© getty

Un taux de pollen élevé augmente les infections au covid

Des recherches ont montré que les personnes souffrant de rhume des foins et les personnes non allergiques ont plus de chances d’être infectées par le covid-19 lorsque l’air est chargé en pollen.

Une étude internationale publiée dans la revue scientifique PNAS montre qu’il existe une corrélation entre une augmentation de la quantité de pollen dans l’air et une augmentation du nombre d’infections au covid. Cette corrélation positive n’est pas due à une meilleure propagation du coronavirus par le pollen (le virus se transmet par contact entre les personnes), mais au fait que le système immunitaire humain est affaibli par l’exposition au pollen. Si votre système immunitaire se bat contre un allergène, il a moins d’armes à sa disposition pour combattre un autre ennemi. Le corps produit moins d’interférons dits antiviraux. Il est frappant de constater que ce n’est pas seulement le cas pour les personnes souffrant du rhume des foins, mais aussi pour les personnes qui ne souffrent pas d’allergies.

Effet du pollen

On savait déjà que l’exposition au pollen au printemps rend le système immunitaire moins résistant aux infections respiratoires virales, comme le virus du rhume, tant chez les personnes allergiques au pollen que chez celles qui ne le sont pas. Les chercheurs ont suggéré que l’accélération de l’épidémie de covid en 2020 pourrait être due à l’augmentation du pollen des arbres à cette époque dans de nombreux pays.

Un taux de pollen élevé augmente les infections au covid

Pour ce faire, une équipe de 150 scientifiques a étudié les mesures du pollen provenant de 130 stations polliniques réparties dans 31 pays sur cinq continents. Ils ont pris en compte des facteurs démographiques et environnementaux, notamment la température, l’humidité, la densité de population et le degré de confinement. Il en est ressorti qu’au début de la pandémie, un effet pollinique net a été observé dans le monde entier. Le nombre d’infections a augmenté quatre jours après qu’on ait observé une hausse des concentrations de pollen. Lors d’une période où il n’y avait pas de confinement, le nombre d’infections a augmenté de quatre pour cent en moyenne après que la concentration de pollen ait augmenté de 100 pollens par mètre cube. Avec le confinement, l’augmentation était deux fois moins importante. Le délai de quatre jours s’explique par le fait que les symptômes n’apparaissent qu’après quelques jours et que les gens ne sont pas testés immédiatement.

La saison des pollens a commencé

En raison du froid et des pluies abondantes de janvier et des précipitations hivernales de début février, la saison pollinique 2021 a commencé avec un certain retard en Belgique. Si elle a commencé plus tard, elle a directement tapé fort avec un véritable tsunami pollinique fin février.

Il existe cinq stations polliniques en Belgique : à Bruxelles, Tournai, Marche-en-Famenne, De Haan et Genk. Dans le Limbourg on a ainsi relevé plus de 4 500 grains de grains de pollen par mètre cube, soit sept fois plus que la moyenne, un record absolu », déclare le Dr Marc Piessens dans La Gazet d’Antwerpen. « A partir de 80 grains par mètre cube, certaines personnes souffrent déjà du rhume des foins, alors avec 4 500 grains/m³ le pouvoir de nuisance est énorme ». Ce tsunami s’explique aussi par le fait que « l’aulne et le noisetier, ceux qui entame la saison, ont pu stocker leur pollen pendant longtemps. Et lorsque soudain le temps est enfin devenu printanier, les arbres ont libéré leur pollen en une seule fois. De plus, il y avait beaucoup de vent, ce qui pouvait disperser le pollen. » Si la saison a commencé en fanfare, cela ne veut rien dire de la situation pollinique dans les mois à venir. « L’aulne et le noisetier peuvent perdre leur pollen plus rapidement, mais en mars et avril, c’est au tour du frêne, du bouleau et du chêne. À partir de mai, c’est le pollen de graminées se répand dans l’air. Cela signifie que la saison pollinique dure facilement quatre mois.

Les premiers taux importants ont été prélevés lors week-end du 13 et 14 février. Quelques jours plus tard, on a constaté que le niveau des contaminations en Belgique, qui étaient pourtant à la baisse, est soudainement remonté. Entre le 13 et le 19 février, le nombre d’infections a augmenté de 13 % par rapport à la semaine précédente. Un pic significatif du nombre de pollens a également été noté entre le 18 et le 26 février. Le nombre d’infections, quant à lui, a encore augmenté de 23 % entre le 18 et le 24 février. La raison pour laquelle les chiffres ont augmenté n’est pas claire. La présence du variant britannique est une explication possible, mais le pollen en est une autre. Il se pourrait que le nombre d’infections augmente encore à la fin de ce mois et au début d’avril, lorsque davantage d’arbres seront en fleurs. Il ne s’agit cependant là que de constatations. Pour prouver qu’il existe réellement une relation de cause à effet entre la quantité de pollen et les infections au covid des recherches supplémentaires sont encore nécessaires. Dans le cadre de nouvelles études, des cellules pulmonaires seront exposées au pollen et au coronavirus afin de déterminer si le pollen affaiblit réellement la réponse immunitaire de l’organisme.

Rhume des foins ou covid ?

Les personnes atteintes du rhume des foins présentent des symptômes similaires à ceux d’une infection au covid, à savoir la toux, le nez qui coule ou qui est bouché et la fatigue. Une différence importante, cependant, est que le rhume des foins, malgré son nom, ne provoque jamais de fièvre ni de douleurs musculaires, contrairement au covid. Il serait d’ailleurs plus juste de parler d’une allergie au pollen plutôt qu’un rhume des foins ».

.
.© Getty

Les éternuements sont également un symptôme typique du rhume des foins, mais ils sont beaucoup moins puissants quand on souffre du covid. La façon d’éternuer est également différente. Dans le cas du rhume des foins, il fait suite à un chatouillement du nez. Avec le covid, il n’y a pas de démangeaisons.

Les symptômes du rhume des foins apparaissent généralement lorsque vous êtes exposé à une quantité de pollen et donc surtout quand vous êtes à l’extérieur. Les symptômes du covid persistent même si vous restez enfermé à l’intérieur.

Le pollen est quasi impossible à éviter

La hausse des allergies s’accentue depuis des années. Le changement climatique est l’un des principaux facteurs de cette augmentation avec des records de température battus chaque année. Et plus le climat change rapidement, plus la situation s’aggrave. Dans l’avenir, les allergies saisonnières constitueront probablement l’un des exemples les plus probants de la manière dont le réchauffement climatique accroît les risques sanitaires.

Des températures moyennes plus chaudes signifient que le printemps commence plus tôt et que l’hiver arrive plus tard, ce qui donne aux producteurs de pollen plus de temps pour envoyer leurs particules allergisantes. Le pollen est une poudre fine produite dans le cadre du cycle de reproduction sexuée de nombreuses variétés de plantes. Il est libéré en réponse à des signaux environnementaux tels que la température, les précipitations et la lumière du soleil. La taille des grains de pollen varie de 9 à 200 microns, de sorte que certains types de pollen peuvent pénétrer profondément dans les poumons et provoquer des irritations, même chez les personnes qui ne souffrent pas d’allergies. De fortes concentrations de pollen dans l’air déclenchent des réactions allergiques et peuvent se propager sur des kilomètres.

Un taux de pollen élevé augmente les infections au covid
© Getty Images/iStockphoto

L’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone lié au réchauffement climatique augmente également les peptides allergènes du pollen. Ceux-ci sont le signal moléculaire qui déclenche le système immunitaire du corps. Donc, plus de peptides signifie une augmentation de la gravité de l’allergie. Donc il y a non seulement plus de pollen, mais il est aussi plus allergisant. Les chercheurs estiment que le nombre de pollens de toutes les variétés doublera d’ici 2040. Respirer correctement sera donc de plus en plus compliqué pour les personnes allergiques pendant les périodes de pollinisation.

8 choses à éviter pendant les pics de pollen :

Il est conseillé aux personnes qui souffrent du rhume des foins de porter des lunettes de soleil ainsi qu’un masque FFP2.

Et d’éviter les :

1. Activités de plein air.

2. Promenades dans les parcs, les champs et les jardins.

3. Conduire avec les fenêtres ouvertes.

4. Ventiler la maison pendant la période de forte concentration de pollen.

5. Tondre la pelouse.

6. Faire sécher le linge à l’extérieur, surtout les draps.

7. laisser les animaux domestiques entrer dans la chambre à coucher (ils transportent sans doute du pollen sur leur fourrure)

8. D’apporter le pollen dans votre maison et votre lit. Prenez une douche le soir, lavez-vous les cheveux.

Enfin, les médicaments comme les gouttes pour les yeux, des sprays pour le nez ou des puffs peuvent aider à soulager. Et surtout, n’oubliez pas de prendre un antihistaminique.

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Partner Content