L’index prend un coup de jeune

Laurence Van Ruymbeke
Laurence Van Ruymbeke Journaliste au Vif/L'Express

Le nouvel indice des prix à la consommation est annoncé pour janvier. Déterminant pour l’évolution des salaires, il passe au crible les habitudes d’achat des consommateurs

Le charbon n’a qu’à aller se rhabiller. La cire encaustique aussi. Les plats surgelés sont venus à bout de leur résistance. Sans aucun état d’âme, les ordinateurs ont poussé par-dessus bord le vin rouge de table, les molières à lacets en cuir et les béquilles. Ce n’est même plus la peine de parler de l’eau de Cologne ou des hot-dogs, condamnés par les GSM, unis, pour la circonstance, aux pains multicéréales. Un vrai carnage…

C’est que voilà le nouvel indice des prix à la consommation, également appelé l’index. Tous les huit ans, cette liste de produits et de services de consommation courante est remise à jour, afin de correspondre au mieux au comportement d’achat de la population. A partir du mois de janvier, on y trouvera 507 produits, contre 481 précédemment. Une petite centaine d’ingrédients de ce panier d’achats typique ont été supprimés. Un exemple ? Les magnétoscopes et les communications téléphoniques données au départ de cabines publiques. Passé de mode, tout cela. En revanche, 124 autres produits ont été introduits dans la liste. Parmi les nouveaux intronisés figurent les graveurs DVD, le papier en fibre de verre et les plaques de cuisson vitrocéramique. Sans oublier les dix séances de solarium…

Pourquoi faire un fromage de ce dépoussiérage ? Parce que cet indice, dont les mouvements de prix à la hausse et à la baisse sont scrutés de très près, est déterminant pour calculer objectivement l’évolution du coût de la vie. Mais encore ? Que c’est sur la base de l’indice-santé – la liste classique des biens et des services dont on a ôté les carburants, l’alcool et le tabac – que les salaires, les allocations sociales et les loyers sont adaptés. A la hausse uniquement.

C’est dire si la composition de l’index est soigneusement soupesée par les 21 membres de la Commission de l’indice, des représentants syndicaux et patronaux et des professeurs d’université, chapeautés par le secrétaire général du Conseil central de l’économie. Ces experts, bien conscients des conséquences de leurs choix, travaillent d’ailleurs sur le sujet depuis deux ans. Il s’agit pour eux de s’entendre sur le contenu de la liste elle-même, sur les méthodes de calcul retenues et sur les coefficients de pondération à appliquer. Car, en Belgique, les salaires sont automatiquement adaptés à l’évolution du coût de la vie. En cas d’augmentation importante de l’index, les salaires sont revus à la hausse, pesant sur les coûts de fonctionnement des entreprises… L’enjeu n’a pas empêché les interlocuteurs sociaux de se mettre d’accord sur la nouvelle formule de l’indice des prix. A l’avenir, la remise à jour interviendra tous les deux ans.

Laurence van Ruymbeke

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