Un superbe cabinet de curiosités !

Barbara Witkowska Journaliste

Faïences et porcelaines rares, émaux et verres délicats, argenterie précieuse, objets anciens de toute beauté… On va au Salon international de la céramique ancienne comme on va visiter une exposition.

Du 27 avril au 1er mai, www.ceramiqueancienne.be

L’écrin, pour commencer. L’ancienne Nonciature, autrement dit l’ambassade du Vatican, située au Sablon à Bruxelles, est l’endroit tout trouvé pour fêter la 13e édition de ce salon remarquable. Après un minutieux travail de restauration, le prestigieux hôtel particulier a retrouvé sa splendeur d’antan avec ses parquets aux dessins raffinés, ses stucs, ses marbres, ses médaillons dorés et ses lustres en cristal. Ce lieu propice à la contemplation attire les poids lourds des arts du feu et des curiosités en tout genre : une dizaine d’exposants belges et français triés sur le volet. Jean-Robert de Lavergne de l’enseigne parisienne Les Armes du chevalier ne manquerait à aucun prix ce rendez-vous avec le seul et unique Salon consacré aux arts du feu en Europe.  » Les Belges sont extrêmement connaisseurs, dit-il. Il subsiste en votre pays de nombreuses familles qui ont gardé un beau patrimoine, qui le font évoluer, fructifier et veulent compléter leurs collections. La Belgique est un carrefour qui a une place plus que jamais au niveau de l’art.  »

Tournai toujours en vogue

Eclectique, la collection de Jean-Robert de Lavergne ressemble à un cabinet d’amateur où l’on trouve de ravissants verres de Bohème, de la porcelaine chinoise auréolée de son côté magique ou encore quelques raretés des manufactures de Paris ou de Meissen. La porcelaine de Tournai, on la découvre dans les vitrines de la Maison Lemaire. Les Belges continuent à en raffoler.  » On rachète toujours son passé « , note Jean Lemaire. La Maison met en valeur les collections  » blanc-bleu  » et polychromes (services complets et pièces exceptionnelles), très recherchées par les collectionneurs, ainsi que des pièces rares de faïence de Bruxelles, comme ce trompe-l’oeil en forme de  » chou  » de la seconde moitié du XVIIIe siècle. La collection de la Maison L’Egide Antiquités permet d’évoquer ce que fut le goût d’une époque, couvrant la fin du XVIIIe jusqu’au début du XXe siècle, dans les créations des grandes manufactures de Meissen, de Vienne et de Paris avec, notamment, une paire de vases rarissime de l’époque Empire de la manufacture Dagoty et un très beau Triomphe de Vénus de Meissen.

Sur le stand de Nelly Drees, spécialiste d’archéologie classique, s’impose une très belle collection de céramiques grecques du VIIe au IIIe siècle avant J.-C. Elle fera le bonheur des amateurs  » pris par le mystère de l’Antiquité « . Les statuettes déclinent des patriciennes en terre cuite polychromée, une remarquable Vénus avec Eros, en marbre, de l’époque romaine, et une superbe tête étrusque en terre cuite du ve siècle avant J.-C. Il y a aussi des vases, aux formes bien originales parcourues d’étonnants motifs géométriques.

Les objets présentés par le Parisien Bertrand de Lavergne sont ponctués de quelques chefs-d’oeuvre qui racontent l’art de la porcelaine chinoise du XVIe au XVIIIe siècle, regroupée en familles  » blanc-bleu « , rose et verte. Les tabatières chinoises sont l’autre cheval de bataille de Bertrand de Lavergne. Il en présentera une centaine car  » les Belges font partie des plus grands collectionneurs en Europe « . Autant d’objets rares et merveilleux qui iront au-devant d’émotions, de désirs et de coups de coeur.

BARBARA WITKOWSKA

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