Policiers et tartufes

Des coureurs français en garde à vue, Museeuw blanchi, de nouvelles mesures en préparation : les affaires de dopage entre sport, justice et… sécurité sociale

Cinq ans après le feuilleton Festina, voici donc l’affaire Cofidis, du nom de l’une des principales équipes françaises de cyclisme. Où l’on découvre que l’érythropoïétine (EPO) continue de faire des ravages dans le peloton et que certains coureurs du dernier Tour de France achetaient les services de donneurs de sang afin de maintenir, jour après jour, leur taux de globules rouges.

Faut-il en rire ou en pleurer ? Le ministre français des Sports, Jean-François Lamour, a déjà réagi en annonçant de nouvelles mesures de répression, mais aussi d’accompagnement médical des cyclistes. Finis les  » soigneurs « . Et l’Union cycliste internationale va mettre en place la détection des transfusions.

La bonne nouvelle est venue de… Courtrai où les policiers qui enquêtaient, notamment, sur Johan Museeuw, le  » Lion des Flandres « , ont blanchi celui-ci : tous les tests auxquels s’est soumis l’ancien champion du monde (1996) se sont révélés négatifs.

Dans l’affaire française Cofidis, ce sont les enquêteurs de la brigade des stups qui remontent les filières vers les coureurs. Au terme de plusieurs mois de filatures et d’écoutes téléphoniques, ils étaient prêts à opérer en flagrant délit lors du Tour 2003. Il fallait donc un cas de force majeure pour les en empêcher. Ce fut la célébration du centenaire de l’épreuve. Consigne avait été donnée de ne pas gâcher la fête. Comme il se doit, la course fut grandiose, et le cinquième succès de Lance Armstrong, surhumain.

La lutte contre le dopage s’arrête là où l’intérêt supérieur du sport-business commande. Ce n’est pas  » un combat permanent « , mais un théâtre hypocrite aux ressorts éculés. Ainsi, l’invraisemblable  » coming out  » de John McEnroe avouant, récemment, s’être dopé aux stéroïdes durant sa carrière tient davantage de la mise en scène que du repentir tardif. Il se murmure, en effet, que les autorités sportives américaines s’apprêtent à révéler les noms de quelques légendes du passé qui se seraient dopées. Le gaucher en était. Il a simplement jugé plus prudent de devancer l’appel.

Afin de donner un coup de pouce à la candidature de New York à l’organisation des Jeux de 2012, les dirigeants ont choisi de jouer la transparence. Ils veulent donner des gages d’honorabilité au Comité olympique international. Ils sont même prêts à déboulonner quelques idoles. Des vieilles gloires qui ont cessé depuis longtemps de faire tourner la planche à billets. Au royaume des dopés, les champions manient la seringue, et les dirigeants, la poudre de perlimpinpin. Le spectacle est rodé.

Henri Haget

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