Propos effarants

Voici deux réactions à l’entretien de Radouane Bouhlal, président du Mrax, publié dans Brussel Deze Week et épinglé sur levif.be. Il avait déjà tenu des propos similaires dans Le Vif/L’Express du 13 novembre 2009.

La lecture que Monsieur Radouane Bouhlal fait de la société belge est pour le moins singulière et, pour tout dire, irrespectueuse. Ce qu’il attribue à des origines ethniques est en réalité imputable à une condition sociale. Il a l’air de découvrir que quand on est pauvre, peu cultivé et qu’on n’a pas le réseau social adéquat, on a infiniment moins de chances de réussir professionnellement. C’est un fait d’évidence qui n’a rien à voir avec le fait qu’on est maghrébin ! C’est pareil partout ! S’il invoque son origine pour constater que le monde est injuste, soit c’est une tentative de récupération pour tirer d’un état de fait malheureux un argument de force, soit il a encore du chemin à faire vers la lucidité ! M. Radouane Bouhlal n’a, semble-t-il, pas remarqué qu’il y a des  » Belges blancs  » qui dorment dans la rue pour le moment alors qu’il gèle ! Ce n’est pas le Maghrébin qui est stigmatisé, mais le pauvre. Que le monde occidental, dans diverses mesures, vit dans une société, je cite,  » basée sur une hiérarchie dépendant de l’origine des gens et pas sur l’égalité des citoyens « , est sans doute vrai dans les faits, mais l’origine dont parle Radouane Bouhlal est, en fait, l’origine sociale et pas l’origine ethnique. Qu’il y ait une corrélation entre l’une et l’autre n’est dû qu’à l’évidence d’une émigration économique : ce sont les immigrés pauvres qui sont stigmatisés, exactement de la même manière que ce sont les Belges blancs pauvres dont parle ce monsieur qui dorment dans la rue et y meurent. Cette expression,  » Belges blancs « , est à la limite de l’injure raciste, reste à savoir de quel côté de la limite on peut raisonnablement la situer.

C’est effarant d’entendre cela. Ces fanatiques peuvent tout se permettre : nous injurier, nous critiquer, tenter de nous dominer, de nous changer, de modeler notre société et quand ce n’est pas à leur goût, de terroriser, de malmener et de menacer. Dans les pays islamistes, les femmes ne peuvent pas conduire, ne peuvent porter une jupe et font l’objet d’une discrimination scandaleuse. On peut oublier l’aide publique pour un immigrant et certainement s’il est chrétien. Les autres religions ne peuvent construire un lieu de culte et doivent se terrer pour pratiquer leur foi. Nos pays, remarquablement ouverts, laïques (mais à caractère chrétien quand même) et tolérants se font aujourd’hui critiquer et insulter parce qu’ils ne vont pas assez loin ? Mais Messieurs les islamistes de tous bords, retournez dans vos pays respectifs, allez voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Et si vous voulez rester, vous êtes plus que les bienvenus dans la mesure où vous respectez nos coutumes, nos m£urs, notre patrie, notre religion ou notre laïcité et tout ce qui fait que nous sommes en Belgique au c£ur d’une Europe qui est loin des us et coutumes de vos pays d’origine. La multiculturalité est une très belle chose dans la mesure où on grandit en apprenant de l’autre. Mais critiquer l’autre pour s’imposer est une atteinte à cette multiculturalité. Et cela pousse justement au racisme. Pour quelques pour cent de fanatiques, c’est toute une communauté qui risque de payer. Alors quand on est à la tête du Mrax, qui est financé par la Communauté française, on tourne sept fois sa langue dans la bouche avant de sortir de telles stupidités injurieuses.

J’opterai pour qu’on vote une loi qui interdise l’atteinte à l’honneur du pays et de ses citoyens. Et si cette atteinte émane d’un étranger, qu’on le reconduise immédiatement chez lui. Qu’il soit français, américain, marocain ou de Mars. Et je demande aux politiques qui nous lisent de revoir leur position quant au financement d’un organisme qui peut constituer une arme dangereuse en matière de manipulation de masse. Qu’on arrête de financer ceux qui sont et resteront ennemis de la démocratie et de la laïcité.

Marcel Casteleyn, psychothérapeute; Olivier Thomas, par courriel

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