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Surpêche, surexploitation, surconsommation… L’humanité a (encore) épuisé les ressources de la Terre

Mailys Chavagne

28 juillet 2022, « jour du dépassement » : l’humanité vit désormais à crédit écologique. Nous avons consommé l’ensemble des ressources naturelles que la Terre peut régénérer en un an. Une date fatidique qui avance un peu plus chaque année. Et la Belgique ferait partie des pires élèves en la matière…

La gourmandise et l’avidité humaines n’ont-t-elles plus de limite? Chaque année, les hommes (sur)exploitent, (sur)pêchent, (sur)consomment et détruisent plus que de raison. Chaque année, la Terre est saignée à blanc. L’humanité épuise toutes les ressources renouvelables de la planète, et quand il n’y en a plus, elle grignote son capital naturel pourtant nécessaire au maintien de la vie sur Terre.

En 2022, cette date charnière qui marque l’endettement écologique de l’humanité tombe ce jeudi 28 juillet. C’est ce qu’on appelle le « jour du dépassement » : « L’humanité a consommé l’ensemble de ce que les écosystèmes peuvent régénérer en une année », expliquent les ONG Global Footprint Network et WWF.

En d’autres termes, notre planète à elle seule ne suffit plus à contenter tout le monde. À l’heure actuelle, il faudrait 1,75 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable. Et cela ne prend même pas en compte les besoins des autres espèces vivant sur Terre. « Il faut aussi laisser des espaces pour le monde sauvage », selon Laetitia Mailhes de Global Footprint Network.

Cette pression exercée par l’activité humaine ne cesse d’augmenter ces 50 dernières années:

  • en 1970, le jour du dépassement tombait le 29 décembre,
  • en 1980, cela tombait le 4 novembre,
  • en 1990, c’était le 11 octobre,
  • en 2000, le 23 septembre,
  • et en 2010, cette date tombait le 7 août.

La Belgique, très mauvaise élève

La Belgique est loin d’être une bonne élève en la matière : elle a l’une des plus grandes empreintes écologiques du monde. À titre d’exemple, si tous les humains vivaient comme les Belges, le « jour du dépassement » serait intervenu encore plus tôt : le 26 mars 2022. Atteindre le jour du dépassement 84 jours seulement après le début de l’année signifie également qu’il faudrait plus de quatre Terres pour subvenir aux besoins de l’humanité.

L’être humain dépend de la nature dans de nombreux domaines: pour fournir de la nourriture, de l’eau potable ou encore du bois, pour absorber et neutraliser les déchets et pour construire des villes. La régénération des écosystèmes est à l’origine de tous ces services. C’est ce qu’on appelle la « biocapacité ». La biocapacité de la Belgique est estimé à 0,8 hectare global par personne. Son empreinte s’élève quant à elle à 6,5 hectares globaux par personne: elle est donc 8,5 fois supérieure à sa propre biocapacité.

Jour du dépassement: les gaz à effet de serre

La pollution est la source principale du problème: à elle seule, l’empreinte carbone représente 65% de l’empreinte écologique du pays. Industrie, logement, transport, alimentation… Le Belge émet des tonnes de CO2 par personne chaque année ! Or, qui dit gaz à effet de serre, dit réchauffement climatique. Les récentes inondations et vagues de chaleur sont bien la preuve que quelque chose ne tourne pas rond.

Mais que faire pour changer cela? Selon le WWF, la Belgique doit investir dans les solutions basées sur la nature. Fini les infrastructures traditionnelles en béton qui empêchent les eaux de pénétrer la terre et qui furent en grande partie responsable des inondations de juillet 2021! Autre solution: diminuer les avantages fiscaux des combustibles fossiles . Pourtant, chaque année, l’État belge accorde encore plus de 11 milliards d’euros d’avantages fiscaux aux combustibles fossiles.

Manger mieux, importer moins

En Belgique, 21 % de notre empreinte est liée à l’alimentation. Cela s’explique en partie parce que nous dépendons grandement d’importations. Or, « elles contribuent à la déforestation et à l’appauvrissement de l’environnement », prévient le WWF. Les écosystèmes sont pourtant cruciaux, non seulement car ils stockent d’énormes quantités de carbone et permettent donc de limiter l’impact du réchauffement climatique, mais aussi car ils abritent une riche biodiversité végétale et animale.

Autre problème: l’alimentation est encore fortement dépendante de l’utilisation de combustibles fossiles et est donc à l’origine de nombreux gaz à effet de serre. Bref, un effet boule de neige qu’il est nécessaire de combattre grâce à une alimentation plus durable, qui nécessiterait de privilégier les produits locaux et de saison et ainsi limiter les importations.

Sans compter que la Belgique serait le deuxième au classement européen des plus gros gaspilleurs. Le Belge gaspille en moyenne 345 kilos de nourriture par an, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Si l’ensemble de la population mondiale parvenait à limiter le gaspillage alimentaire, cela « permettrait de faire reculer la date de 13 jours, ça n’est pas négligeable », conclut Laetitia Mailhes.

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