Nicolas De Decker

Les attendus politiques de 2025 annoncent des attentes très bof pour 2026

Nicolas De Decker Journaliste au Vif

Attendu ce que la politique belge a montré en 2025, les attentes pour 2026 ne sont pas fort engageantes. Elles sont même très bof.

Au sempiternel carrefour de deux années se croisent les rétrospectives et les prémonitions. Normal, on tire le bilan des douze mois écoulés pour essayer d’anticiper ce que contiendront les prochains, on éclaire les attentes à la lumière des attendus. Ou, comme dit très bien la cheffe, dans ce même journal, « A côté de l’habituelle prise de bonnes résolutions, le début d’une année est un moment classiquement propice à l’établissement de bilans comme à l’esquisse de prévisions ».

Justement, parlons-en, de ces attendus qui éveillent des attentes.

Attendu que quand 2025 a commencé, un président du PS trouvait que la limitation des allocations de chômage dans le temps était injuste et inefficace, et que, quand 2025 se termine, le même président du PS trouve qu’il ne faut plus s’opposer à la limitation des allocations de chômage dans le temps.

Attendu qu’au début de 2025, des partis estimaient qu’il fallait séparer strictement la politique de la religion et que la neutralité de l’espace public était le socle de notre civilisation, mais qu’à la fin de 2025, ces mêmes partis estimaient qu’il fallait que le politique contrôle strictement la religion d’une crèche et que cette crèche catholique dans l’espace public était le socle de notre civilisation.

Attendu qu’en 2024 déjà, on ne pouvait pas dire qu’un politicien d’origine maghrébine était victime de racisme parce qu’un politicien d’origine hervienne lui disait à la télévision qu’il n’était pas obligé de rester en Belgique, mais qu’en 2025 ensuite, une politicienne d’origine maghrébine a été déclarée coupable de racisme parce qu’elle disait dans une vidéo aux racistes de toutes origines qu’ils n’étaient pas obligés de rester à Molenbeek.

Attendu que 2025 s’était promis comme un règlement de comptes définitif de l’assistanat, car le problème de la Belgique c’était que ses pauvres étaient trop riches, mais qu’elle se concrétise avec des Restos du cœur et les Banques Alimentaires qui crient famine parce que les comptes ne sont pas bons et que ses pauvres sont restés très pauvres.

Attendu que 2025 allait être l’année qui revaloriserait le travail, mais qu’elle n’aura offert aux travailleurs qu’un avenir de pensions plus basses et de salaires pas augmentés ni indexés.

Attendu que début 2025, le Premier ministre a inauguré son terme en disant en néerlandais que les réformes du chômage et des pensions étaient les plus communautaires qui soient, car elles n’étaient que dans l’intérêt des Flamands, mais que fin 2025, les francophones répètent toujours en français que les réformes du chômage et des pensions ne sont pas communautaires du tout, car elles sont dans l’intérêt des Wallons et des Bruxellois.

Attendu que dans les derniers jours de 2025, on qualifie de victoire belge et européenne le fait qu’un Premier ministre belge soit parvenu à éviter que de l’argent russe garantisse un prêt pour que l’Ukraine s’achète des armes américaines, et de triomphe belge et européen qu’il ait obtenu que de l’argent européen, donc belge, garantisse un prêt pour que l’Ukraine s’achète des armes américaines.

Eh bien, attendu tout cela, on ne peut pas dire, au regard de 2025, que les attentes pour 2026 soient fort, fort élevées.

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