Manque de places dans les crèches : trois défis à relever

Eglantine Nyssen
Eglantine Nyssen Journaliste au Vif

Impossible de trouver une crèche: c’est le cas dans de plus en plus de communes. Le Vif fait le points sur les challenges et les solutions pour l’accueil de la petite enfance avec Sylvie Anzalone de l’ONE.

Nous l’écrivions dans un dossier la semaine dernière: la recherche d’une crèche est aujourd’hui une véritable prise de tête pour de nombreux parents.

En Wallonie, le taux de couverture atteignait 38 % en 2020, soit 38 places d’accueil pour 100 enfants. Un chiffre en augmentation de 9% sur ces dix dernières années mais qui reste bas. Dans certaines communes, comme Mont-de-l’Enclus, Herbeumont ou Houyet, on descend en dessous des 10%. Cela signifie que 9 enfants de la commune sur 10 ne trouveront pas de place. Ou du moins pas à temps plein.


L’ONE dresse plusieurs constats pour l’avenir de l’accueil de la petite enfance. Tous ne sont pas réjouissants.

- La fermeture de certaines crèches

Selon sa porte-parole, Sylvie Anzalone, « le nombre de milieux d’accueil collectifs est resté stable entre 2019 et 2020 ; par contre, on constate plus de fermetures chez les accueillantes d’enfants. Ces départs, souvent liés à des fins d’activités pour des départs à la retraite, ne sont pas compensés depuis une dizaine d’années. Le métier ne semble pas, a priori, attirer en masse des jeunes. L’aspect financier et le manque de reconnaissance peuvent par exemple l’expliquer. »

- La diminution de crèches non-subventionnées

Une première estimation des chiffres de 2021 tend à démontrer une stabilité du nombre de places d’accueil disponibles en FWB avec une légère augmentation du nombre de crèches subventionnées, parallèlement à une légère diminution des crèches non subventionnées. Ce basculement, Sylvie Anzalone l’explique de plusieurs façons : la transformation de crèches non subventionnées en crèches subventionnées dans le cadre de la Réforme de l’Accueil de la petite Enfance, l’impact de la crise Covid parfois cumulée aux inondations et des changements d’orientation professionnelle ou des départs à la retraite. 

- Des communes et des quartiers aux besoins non-rencontrés

Autre gros challenge : augmenter l’offre dans les endroits où elle est très, trop basse. Dans certains quartiers ou certaines communes, les besoins sont loin d’être rencontrés. Pour cela, la Wallonie alloue un budget spécifique à l’ouverture de nouveaux milieux d’accueil dans certaines communes. Plus particulièrement à 39 communes où le taux d’emploi des femmes est faible, où le taux de familles monoparentales est élevé, où le revenu par habitant est faible et où le taux de couverture des places subventionnées est inférieur à 33 %. Cela concerne surtout des communes en provinces de Hainaut (notamment Anderlues, Binche, Charleroi, Farciennes, La Louvière, Manage, Mons et Quaregnon) et de Liège (entre autres Ans, Dison, Engis, Flémalle, Herstal, Liège, Saint-Nicolas, Seraing ou Verviers). Les 1.386 autres places seront réparties ailleurs en Wallonie.

L’ONE se veut malgré tout positif en citant deux mesures phare de la Réforme de l’Accueil de la Petite Enfance qui, selon l’organisation, devraient augmenter significativement le nombre de places d’accueil. Le statut d’accueillante salariée et le Plan Cigogne qui vise la création de plus de 5200 places à l'horizon 2025 en Fédération Wallonie-Bruxelles.

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