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Moustique: ce qui marche (ou pas)

Le Vif

Les moustiques aiment l’humidité et, après un mois de juillet particulièrement maussade, ils sont à la fête et pullulent désormais. Pour ne pas finir complètement boursouflé, il va falloir penser à se protéger. Néanmoins parmi les innombrables produits disponibles sur le marché, lesquels sont réellement efficaces ? Le point.

Le Dr Ula Maniewski, rattachée à la clinique du voyageur de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers, évoque quatre principes actifs à l’efficacité démontrée : le deet, la (p)icaridine, l’IR3535 et le citriodiol, dérivé d’un extrait d’huile essentielle d’eucalyptus citronné. Ils sont disponibles sous différentes marques, mais mieux vaut toujours contrôler le principe actif sur l’étiquette pour être sûr de son achat… Car on trouve aussi dans le commerce une foule de produits pas ou peu efficaces, souligne la spécialiste. C’est notamment le cas des spécialités à base de citronnelle – extraite, contrairement à ce que l’on croit souvent, de la plante herbacée éponyme utilisée en cuisine asiatique et pas du géranium citronnelle (Pelargonium citrosum). La distinction importe du reste assez peu dans le cas qui nous occupe, les deux plantes étant aussi inefficaces l’une que l’autre dans cette indication : tout au plus répandent-elles un agréable parfum citronné, mais qui n’éloigne pas ou guère les insectes indésirables. Ce n’est pas bien grave dans nos contrées où les moustiques ne transmettent pas de maladies dangereuses, mais les personnes qui se rendent dans une région à risque devront absolument se munir d’un répulsif fiable. Ula Maniewski déconseille même l’huile essentielle d’eucalyptus citronné proprement dite, car elle est irritante, s’évapore rapidement et n’agit pas suffisamment : seul le citriodiol qui en est extrait est vraiment efficace.

Quels types de moustiques en Belgique ?

Il existe plusieurs sortes de moustiques en Belgique, mais les espèces les plus fréquentes sont le culex pipiens et la tipule.Les culex pipiens sont les petits moustiques irritants qui viennent nous piquer durant notre sommeil. Ces mêmes moustiques qui nous empêchent parfois de dormir en voletant près de nos oreilles. On les reconnait par leurs antennes longues et fines et leurs ailes membraneuses. Ce sont les femelles qui aspirent notre sang lorsqu’elles ont besoin de nourrir leurs oeufs. Les mâles, quant à eux, se nourrissent de nectar.

Les tipules sont très grandes par rapport aux autres espèces. On les distingue grâce à leurs pattes très longues, un corps fin et des larges ailes. Contrairement aux Culicidae, les tipules sont inoffensives et se nourrissent de nectar. Elles séjournent sur les plantes, à la recherche de partenaires potentiels pour s’accoupler. Récemment, une autre sorte a fait son apparition en Belgique : le moustique tigre. Beaucoup plus dangereux, ce moustique est vecteur de maladies, comme la dengue, le chikungunya ou le zika. Il est reconnaissable à ses rayures noires et blanches sur tout le corps, ainsi qu’à ses ailes noires.

Plus efficace plus longtemps

Les quatre substances évoquées plus haut – le deet, la (p)icaridine, l’IR3535 et le citriodiol d’eucalyptus – assurent toutes une protection à peu près équivalente. Certaines sont d’origine naturelle mais peuvent également être produites artificiellement. L’IR3535 et le citriodiol sont également reconnus comme bio-pesticides.

Elles sont aussi disponibles à différentes concentrations. Les dosages les plus faibles protègent peu mais aussi et surtout peu de temps ; sans être forcément plus efficace, un produit plus concentré agira plus longtemps parce qu’il lui faudra plus de temps pour s’évaporer. Une spécialité contenant 20 à 30 % de deet agira par exemple pendant 4 à 6 heures, contre 8 heures si la concentration en principe actif est de 40-50 %.

Moustique: ce qui marche (ou pas)
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Dans nos régions, une concentration moyenne suffira amplement, les plus fortes doses étant surtout conseillées aux personnes en partance pour une région à risque de malaria, de zika, etc. Mieux vaut aussi toujours prendre la durée d’action annoncée au pied de la lettre, précise Ula Maniewski.  » Si vous voyez sur l’emballage que le produit offre une protection de 3 à 4 heures, tablez sur un temps légèrement plus bref, surtout dans les zones à risque. S’agissant de maladies dangereuses, on n’est jamais trop prudent !  »

Vous l’aurez compris, s’enduire d’emblée d’une double dose n’a donc aucun sens : mieux vaut renouveler l’application lorsque l’efficacité du produit commence à s’estomper. Tenez également compte du fait que la transpiration, le vent, l’humidité atmosphérique, etc. peuvent faire disparaître plus rapidement la couche protectrice…

Pourquoi une piqûre nous gratte-t-elle ?

Lorsqu’un moustique nous pique, il va injecter de la salive afin d’empêcher le sang de coaguler dans sa trompe. Cette salive, dont le but était de stabiliser les plaquettes sanguines, va avoir un effet particulier sur notre corps. Face à cette substance étrangère, notre système immunitaire se met en état d’alerte et va envoyer des cellules appelées « mastocytes » qui vont exploser au contact de la substance. En éclatant, ces cellules libèrent de l’histamine, qui provoque alors des rougeurs et des démangeaisons. Arrivent ensuite d’autres agents immunitaires qui vont faire apparaître un gonflement rempli d’eau (le bouton).

Pas d’effet à distance

 » Utilisez juste assez de produit et appliquez-le en une couche égale sur toute la surface exposée de la peau, en procédant avec prudence au niveau du visage, conseille Ula Maniewski. Appliquer une touche ça et là ne sert à rien : les moustiques n’éviteront que les zones où la peau est effectivement imprégnée. C’est d’ailleurs l’un des tests de qualité de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ces produits n’agissent pas à distance et les bracelets ou les patches contenant un répulsif sont donc inefficaces.  »

Quid des vêtements estivaux légers que les moustiques n’ont aucune peine à transpercer, surtout lorsqu’on sait que certains piquent même à travers l’épaisseur d’un jeans ? Une possibilité est de multiplier les couches légères qui seront trop épaisses pour la courte trompe de l’insecte, mais permettront encore à votre peau de respirer. De façon générale, faites aussi attention à vos vêtements et accessoires : le deet, par exemple, peut abîmer les matières artificielles comme le molleton, les bracelets de montres, etc.

Et pour la nuit, rien ne vaut la moustiquaire autour du lit ; certaines sont imprégnées de produits répulsifs au besoin.

Produits peu ou pas efficaces

– Les bracelets anti-moustiques à base de répulsifs

– Les patches à base d’huiles essentielles (de menthe, de cataire, etc.)

– Manger de l’ail

– La vitamine B

– Les appareils à ultrasons

– Les lampes électriques qui attirent et tuent les insectes.

Une fois piqué, il faut surtout ne pas se gratter

Notre corps est composé de microcapteurs, qui vont transmettre chaque stimulus au cerveau et ainsi le prévenir lorsque notre organisme est en danger : coupure, brûlure, piqûre. D’autres types de signaux du toucher, comme une caresse par exemple, seront également envoyés au cerveau, sans toutefois le mettre en alerte. Ce sont des informations dites « de contact ». Ainsi, lorsque nous grattons un bouton, une information de contact est perçue par le cerveau, ce qui va court-circuiter l’information d’alerte envoyée par la piqûre. Cela signifie donc que durant un court laps de temps, notre cerveau ne perçoit plus les démangeaisons. Un geste tentant qu’il faut pourtant éviter au maximum. En grattant votre bouton, vous permettez aux bactéries de traverser la peau, au risque de créer des surinfections. D’autant qu’à force de gratter, vous allez soulager brièvement la démangeaison, mais provoquer une démangeaison beaucoup plus forte par la suite. En fait, en grattant le bouton, vous actionnez un mécanisme nerveux qui va libérer de l’histamine, qui va à son tour entraîner des démangeaisons. Bref, un cycle sans fin.

Cinq choses qui vous rendent irrésistibles pour les moustiques

Contrairement à la croyance commune, ce n’est pas la lumière qui attire les moustiques. Vous pouvez donc allumer votre lampe de chevet en toute sérénité. Ce qui les attire, c’est le dioxyde de carbone que l’on émet lorsqu’on respire. Il va aussi détecter les odeurs humaines (comme la transpiration, l’haleine ou l’urine), composées par les acides gras (sébum, acide butyrique), les acides lactiques ou autres relents ammoniaqués émis par la peau. Des recherches ont montré que les moustiques sont attirés par les odeurs corporelles liées aux phéromones que nous dégageons. Certaines phéromones peuvent être plus attractives que d’autres, en raison notamment de la nourriture ingérée, de l’utilisation d’un parfum, de la quantité de sueur dégagée ou des bactéries qui composent notre peau.

Il existe cependant une injustice. Tout le monde n’est pas piqué de la même manière. Il est possible que vous fassiez partie de la minorité fort jalousée des personnes que ces insectes ignorent. En effet 15 % de population dégagent une odeur qui les repousse. Plus votre odeur est sucrée, au plus loin les bestioles s’éloigneront de vous. Le magazine américain de The Week a établi cinq particularités qui vous rendent particulièrement irrésistible aux moustiques.

1. Les sportifs

Les moustiques peuvent repérer les odeurs sur une grande distance. Ils pistent aussi les traces de CO2, la substance que l’on exulte lorsque l’on respire. Cette substance indique qu’il a des êtres vivants dans les parages. « Le moustique remarque surtout ce que sent la personne et la chaleur qu’elle dégage » précise l’entomologiste Susan Paskewitz au The New York Times. La température augmente chez quelqu’un qui vient de faire du sport, mais aussi l’odeur de l’acide lactique que dégage la sueur.

2. Alcool

Le sang des personnes qui ont bu de l’alcool est plus attirant pour les moustiques que ceux qui sont sobres. C’est ce qui ressort d’une étude française de 2011. Cette étude a démontré que l’alcool contenu dans trois canettes de bière pouvait faire grimper de 30% le nombre de piqûres de moustique. Cela est partiellement dû au fait que l’alcool augmente la température corporelle.

3. Le groupe sanguin

Les personnes qui ont le groupe sanguin O sont plus susceptibles d’être victimes de piqûres de moustique. En 2004 les chercheurs sont arrivés à la conclusion que les personnes au groupe sanguin O avaient 83% plus de chance d’être piquées que ceux du groupe A, B ou AB.

4. Les hommes grands

Mauvaise nouvelle pour les hommes: un article dans the Annals of Internal Medicine révèle que les moustiques préfèrent les hommes aux femmes. Plus la personne est grande, plus elle va attirer le moustique. Cela est probablement dû à la quantité plus importante de CO2 qu’elle dégage. Les moustiques peuvent détecter cette substance à une distance de 50 mètres. Par ailleurs les personnes grandes ou grosses ont une plus grande surface de peau.

5. Les femmes enceintes

Les femmes enceintes ont deux fois plus de chance d’être piquées que les femmes qui ne les ont pas. Il y a plusieurs raisons à ça : elles transpirent plus, leur température corporelle est plus élevée, leur odeur corporelle change et elle dégage plus de CO2.

Quelles solutions pour soulager les démangeaisons ?

Pour soulager une piqûre de moustique, il est souvent plus efficace de se tourner vers des remèdes de grand-mère. Le bicarbonate de soude a par exemple déjà fait ses preuves. Ainsi, diluez 3 cuillères à soupe dans 100ml d’eau et versez quelques gouttes sur une compresse. Appliquer ensuite la compresse sur la zone à traiter.

Les huiles essentielles peuvent également fonctionner. La menthe poivrée, l’eucalyptus ou le clou de girofle sont souvent les plus efficaces. L’huile de lavande est aussi recommandée. Versez quelques gouttes sur une compresse et disposez-la sur vos boutons.

Étonnament, certains déodorants peuvent faire l’affaire. Ils contiennent en effet du chlorure d’aluminium, une substance active efficace contre la douleur et les gonflements liés aux piqûres d’insectes.

N’hésitez pas à placer un glaçon, ou une source de chaleur sur votre bouton. Cette solution est très efficace, rapide et économique, même si elle n’est que temporaire.

L’aole vera aurait également des vertus cicatrisantes, et pourrait donc soulager une démangeaison. En gel ou en récupérant directement le jus sur la plante, il est conseillé d’en étaler préalablement sur la peau pour éviter tout risque d’allergie.

Enfin, pourquoi ne pas aussi tester des compresses alcoolisées, du vinaigre blanc ou du vinaigre de cidre?

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