Waterloo, eldorado temporaire pour étrangers

Waterloo accueille une large communauté d’expatriés : près d’un habitant de la commune sur cinq n’est pas belge. Mais ils n’y restent guère plus de quelques années.

Mes voisins ? Ils sont américains, suédois, coréens… et belges. Ma rue regroupe une bonne dizaine de nationalités différentes : on se croirait aux Nations unies !  » plaisante Paul, un waterlootois de souche. C’est que la célèbre bataille et le refrain entêtant du groupe de variétés ABBA ont contribué à la notoriété internationale de la cité brabançonne. Les Français, Britanniques, Américains et Scandinaves sont d’ailleurs nombreux à choisir de s’installer ici, au point de représenter 20 % de la population locale, pour seulement 8 % dans l’ensemble du royaume. On en compte 5 490, sur un total de 29 399 habitants.

A Waterloo, cette immigration atypique, au pouvoir d’achat élevé, bénéficie des avantages de la ville à la campagne.  » Les nombreuses villas quatre façades que l’on y voit donnent à la ville un petit air d’Amérique, à quelques dizaines de kilomètres seulement de Bruxelles « , affirme Renate Stanton, une résidente d’origine allemande qui dirige une agence d’accueil pour les expatriés en Belgique. Sa clientèle est constituée de grandes multinationales qui cherchent à faciliter l’installation rapide de leurs employés sur le territoire belge.  » La présence d’écoles internationales à Waterloo joue aussi un rôle déterminant dans la décision d’emménager dans la commune « , ajoute Renate Stanton.

Deux établissements, la St John’s School et la Scandinavian School, offrent en effet des cursus adaptés aux étudiants étrangers. Quelque 1 300 adolescents y étudient, au total. L’enseignement s’y donne principalement en anglais. Les frais de scolarité sont certes élevés – entre 13 500 euros par an, en primaire, et 25 950 euros en secondaire – mais ils sont généralement pris en charge par les employeurs. Joseph Doenge, directeur de la St John’s School, est parfaitement conscient du pouvoir d’attraction de son établissement sur la communauté étrangère. D’ailleurs, les trois quarts de ses 920 étudiants habitent Waterloo.

Les familles étrangères n’en éprouvent pas moins quelques difficultés à s’intégrer dans la vie communale : la méconnaissance de la langue française reste une barrière pour de nombreux parents. Ceux-ci restent d’ailleurs relativement discrets dans la vie associative ou politique de Waterloo. Gunila Chaker-Aberg, une habitante d’origine suédoise, a pourtant été l’une des premières Européennes à se porter candidate aux élections communales de 2000.  » Cela faisait une trentaine d’années que je vivais ici, détaille-t-elle. Je voulais sortir du cercle scandinave et me rapprocher de la vie de la commune. Mais ma présence sur les listes n’a pas créé la dynamique espérée chez les étrangers de Waterloo. « 

La courte durée des séjours que les familles étrangères effectuent à Waterloo explique sans doute ce manque d’implication.  » La majorité des expatriés ne vivent ici que deux ou trois ans, rappelle Gunila Chaker-Aberg. Ils n’ont pas le temps de s’intéresser à la vie politique, ni d’apprendre la langue. Ils préfèrent dès lors se retrouver entre eux. Leur vie sociale tourne souvent autour de l’école, de l’église et d’associations comme le club suédois ou l’American Women’s Club. « 

Depuis les dernières élections communales, en 2006, il n’y a toujours pas de représentant étranger au conseil communal de Waterloo. Seuls 595 étrangers, dont 45 non-Européens, se sont inscrits sur les registres de vote. Soit deux fois moins que la moyenne nationale.

O. H.

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