VOSS, la "batterie perpétuelle" d'Energiestro. © Olivier FOURNIER/Energiestro

L’énergie cinétique au secours des batteries

Bastien Pechon
Bastien Pechon Journaliste

Kauai. Cette île de l’archipel d’Hawaï est devenue l’une des vitrines de Tesla. Le constructeur américain de voitures électriques a inauguré, en mars dernier, une nouvelle unité de stockage d’énergie. Installés à côté d’une ferme solaire, des « Powerpacks » sont capables de conserver suffisamment d’électricité pour subvenir aux besoins de 4 500 ménages durant la nuit.

Les batteries s’imposent progressivement comme étant l’élément indispensable du développement des énergies renouvelables. Elles sont pourtant loin d’être propres. Les batteries actuelles utilisent notamment du lithium et du cobalt. L’extraction de ces minerais n’est pas sans conséquence sur l’environnement. Les conditions de travail des mineurs qui récoltent le cobalt sont souvent précaires voire dangereuses. Mais d’autres systèmes pourraient concurrencer ces batteries pour stocker de l’énergie à grande échelle.

Comme ce  » volant de stockage solaire  » (VOSS) qui convertit l’énergie solaire stockée en journée en énergie cinétique. Animée par un moteur électrique, une lourde masse tourne de plus en plus vite sur elle-même. Aucun frottement ne ralentit le volant à l’intérieur de l’enceinte sous vide. Sa vitesse peut atteindre les 1 000 km/h. Presque aussi vite que le son. A la nuit tombée, le moteur s’inverse et freine progressivement la course folle de cette masse. Via un simple alternateur, l’énergie cinétique est alors restituée sous la forme d’électricité.

Dans les locaux d’Energiestro, des volants similaires tournent depuis des mois. André Gennesseaux développe ce système depuis la fin des années 2000. Ce procédé est pourtant connu depuis longtemps. Mais la véritable innovation de l’ingénieur français est d’avoir réussi à remplacer l’acier ou le carbone des volants existants par du béton. Un matériau bon marché et largement utilisé aujourd’hui. L’astuce : une gaine permet de maintenir le béton en place pour éviter qu’il ne s’effrite sous le poids de cette force centrifuge colossale. En théorie, un tel système aurait une durée de vie de 150 ans. Mais en réalité, son concepteur table plutôt pour une vingtaine voire une trentaine d’années. Contre dix pour les batteries actuelles.

André Gennesseaux termine de tester son système de stockage. Il espère commercialiser les premiers exemplaires auprès de laboratoires de recherche et d’early adopters dès la fin de l’année. Avant une plus large commercialisation en 2019. Le CEO d’Energiestro vise notamment les grands électriciens qui pourraient utiliser son volant pour stocker de grandes quantités d’énergie. Mais il développe aussi un système taillé sur mesure pour un ménage.

Enterrée dans le jardin, sa  » batterie cinétique  » pourrait absorber le surplus d’électricité des panneaux photovoltaïques pour l’utiliser pendant la nuit. Dans un premier temps, André Gennesseaux espère proposer son innovation au même prix que les batteries actuelles. Soit entre 500 et 1 000 euros par kilowattheure. Avant de progressivement baisser ses prix au fur et à mesure de l’industrialisation de son innovation.

Par Bastien Pechon.

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