MR d’alors !

Dites, je me trompe ou le départ de ce pauvre M. Ducarme n’attriste pas grand monde ? Depuis l’autre jeudi, quand Richard Miller arrive à son cabinet échevinal de Mons, il chante un air joyeux. Ses collaborateurs, qui ont entendu un bout des paroles, assurent qu’il y est question de  » Ah ça ira  » et de  » On les pendra « . Le moral de celui qui fut ministre de la Culture avant de se faire dégommer par Ducarme est tellement au zénith qu’il envisagerait même de se remettre à l’écriture.  » J’ai bien envie d’écrire un polar, a-t-il confié à ses proches. Il serait question d’un antihéros qui poignarde son meilleur ami dans le dos avant de se retrouver épinglé par un superflic de la brigade anti-fraude fiscale. Bien entendu, ce serait une pure fiction.  »

Au Ceran, l’école de langues où l’ex-ministre-président de la Région bruxelloise s’est initié aux rudiments du néerlandais, on est enthousiaste :  » Comme vous l’aviez peut-être remarqué, M. Ducarme avait quitté nos locaux avant d’avoir terminé son premier module de cours. D’où sa maîtrise toute relative de la langue. A présent qu’il a plus de temps libre, nous l’attendons à bras ouverts. On lui donnera même aussi des cours de français, s’il le désire.  »

Du côté des rockers, on est encore sous le choc :  » Ouais, euh, on veut dire, évidemment, il nous avait coupé nos subsides, mais, euh, quoi, maintenant, on a compris pourquoi : il avait plus besoin que nous de ces quelques dizaines d’euros pour finir le mois, si tu veux. Mais cool, on a décidé de le soutenir. On va faire un disque de sampling avec des extraits de son discours d’adieu, si tu veux. Après tout ce qu’il a fait pour nous, on veut lui prouver notre reconnaissance en le propulsant au sommet du top 50.  »

Son comptable, lui, prend un air navré :  » Il m’a dit qu’il ne tenait pas tellement à frauder le fisc, mais qu’il y était bien obligé, histoire de se sentir plus proche du Belge moyen. J’ai bien tenté de lui faire comprendre que, quand on est ministre, il n’est pas simple de faire du black. Mais vous connaissez notre Daniel : obstiné comme pas deux, hein !  »

Don Johnson, l’ex-star de Miami Vice, que Ducarme avait rencontré il y a quelques semaines, est un peu étonné :  » Il m’avait montré une place avec plein de vieux bâtiments en m’expliquant qu’il voulait tout raser pour y construire un studio de cinéma. Ça s’appelait la Grand-Place, ou quelque chose comme ça.  »

Enfin, Louis Michel a pris un air un peu gêné :  » Daniel qui, dites-vous ? Ducarme ? Non, désolé, ça ne me dit rien du tout, ce nom…  »

de marc oschinsky

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