Viktor Bout à Ostende

En saura-t-on plus, dans quelques mois, sur les activités illégales de Viktor Bout, notamment sur les trafics d’armes organisés par le Russe au départ de la Belgique ? Son procès, à New York, doit débuter le 11 octobre. Arrêté par la police thaïlandaise à Bangkok en mars 2008, Bout a été extradé aux Etats-Unis le 16 novembre 2010 malgré d’intenses pressions de Moscou. Détenu depuis lors dans une prison de haute sécurité, il est accusé de trafic d’armes au profit des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et risque la réclusion à perpétuité.

La Belgique a été le premier pays à déposer une plainte internationale contre ce mythe vivant qui a inspiré, en 2005, le personnage joué par Nicolas Cage dans le film Lord of War. C’est sur la base de cette plainte pour blanchiment de 325 millions de dollars que Bout était recherché par Interpol depuis 2002. En 2005, le Trésor américain a gelé ses avoirs à l’étranger, le contraignant à fermer la plupart de ses filiales.

Le trafiquant polyglotte connaît bien la Belgique. En 1995, associé au pilote belge Ronald de Smet, il a installé sa compagnie aérienne, Air Cess, dans le  » Jet Center  » d’Ostende. Pendant deux ans, les affaires de la société, devenue Trans Aviation Network (TAN), y ont été florissantes. Un rapport des services de renseignement belges, rédigé en 1998, évalue à 50 millions de dollars le profit des cargaisons d’armes, chargées en général à Burgas, le port bulgare de la mer Noire, et expédiées vers l’Afrique.

Bout commence alors à retenir l’attention des autorités belges. L’ONG Human Rights Watch l’accuse d’être un fournisseur d’armes des extrémistes hutu dans l’est du Congo. Des experts de l’ONU dénonceront aussi son rôle dans les conflits en Sierra Leone et en Angola. Entre-temps, Bout choisit comme nouvelle base arrière les Emirats arabes unis et relance ses activités en Asie centrale, notamment en Afghanistan.

Dossier classé et envoyé

Dans la perspective du procès tant attendu, l’élu MR Richard Miller a questionné à plusieurs reprises le gouvernement pour en savoir plus sur les activités belges du trafiquant. Mais la ministre de l’Intérieur Annemie Turtelboom est restée évasive.  » Les services de police belges ne disposent d’aucun élément permettant d’affirmer que Viktor Bout ait pu organiser des trafics d’armes au départ du territoire belge, assure-t-elle. Le dossier ouvert à sa charge a été classé en 2006.  » D’autres sources nous signalent toutefois que le  » dossier Bout  » constitué par les enquêteurs belges a été envoyé à New York.

O. R.

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