Routes printanières

Les grandes classiques s’enchaînent différemment cette année. Les modifications apportées au calendrier cycliste semblent déjà satisfaire les coureurs

Droites, larges, truffées de pentes inattendues, de zigzags enivrants, ou de surfaces pavées, bordées d’arbres, de maisons sages ou d’étendues monochromes, les routes belges sont belles. Il suffit, pour le percevoir, de les aborder en douceur et d’en écarter momentanément les usagers les plus bruyants. Les cyclistes s’en emparent alors aussitôt, les emplissant de bruissements fuyants pour s’y  » faire les jambes  » ou pour y remporter quelque coupe honorable.

C’est d’ailleurs de partout que les champions viennent frotter leurs roues chromées au goudron belge : lors de la Flèche brabançonne, le week-end dernier, les participants représentaient 12 nations, dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande. D’ailleurs, le Néerlandais Michaël Boogerd et l’Espagnol Oscar Freire se sont particulièrement distingués en terminant aux deux premières places. La veille, le Grand Prix E3 s’est terminé, à Waregem, sur la victoire d’un coureur néerlandais, Steven De Jongh, juste devant l’Allemand Wesemann, précédant lui-même le jeune Belge Stijn De Volder.  » Les coureurs étrangers, surtout français, allemands et italiens, semblent apprécier les courses comportant des passages sur pavés ôflamands » « , confirme d’ailleurs Tom Van Damme, directeur à la RLVB.

La plupart de ces artistes de la petite reine participeront à l’édition 2003 du très couru Tour des Flandres, organisé cette année le 6 avril et qui sera suivi le mercredi 9 de Gand-Wevelgem. Et la proximité géographique des deux événements n’a, cette année, plus rien à voir avec  » les hasards du calendrier « . Au contraire, l’Union cycliste internationale avait annoncé la couleur en novembre dernier, déjà, en décidant de modifier les traditions ancrées, au nom de priorités désormais acquises au sport de compétition : la logique des préparations et la nécessité d’attirer, pour des raisons notamment économiques, des champions de renommée internationale.

 » Le Grand Prix Cerami a été avancé d’un jour à notre demande, pour des raisons stratégiques « , explique Ruddy Vandeginste, directeur sportif de l’événement.  » Le choix initial du vendredi précédant la course Paris-Roubaix nous était néfaste, parce que de nombreux coureurs en lice pour cet événement du week-end se trouvaient déjà très logiquement sur le parcours de la course. La modification du calendrier nous a permis de choisir le jeudi, et il semble, à ce stade-ci des inscriptions, que nous ayons eu raison. Bien que notre parcours ne comporte pas de partie pavée qui préparerait les coureurs spécifiquement à Paris-Roubaix, il peut faire partie intégrante de leur mise en condition, puisque les cyclistes de ce niveau doivent rouler tous les jours.  »

Le sommet ardennais

Désormais coincé entre les courses Gand-Wevelgem et Paris-Roubaix, le parcours hennuyer s’installera donc confortablement dans sa nouvelle niche, quand les derniers doutes concernant la présence des équipes italiennes sur le parcours flandrien seront levés.  » Sinon, leur logement sera à notre charge, ce que nous ne pouvons pas nous permettre « , tempère néanmoins Ruddy Vandeginste.

Le changement le plus radical de la nouvelle saison, à savoir le déplacement du couple Grand Prix de l’Escaut/ Amstel Gold Race avant le couple Flèche wallonne/ Liège-Bastogne- Liège, ne répondrait au contraire qu’à une logique purement sportive. Il mettra fin à un certain va-et-vient entre les parcours plats et les courses plus valonnées puisque les coureurs passaient du Tour de Flandres à Gand-Wevelgem, puis à Paris-Roubaix, avant d’aborder les classiques wallonnes, pour repartir ensuite vers le Grand Prix de l’Escaut et l’Amstel Gold Race. Les hautes instances du cyclisme international ont modifié quelque peu le calendrier faisant û après les grandes classiques partiellement pavées du Nord et l’escapade néerlandaise û du  » week-end ardennais  » un nouveau sommet de la saison printanière.  » Ce n’est pas tant une question d’entraînement, puisque tous les coureurs ne participent pas aux mêmes courses, commente Tom Van Damme, mais le nouveau calendrier est nettement plus logique. Il permet aux équipes de mieux planifier la saison.  » Et de joindre ainsi la force mentale à celle des jambes ?

Carline Taymans

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