines dépenses budgétaires complémentaires dans le budget 2012, suggère le commissaire.

Le ministre des Finances, Steven Vanackere, a bien l'intention d'arriver à un consensus avec la Commission européenne. "Nous dialoguons avec la Commission européenne depuis le 20 décembre", a indiqué M. Vanackere. Le démocrate-chrétien trouve "simplement normal" que des demandes surgissent, ce qui ne veut pas nécessairement dire que la Commission ou le gouvernement aurait commis une erreur quelque part.

La vice-première ministre Laurette Onkelinx s'interroge sur le travail de calcul des fonctionnaires européens alors que Didier Reynders reconnaît que des mesures complémentaires seront "très certainement" nécessaires. Il a ainsi souligné la possibilité de geler temporairement plusieurs dépenses, une chose que "le commissaire européen (Olli Rehn) a lui-même proposé".

La Commission doit se prononcer mercredi 11 janvier. Elle attend la réponse de la Belgique pour la fin de cette semaine, "lundi matin au plus tard". Le comité ministériel était réuni vendredi en fin de matinée pour envisager des solutions.

Demander un nouvel effort aux Régions ne serait pas raisonnable

Ce ne serait pas raisonnable que le fédéral demande un nouvel effort aux entités fédérées afin de rencontrer les dernières remarques budgétaires de la Commission européenne, a prévenu le vice-ministre-président wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles Jean-Claude Marcourt (PS).

Il n'est pas impensable que le fédéral demande aux entités fédérées de participer à l'effort. Interrogé par l'agence Belga en marge d'une conférence de presse, Jean-Claude Marcourt a toutefois jugé une telle perspective déraisonnable. "Ce ne serait pas raisonnable. Notre budget (Wallonie et Fédération Wallonie-Bruxelles) est fondé sur une perspective de croissance de 1,2 % et l'on sait déjà qu'il faudra l'ajuster de manière importante", a-t-il rappelé.

Relevant que la problématique au fédéral semblait venir de certaines surestimations de rentrées et sous-évaluations de dépenses, il a demandé de laisser d'abord au fédéral le temps d'envisager des réponses.

"C'est toutefois la première fois que j'entends annoncer un contrôle budgétaire avant que le budget en lui-même ne soit voté", a-t-il relevé.

Les FDF et la N-VA confortés dans leurs critiques

Les FDF et la N-VA se sont tous deux jugés confortés dans leurs critiques adressées au gouvernement fédéral pour son budget 2012.

Le député Bernard Clerfayt (FDF) rappelle ainsi que fin décembre, le gouverneur de la Banque nationale Luc Coene jugeait déjà le budget fondé sur des hypothèses de croissance "irréalistes et excessives" et réclamait un effort supplémentaire de 1 à 2 milliards d'euros.

"Nous apprenons aujourd'hui que la Commission européenne recale également le budget belge en raison de tentatives de manipulations comptables d'un montant de 0,3% du PIB, soit une tricherie de plus d'un milliard d'euros, ajoute M. Clerfayt.

A ses yeux, si la confiance n'est pas rapidement rétablie, "les agences de notation et les marchés financiers nous attendrons au tournant et ce sont tous les citoyens belges qui pâtiront des mensonges éhontés d'Elio Di Rupo". Bernard Clerfayt réclame un contrôle budgétaire immédiat.

De son côté, la N-VA ne se dit pas surprise par la "carte jaune" adressée par l'Europe au budget fédéral. "Le budget a été jugé trop léger, pas assez réaliste", a relevé le député Steven Vandeput. Il réclame des efforts supplémentaires sur les dépenses, et non des contributions supplémentaires, dans la ligne des recommandations européennes.

Le Vif.be, avec Belga

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