Wallonie : le casse-tête du transport scolaire

Michel Delwiche
Michel Delwiche Journaliste

Chaque matin, en Wallonie, près de 35 000 enfants sont emmenés à l’école par les bus  » scolaires « . Pareil pour le retour. A chaque rentrée, ces enfants sont plus nombreux : + 17 % en 2009. Idem en 2010. Mais les moyens ne suivent pas.

Ces bus scolaires appartiennent à des sociétés privées £uvrant pour le compte des TEC. Les cars affectés aux 900 circuits créés à cet usage ont, en 2009, effectué 21,5 millions de kilomètres. Les bus scolaires sont destinés à pallier l’absence de ligne régulière entre le domicile de l’enfant et l’école la plus proche répondant au critère de libre choix des parents, libre ou officiel.

 » Les chiffres de fréquentation ont crû à la suite de l’allégement des coûts, précise Jean-Marc Vandenbroucke, administrateur général de la SRWT (la Wallonne du Transport qui chapeaute les cinq TEC) : gratuité pour les moins de 12 ans (et ceux de l’enseignement spécial), et prise en charge de la moitié de l’abonnement scolaire par la Communauté française.  » Des parents qui, jusque-là, conduisaient leur progéniture ont profité de l’aubaine. Tant mieux pour l’aspect environnemental, mais le volet budgétaire, lui, n’est pas réglé.  » Notre enveloppe n’a pas été adaptée à cette augmentation, poursuit l’administrateur. Au contraire, puisque nos subventions ne sont même pas indexées. Pour faire face, nous avons décidé de modifier le mode de fonctionnement en organisant des points de regroupement, situés à moins d’un kilomètre du domicile des enfants d’un côté, et à moins d’un kilomètre de l’école de l’autre. Gain de temps et de moyens par rapport à la prise en charge en porte à porte. Mais le ministre a voulu limiter ce changement aux nouveaux inscrits, avec pour conséquence des traitements différents entre voisins, voire même à l’intérieur d’une même famille… L’aîné pourrait être pris en charge devant chez lui alors que le plus jeune doit gagner le point de rassemblement… « 

Huit nouveaux circuits

 » Le ministre a mis sur pied un groupe de travail pour traiter cette question, avec les associations de parents et le cabinet de la ministre de l’Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet, répond Pierre Castelain, porte-parole de Philippe Henry (Ecolo), ministre de la Mobilité. Le problème, c’est qu’il y a inadéquation entre l’offre de transport et l’offre scolaire. Une solution doit être trouvée pour la rentrée de septembre 2011. « 

En attendant, pour permettre de réduire le temps de trajet des cas les plus graves, 500 000 euros ont pu être dégagés. Ils ont permis la création, en novembre, de huit nouveaux circuits à destination, surtout, des élèves de l’enseignement spécial. Il n’est pas rare en effet de constater que des temps de parcours quotidiens supérieurs à quatre heures peuvent être imposés à ces enfants, pourtant plus fragiles ou plus difficiles : le réseau de l’enseignement spécial est moins dense, et l’école la plus proche qui peut dispenser un enseignement adapté au handicap est souvent saturée. Il faut alors aller encore plus loin…

MICHEL DELWICHE

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