Vaccin contre la variole du singe : la Belgique n’a pas renouvelé un stock stratégique

Noé Spies
Noé Spies Journaliste au Vif

La demande pour le vaccin contre la variole du singe est élevée en Belgique. Trop élevée pour le petit stock dont le pays dispose.

Le vaccin contre la variole du singe est loin d’être facilement accessible en Belgique, actuellement. Contrairement aux Pays-Bas, par exemple, où la vaccination des groupes à risque a commencé. Pourtant, la demande de vaccination préventive contre la variole du singe a fortement augmenté dans notre pays, particulièrement chez les hommes homosexuels. « La maladie n’est plus une menace lointaine : beaucoup d’hommes homosexuels connaissent quelqu’un qui a eu la variole du singe. Ils sont donc également soucieux pour leur santé. Et ils ne veulent pas s’isoler ou dire à leurs proches qu’ils ont contracté la maladie », explique au Standaard Laurens Liesenborghs, professeur de maladies infectieuses émergentes à l’Institut de médecine tropicale (IMT).

Le stock stratégique de la Belgique n’a pas été renouvelé

« Idéalement, toute personne présentant un risque accru de contracter la variole du singe devrait pouvoir se faire vacciner ici », déclare Pierre Van Damme, professeur de vaccinologie à l’Université d’Anvers et membre du Conseil supérieur de la santé. « Mais comme il y a peu de doses disponibles, nous devons choisir qui a la priorité pour la santé publique. »

Contrairement à notre pays, les Pays-Bas ont une ardeur d’avance. Ils ont renouvelé, il y a deux ans, leur stock stratégique de vaccins antivarioliques. Le pays a remplacé ses vaccins antivarioliques les plus anciens (de deuxième génération) par le dernier vaccin antivariolique de troisième génération.

De nombreux autres pays européens, dont la Belgique, ne l’ont pas encore fait, écrit De Standaard. Pierre Van Damme : « La variole a effectivement été éradiquée, mais le stock stratégique de vaccins est important en cas de nouvelle épidémie. Si le virus est utilisé comme arme bio-terroriste, par exemple. Dans une telle situation, le vaccin antivariolique de deuxième génération que nous avons en Belgique serait certainement approprié. Mais dans le cas de la variole du singe, le vaccin antivariolique de troisième génération est la seule chose que nous pouvons déployer à grande échelle », souligne-t-il.

Stock trop limité

La Belgique a pu acheter environ 3.000 doses de vaccin aux États-Unis et aux Pays-Bas, selon le journal flamand. Ce stock est beaucoup trop limité aujourd’hui pour lancer ici une vaste campagne de vaccination contre la variole du singe. Les doses disponibles actuellement sont donc réservées, en dernier recours, aux personnes ayant été en contact avec un malade. A l’automne, probablement en octobre-novembre, notre pays s’attend à un plus grand achat de doses de vaccins. Il y a deux semaines, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) a passé une commande de 30.000 vaccins.

Ce nouveau couac rappelle de sombres épisodes de début de pandémie, lorsqu’on apprenait par exemple que Maggie De Block avait fait détruire six millions de masques contre le coronavirus sans les remplacer. Une nouvelle fois, on en vient à se demander si nos autorités sanitaires ont retenu les leçons du Covid. Aujourd’hui, face à la variole du singe, le manque d’anticipation de la Belgique face à la bonne préparation hollandaise est en tout cas édifiant, et laisse perplexe.

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