Tout savoir sur le coût des études

Etudier en Belgique est-il onéreux ? A combien s’élève le minerval ? Quelle bourse d’études l’étudiant peut-il solliciter ? Pour évaluer un budget, mieux vaut être prévenu.

par Roxane Demaret (IHECS)

Le montant des minervals, en Belgique, n’est pas le même pour tous les étudiants. Il diffère selon la Haute Ecole ou l’université choisie. Des disparités existent aussi pour les bourses octroyées par la Communauté française. Pour beaucoup d’étudiants, suivre des études en Belgique coûte cher.

Les minervals

Les étudiants candidats à l’université devront payer un minerval maximum de 837 euros par an ; c’est le minerval légal de la Communauté française. Les frais d’inscription ne peuvent pas dépasser ce montant. Un établissement peut, en revanche, réclamer un minerval moins élevé. Actuellement, toutes les universités de la Communauté française s’alignent sur le plafond de 837 euros.

Les étudiants qui désirent étudier dans une Haute Ecole doivent, de leur côté, se renseigner préalablement sur le type d’établissement qu’ils souhaitent fréquenter. En regard des frais d’inscription, les Hautes Ecoles sont divisées en deux catégories. Les Hautes Ecoles de type court où le minerval ne peut excéder 175,22 euros (hors la dernière année où le plafond est de 227,50 euros). Et les Hautes Ecoles de type long dans lesquelles le minerval maximum est fixé à 350,44 euros (plafond de 455 euros en dernière année).

Ces montants légaux ne tiennent pas compte du droit d’inscription complémentaire (DIC) et/ou des droits administratifs complémentaires (DAC). Le premier ne peut dépasser 278,94 euros dans l’enseignement de type court et 417,42 euros dans le  » type long « . Les seconds doivent se baser sur des coûts réels et ne peuvent excéder 837,94 euros, hormis dans des écoles d’art, d’architecture, de techniques de l’image, de presse et d’information ou de communication appliquée.

En outre, pour la FEF, la Fédération des étudiants francophones, un problème majeur se pose en Belgique.  » Les coûts pour les étudiants ne sont pas les mêmes en Flandre et en Wallonie, explique Michaël Verbauwhede, son président. Cela a pour résultat que des étudiants de l’ULB et de la VUB ne vont pas payer la même chose. Pourtant, ils sont sur le même campus. « 

Les bourses

 » Nous avons calculé, affirme Michaël Verbauwhede, qu’un étudiant vivant en kot a besoin de 8 000 à 12 000 euros par an. Ce montant regroupe le minerval, le loyer, les syllabi, l’accès à Internet…  » Afin de rendre les études supérieures financièrement plus accessibles, plusieurs aides peuvent être octroyées. Trois organismes s’en chargent.

Dans la majeure partie des cas, les étudiants introduisent une demande de bourse à la Communauté française. La moyenne des aides de ce type octroyées pour l’année scolaire 2008-2009 était de 956,05 euros. Les étudiants doivent répondre à plusieurs conditions. La première : le revenu des parents. Les revenus d’un ménage avec deux personnes à charge ne doivent pas dépasser les 25 163, 23 euros par an. Des critères académiques entrent également en ligne de compte. L’étudiant boursier doit fréquenter un établissement d’enseignement de plein exercice, être étudiant régulier et il ne peut doubler une année d’étude que pendant le baccalauréat (1).

Chaque Haute Ecole ou université dispose d’un conseil social. Une demande d’aide peut être introduite en début d’année scolaire. En général, les conseils sociaux interviennent dans le paiement du minerval. Ils peuvent également participer à d’autres frais inhérents à la vie d’étudiant : achat des syllabi, transport, loyer du kot…

Enfin, il est aussi possible de s’adresser au CPAS de sa commune ou de solliciter diverses fondations pour recevoir des bourses privées.

La comparaison européenne

Michaël Verbauwhede affirme que la Belgique est à la traîne par rapport aux autres pays européens pour l’accès aux études.  » En France, explique-t-il, les étudiants boursiers reçoivent jusqu’à 600 euros par mois. Sans compter des aides pour le logement, qui peuvent s’élever à 250 euros par mois.  » Mais les étudiants belges ne sont pas non plus les moins bien lotis. En Grande-Bretagne, les études sont beaucoup plus chères. Les frais d’inscription pour une année à l’université peuvent s’élever de 3 529 euros à 10 588 euros). Ce qui contraint souvent les étudiants à contracter un emprunt.

Au cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt, Nathalie Lafontaine, attachée de presse, nuance la position de la FEF.  » L’enseignement en Communauté française est un des plus accessibles au monde « , souligne-t-elle. Pour elle, le coût des études ne doit pas être un frein pour les jeunes et Jean-Claude Marcourt y travaille. Pour preuve, le décret Wendy, adopté en juillet 2010 par le parlement de la Communauté française, apparaît comme une grande avancée. Il a rendu les études gratuites pour les boursiers. Ceux-ci pourront même faire imprimer leurs syllabi aux frais de l’institution scolaire, soit une économie qui peut dépasser les 100 euros. Le statut d’étudiant à revenus modestes est aussi établi. Pour ceux-ci, le minerval ne peut dépasser 374 euros. Pour les autres, la Communauté française a gelé le montant des minervals : les universités ne pourront plus, comme avant, indexer chaque année les frais d’inscription, en tout cas jusqu’en 2014-2015.

Des dépenses pour l’Etat

En Communauté française, le budget alloué aux études supérieures pour l’année 2011 est de 1 233 899 000 euros, soit environ 13,5 % des dépenses totales de la Communauté. Chaque étudiant est donc financé, en moyenne, à hauteur de 7 250 euros. Ce montant peut varier suivant la filière choisie.

Le budget consacré au Service des allocations d’études en Communauté française a augmenté de 13 millions d’euros en cinq ans, passant de 37 325 000 en 2006 à 50 513 000 euros en 2010. Les subsides sociaux accordés aux établissements d’enseignement supérieur non universitaire ont, quant à eux, augmenté de 4,5 millions d’euros en cinq ans.

Malgré les nombreux efforts réalisés par la Communauté française pour rendre l’enseignement supérieur belge accessible à tous les étudiants, certaines personnes continuent à rencontrer des difficultés à faire face à ces dépenses. Des pistes alternatives sont choisies, mais pas toujours faciles à suivre. De nombreux étudiants décident de travailler pendant l’année pour payer leurs études. Ils gagnent cependant rarement assez pour payer les cours, les syllabi et le loyer du kot. Ainsi, certains, comme Quentin Stassart, qui aspirait à devenir instituteur, sont obligés d’abandonner les études pour des raisons financières.  » Je n’ai plus pu avoir de bourse d’études. Car j’avais déjà refait une année, explique-t-il. Il n’était plus possible pour moi de continuer à payer. « 

(1) LE FORMULAIRE À RENVOYER POUR DEMANDER UNE BOURSE À LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE EST TÉLÉCHARGEABLE SUR LE SITE WWW.ALLOCATIONS-ETUDES.CFWB.BE.

Le décret Wendy, adopté en juillet 2010, apparaît comme une grande avancée

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