Ronny Delrue, 12.06.2021, 19: 45, 2021. © The Artist Courtesy of Galerie MLF Marie Laure Fleisch

Ronny Delrue

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Artiste gantois modeste et génial, Ronny Delrue (1957) expose une nouvelle série de dessins à la galerie Marie-Laure Fleisch. L’occasion de découvrir un travail plastique fluide cherchant à épouser les variations du réel – au contraire d’un Fernando Pessoa, Delrue pense que l’art et le réel peuvent cohabiter.

Sculptures of Stones, ce titre est paradoxal pour une exposition consacrée au dessin. Pour le comprendre, il faut connaître votre rapport à l’inspiration qui est tout sauf rectiligne.

En effet, c’est l’actualité – les choses vues, entendues et lues – qui fournit la matière première de mon oeuvre. Tout m’ arrive par le contexte… mais celui-ci n’est qu’un début, une étincelle pour une rêverie intellectuelle ou sentimentale. Dans le cas précis, ce qui m’a inspiré, ce sont les statues que l’on fait tomber de leur socle, comme celle de Léopold II, par exemple. Je suis fasciné par l’utopique désir de durer dont elles témoignent. On pense qu’en se faisant représenter dans la pierre, on pourra traverser le temps. C’est bien sûr une illusion. L’illusion du pouvoir qui refuse l’impermanence de tout son être. Or, cette impermanence est l’étoffe dont nous sommes faits.

Dessiner est vital pour vous?

Les dessins sont ma mémoire. C’est pour cette raison que j’indique toujours sur le papier la date et l’heure auxquelles ils ont été exécutés. Pour moi, cela revient à figer un instant, c’est une trace que je peux reprendre à tout moment.

Votre travail semble comme hanté par une absence, plus exactement une présence de l’absence. Une ombre plane- t-elle au-dessus de vos oeuvres?

Je porte le même prénom qu’un frère décédé après quelques mois d’existence. C’est un drame familial dont mes parents, qui sont encore en vie, n’ont jamais parlé. Il n’y a rien qui subsiste de cet enfant, ni tombe dans un cimetière ni photographie. J’ai réalisé une oeuvre sur ce sujet. Il s’agit d’un portrait de ma mère ponctué de trous. Ces trous sont la métaphore de l’absence, de l’incomplétude mais aussi de ma tentative d’entrer dans la tête de ma maman pour la comprendre.

A la galerie MLF Marie-Laure Fleisch, à Bruxelles, jusqu’au 16 avril.

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