Dans quelles communes wallonnes la pénurie de médecins généralistes risque-t-elle de s’aggraver ? (carte interactive)

Soraya Ghali
Soraya Ghali Journaliste au Vif

Pour ne rien arranger à la pénurie actuelle de médecins généralistes, la situation pourrait s’aggraver en raison… de l’âge des praticiens. Dans certaines entités, souvent rurales, 100% d’entre eux sont âgés de plus de 55 ans. Or ces mêmes entités peinent à attirer les jeunes.

Il y a la pénurie actuelle, puis celle à venir. Si l’Aviq (Agence pour une vie de qualité) estime qu’aujourd’hui, une commune wallonne sur deux manque de médecins généralistes, cette situation pourrait prochainement s’aggraver à certains endroits. En raison de l’âge – élevé – de certains praticiens.

« Dans dix ans, en Communauté française, quelque 20% des généralistes francophones cesseront leurs activités », illustre Jean-Michel Foidart, vice-président de la toute jeune Commission de planification de l’offre de soins en FWB. Les experts ont donc calculé un « indice de remplacement » pour chaque spécialité médicale. En 2016, il était de 0,3 pour la médecine générale: pour trois généralistes actifs âgés de 60 ans et plus, à peine un médecin était en formation. Cet indice vaut tant pour la Flandre que pour les francophones. La pénurie, en germe, devrait donc s’accentuer de part et d’autre. « Le maintien d’un équilibre entre l’offre et la demande de soins doit se traduire en pratique par une augmentation des quotas futurs« ,affirme Aurélie Somer, cheffe de service du département Professions de santé et pratique professionnelle au SPF Santé publique.

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Comme le démontre la carte interactive ci-dessus, certaines communes comme Baelen, Lontzen, Rendeux, Lierneux, Froidchapelle ou encore Lobbes sont particulièrement exposées: 100% des généralistes qui y exercent ont plus de 55 ans. Or ces entités, plutôt rurales, risquent peu d’attirer de nouvelles recrues, qui préfèrent souvent les grandes villes.

Les jeunes choisissent de s’installer là où leur conjoint trouvera un emploi, où ils auront accès aux transports, à une vie sociale multiple, etc., s’ajoute la volonté d’exercer là où d’autres professionnels de santé sont déjà présents, des spécialistes, suivis par d’autres (kinés, pharmaciens…) qui dépendent de leurs prescriptions de soins et de médicaments. Un effet boule de neige. « Les plans et les incitants financiers pour lutter contre le manque de médecins en zones rurales sont peu connus et inappropriés. Dans les localités concernées, il existe peu d’initiatives pour encourager un jeune médecin à s’y installer », estime Jean-Michel Foidart.

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