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Ces produits oubliés (4/6): la caméline, l’or huileux

Laurence Van Ruymbeke
Laurence Van Ruymbeke Journaliste au Vif

Les minuscules graines de ces plantes contiennent une huile très riche en oméga-3 et en vitamine E, aux vertus incontestées.

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Son goût est à la croisée de l’asperge et de la noisette. L’humain ne s’y s’est pas trompé, face à cette herbe haute au sommet de laquelle trône une petite fleur jaune: il a cultivé la caméline dès le néolithique, d’abord en Europe centrale et autour de la mer Baltique puis dans toute l’Europe. Plus prosaïquement, les Grecs et les Romains se sont servis de l’huile de caméline pour s’éclairer, d’autres, en Europe occidentale, pour nourrir le bétail. Jusqu’au XIXe siècle, son huile servait à la fabrication de savon et de peinture. Plus récemment, on l’a testée comme biocarburant. Ses graines sont minuscules, à peine deux millimètres, mais l’huile qu’elles contiennent vaut de l’or. Hélas, on en recueille peu, à peine 25% du volume récolté.

Ce piètre rendement explique en grande partie le désintérêt longtemps affiché pour la culture de la caméline, au profit du colza, par exemple. La demande des consommateurs n’était pas non plus suffisante. Et sa taille très réduite la rend difficile à manipuler.

La caméline peut se cultiver en association avec d’autres plantes, comme le pois, qui s’accroche aux hautes tiges de sa voisine. En contrepartie, la caméline profite de l’azote capturé dans l’atmosphère par le pois.

Comme dans les noix ou le lin, on y trouve quantité d’oméga-3, 31% précisément, si précieux contre les maladies cardiovasculaires et pour le bon fonctionnement du cerveau. Elle contient aussi des vitamines E, à hauteur d’environ 20%, ce qui permet de la conserver longtemps si elle est à l’abri de la lumière. On sait la vitamine E très efficace pour garantir une bonne élasticité de la peau. «Cette huile de caméline est dès lors très recommandée pour les personnes qui souffrent de maladies dermatologiques», note Isabelle Coupienne, qui en produit dans son projet Land, Farm & Men. Des médecins la conseillent à ce titre en huile, en comprimés, et parfois mélangée à de l’huile de bourrache. Les firmes cosmétiques s’y intéressent également: pour les peaux dites «matures», c’est un cadeau du ciel.

En France, la caméline est reconnue depuis 1998 comme alicament par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Son huile, dont on peut arroser une salade mais qu’il vaut mieux ne pas chauffer en cuisine, peut en effet aider à prévenir, entre autres, les troubles anxieux et dépressifs, cognitifs, de l’humeur et de la mémoire, ainsi que diverses formes de démence. Un cadeau du ciel, disions-nous.

De la famille des choux

La caméline, appelée aussi lin bâtard ou petit lin, ne fait pourtant pas partie de cette famille. La camelina sativa, en latin, appartient en effet à celle des crucifères, qui intègre aussi les choux et la moutarde. Si sa tige peut atteindre une hauteur comprise entre 40 et 120 centimètres, ses graines sont en revanche minuscules: il en faut mille pour atteindre 1,5 gramme! Cette plante robuste n’est guère sensible aux maladies et peut pousser dans des lieux et des conditions de croissance variés.

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