Une histoire de cicatrice(s)

Décidément, l’auteure de Rosa candida ne laisse pas de nous épater ! Après ce premier roman qui l’a révélée au public français en 2010, cette Islandaise, née en 1958, a constamment renouvelé sa partition sans rien perdre de sa subtilité, de son humanité, de sa fantaisie. Rebelote avec cette cinquième fiction, d’une gravité jamais pesante, où elle fait parler un certain Jonas, 49 ans, très habile de ses mains, mais décidé à en finir avec la vie. Divorcé, déprimé, il n’a pas touché le corps d’une femme depuis  » huit ans et cinq mois  » et est  » malheureux « . Surtout parce que son ex, Gudrun, vient de lui faire savoir que leur fille de 26 ans, Gudrun également, n’est pas de lui. Et ce n’est pas sa mère, encore une Gudrun, confinée dans une maison de retraite, qui lui remontera le moral. A défaut de se suicider, il s’envole vers un pays  » dangereux « , autrefois en guerre, dans l’espoir d’y laisser sa peau… C’est une histoire de cicatrice(s) –  » ör  » en islandais – que raconte ce délicat roman. Celles du corps, du coeur, de l’âme. C’est, in fine, une histoire de réparation(s). Réjouissante, mine de rien.

Ör, par Audur Ava Olafsdottir, trad. de l’islandais par Catherine Eyjolfsson. Zulma, 240 p.

Retrouvez l’actualité littéraire aussi dans Focus Vif : cette semaine, Les Pleureuses, beau roman hanté qui révèle l’Américaine Katie Kitamura, page 40, et Sucre noir, roman d’aventures exotisant du Français Miguel Bonnefoy, page 41.

D. P.

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