Introspection, 2022. Les lignes de Rose Madone semblent dessiner une grammaire des origines. © Courtesy galerie Martine Ehmer

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C’est toujours émouvant de voir débarquer une artiste à Bruxelles, d’assister au déploiement d’un univers formel inédit. C’est le cas de Rose Madone, jeune plasticienne – elle est née en 1993 – basée à Barcelone. On résiste pas à la profession de foi qui accompagne ses acryliques sur toile. « Nous naissons poussière et nous mourrons poussière, alors, pourquoi se mentir et tenter de se créer une personnalité, une vie qui n’est pas la nôtre? Pourquoi avoir honte ou peur de montrer que nous sommes « faibles » et « vulnérables »? », explique-t-elle en substance.

Bien sûr, un tel manifeste resterait lettre morte s’il n’était pas accompagné d’une production qui dirait tout cela sans avoir besoin du langage articulé. Les compositions présentées à la galerie Martine Ehmer séduisent par leur caractère limpide et néanmoins à vif. Des lignes et des courbes semblent dessiner un alphabet, une grammaire des origines. Cet ADN d’essentialité est renforcé par une palette de couleurs ultradirecte, vibrant entre le noir et le blanc. Au passage, des nuances terreuses rappellent le besoin d’ancrage d’une peinture qui se revendique « quête à travers des sensations nouvelles, des émotions ». Cette dimension de recherche prend également la forme de compositions labyrinthiques dans lesquelles le regard erre sans se perdre pour autant. On n’est pas surpris d’apprendre que l’intéressée est en proie aux émotions. Peintre pulsionnelle, elle dit « travailler à l’envie ». Nul besoin de le lire pour le deviner. « Mes travaux d’accumulation montent de façon très spontanée. Coups durs, peines, joies ou tristesse… A travers la toile, je cherche l’ épuisement d’une émotion », précise celle qui confesse un amour immense pour la littérature.

A la galerie Martine Ehmer, à Bruxelles, jusqu’au 22 mai.

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