Les anticorps du vaccin Covid sont-ils contagieux? Une découverte scientifique fait beaucoup de bruit

Noé Spies

Les résultats d’une nouvelle étude font froncer quelques sourcils. Ils concluent que les enfants non-vaccinés de parents vaccinés ont des quantités détectables d’anticorps contre le Covid dans leur nez. Comment l’expliquer?

Les résultats de l’étude suggèrent que les anticorps contre le Covid sont transmissibles. Ce travail scientifique a été réalisé par les chercheurs de l’Université du Colorado, dirigés par l’immunologiste Ross Kedl. Les conclusions indiquent que les parents peuvent transmettre des anticorps à leurs enfants par voie aérienne.

Cela ne signifie pas pour autant que les enfants sont protégés contre le virus. Quelques anticorps injectés ne suffisent pas à acquérir une vraie immunité. « Par exemple, les cellules T devraient également être transmises », explique le chercheur écossais en sciences moléculaires Wolfram Meier-Augenstein, commentant l’étude.

L’immunologiste Ross Kedl fait également référence à des études antérieures montrant que les enfants de parents vaccinés sont moins susceptibles de contracter le Covid que les enfants de parents non vaccinés. « Il est tentant de spéculer que la transmission d’anticorps a pu y contribuer », écrit le professeur d’immunologie, qui nuance fortement. « Il semble raisonnable de supposer que, toutes les autres conditions étant égales, toute forme de transfert d’anticorps est bénéfique pour le bénéficiaire. »

Cette découverte stimule en tout cas l’imagination. Certains y voient une franche opportunité pour abolir les gestes barrières, et en profiter ainsi pour renforcer l’immunité collective. Mais parmi les farouches opposants aux vaccins, la découverte suscite une certaine consternation. « Si les anticorps sont contagieux, les vaccins ne sont-ils pas en fait une arme biologique? »

« Une idée assez provocante »

Comment les scientifiques ont-ils procédé pour arriver à cette conclusion ? Le groupe a d’abord mis à l’épreuve les enfants de parents vaccinés. Plus les parents avaient d’anticorps dans leur gorge, plus ils y en avaient également dans les voies nasales de leurs enfants. Une preuve évidente que les parents transmettent les anticorps à leurs enfants, selon eux.

La protection, si elle existe, est toutefois courte durée. En effet, les enfants ne possèdent pas les cellules mémoires qui sont responsables de la production d’anticorps : celles-ci n’apparaissent qu’après la vaccination. On peut également se demander dans quelle mesure les anticorps qui se trouvent « en vrac » sur la muqueuse du nez et de la gorge sont capables de capturer les particules du virus – leur principale tâche pour repousser une attaque.

L’idée est donc assez « provocante », admet Ross Kedl, même s’il n’exclut pas la possibilité d’avoir réalisé une découverte importante : « Nos données apportent la preuve d’un nouveau mécanisme par lequel l’immunité de groupe peut se manifester« , conclut-il.

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