Parmi les lauréats, Michiko Van de Velde (1994) et ses toiles et panneaux de bois autour de la lumière, du paysage et du mouvement. © Vincent Everarts

Prix Elisabeth Burdot

Le Vif

On ne dira jamais assez la valeur des soutiens à la jeune création alors que le phénomène dit «d’évaporation» inhérent aux écoles d’art bat son plein. Celui-ci, que la sagesse populaire pourrait résumer par le sans appel «beaucoup d’appelés, peu d’élus», touche particulièrement les jeunes femmes. Même si cela ne résout pas tout, des prix et des possibilités de résidence tentent de pallier les manquements sociétaux. Parmi ceux-ci, le prix Elisabeth Burdot, journaliste de la RTBF décédée en 2021, s’adresse aux œuvres picturales d’expression libre en peinture et en dessin. Outre trois bourses de 2 000 euros, ce prix assure aux lauréats une exposition qui leur est entièrement dédiée.

L’ édition 2022 a sacré exceptionnellement quatre talents émergents – le jury ayant attribué une mention spéciale aux fusains d’ Aymeraude du Couëdic (sur lesquels nous reviendrons dans notre prochaine édition). A la galerie Marie-Ange Boucher, le visiteur découvre une proposition cohérente malgré les styles hétéroclites – sans doute doit-on cela à la sincérité de trois démarches affirmées. Michiko Van de Velde (1994) déploie des toiles et des panneaux de bois autour de la lumière, du paysage et du mouvement. Difficile de ne pas penser à certains tableaux de Gerhard Richter, voire à Mark Rothko pour le glissement progressif vers l’abstraction. Indubitablement virtuose, le travail de Peter Depelchin (1985) fait converger mythologie, astrophysique et fascination pour le grotesque à travers des petits formats mais également Hortus conclusus, une composition monumentale qui laisse coi. Enfin, Antoine Waterkeyn (1991) impressionne par son sens de la composition et de l’espace – notamment en raison de cartes de tarot plus grandes que nature.

A la galerie Marie-Ange Boucher, à Bruxelles, jusqu’au 26 juin.

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