Quand faut-il vendre ?

Bien que de qualité très variable, les informations disponibles pour acheter des actions sont relativement nombreuses et bien relayées par la presse, qu’elle soit spécialisée ou généraliste. Mais quand il s’agit de vendre, les intervenants semblent se montrer moins loquaces. Ce manque relatif d’informations expliquerait en partie pourquoi les investisseurs amateurs ont tant de difficultés à vendre : ils manquent de repères. Une autre explication, psychologique, n’est autre que l’appel du gain. Selon les tenants de cette approche, une belle hausse du titre laisserait penser à l’investisseur que l’action ne peut qu’encore grimper et que ce n’est pas le moment de vendre. Sauf à courir le risque de rater encore d’hypothétiques gains. Et si l’action baisse, l’investisseur (trop) optimiste pensera que le cours ne pourra que remonter et qu’il se  » refera « .

Savoir bien vendre

Gagner en Bourse, c’est donc aussi savoir bien vendre. Mais quand ? Après un gain de 20 ou de 40 % ? Après une perte de 15 % ou de 30 % ?

1. Rester calme. Des actions peuvent chuter à l’annonce de mauvais résultats et se reprendre en quelques séances. Ou bondir après publication d’une bonne nouvelle, et rapidement se calmer. Et si les marchés sont rationnels à long terme, ils peuvent être tout à fait irrationnels pendant un laps de temps relativement court. La Bourse est aussi une école de patience. Pour s’enrichir, mieux vaut résister à la tentation de réaliser des gains rapides.

2. Discipline ! Il faut savoir faire preuve de la même discipline à la vente qu’à l’achat afin de ne pas vendre pour des raisons émotionnelles. Pour déterminer le moment de la vente, il faut remonter aux raisons qui ont poussé à l’achat : une sous-évaluation du cours, des perspectives de développement intéressantes (nouveaux produits et services, nouveaux marchés, plan de restructuration…). On cédera les titres quand les raisons qui ont motivé l’achat ont produit leurs fruits.

Pas si simple

 » Facile « , pensez-vous ? Pas vraiment. La psychologie de l’investisseur nous apprend que ce dernier est plus réceptif aux informations qui confirment son jugement qu’à celles qui le battent en brèche. Gardez un £il critique et objectif sur les actions en portefeuille pour ne pas devenir aveugle à d’éventuels signaux négatifs. Et ne tombez pas amoureux de vos actions ! Par ailleurs, déterminer si le potentiel d’un nouveau produit est maintenant complètement réalisé ou si l’action tient bel et bien compte des belles perspectives peut se révéler très complexe. Certains investisseurs optent donc pour des méthodes moins conventionnelles. Les partisans de l’analyse technique (qui se base essentiellement sur les mouvements des cours) sont vendeurs de tout ou partie quand un cours baisse de, par exemple 15 %, par rapport à son sommet des 12 derniers mois. C’est là un signal clair et facile à mesurer.

Dernière considération : votre niveau de risque. Si l’entreprise dont vous êtes actionnaire décide de se lancer à la conquête de l’important mais dangereux marché chinois, le niveau de risque de votre investissement se modifie substantiellement. C’est bien sûr plus souvent le cas pour les entreprises de petite taille, qui n’ont pas toujours le savoir-faire technique et humain pour se lancer dans une telle aventure, que pour les plus grandes. Si le risque se modifie à un niveau qui vous semble incompatible avec ce que vous pouvez supporter, vendez vos actions sans regret. l

Pierre Samain, Budget Hebdo

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