Liège Tassement réel

Chute du prix des villas et bon maintien du foncier. Voilà les deux actualités mises en exergue par les notaires liégeois. Mais est-ce la réalité de terrain ? A voir, au cas par cas. Toujours…

Floue et parcellaire, la photographie 2010 du marché immobilier provincial diffusée par les notaires liégeois. A tel point que le segment des maisons 4 façades et villas ne dispose même plus d’une carte synthétique des niveaux de prix par commune. A y regarder de près, la baisse du marché immobilier est pourtant réelle, même si la Fédération des notaires se refuse à parler de crash. Tout est donc dans la nuance ; et pour les terrains, dont le prix continue à augmenter, on dispose d’une carte ensoleillée… Il faut néanmoins nuancer selon les segments ; et la baisse pour les villas 4 façades est nette.  » La tendance semble se confirmer pour 2010 « , avoue-t-on chez les notaires, sans plus de précision. Une prévision renforcée par le fait que ces mêmes villas se louent mal pour l’instant – les locataires se tournent vers les appartements moins coûteux en frais divers – et que les rendements s’écrasent, vu les loyers bradés. Le mot d’ordre : si vous êtes à la recherche d’un toit à louer, négociez donc sans hésiter le montant du loyer et des charges.

 » N’achetez pas la maison de vos rêves !  » C’est du rapport annuel des notaires qu’est tiré ce conseil, expliqué par Me Renaud Grégoire :  » On est actuellement dans un marché tributaire du risque de pertes d’emplois. Or les gens ont toujours le même réflexe : voir quel est le plafond de leur possibilité de remboursement, et acheter en fonction. Malheureusement, dès que le moindre imprévu survient, il devient difficile de garder le bien.  » En gros, il vaudrait mieux, pour un jeune couple, acheter  » petit et sympa  » avant de concrétiser son rêve.  » Et qu’on ne me dise pas que je prêche pour ma chapelle en favorisant le roulement : lorsque les couples asphyxiés revendent leur bien, le roulement est tout aussi grand. Je m’attendais également davantage à voir des braderies dans l’immobilier neuf, ce qui n’a pas été le cas « , relève encore le notaire.

Et l’écroulement du prix des villas, qui auraient perdu près de 8 % en 2009 et dont on parle beaucoup ? A la tête de deux agences Century 21, Werner Effertz n’a pas tout à fait le même point de vue.  » Ecroulement des villas ? Oui et non. Pas mal d’acheteurs recherchent encore les quatre-façades, mais le prix proposé par les propriétaires ne correspond pas à leurs attentes. Dès lors, entre les prix annoncés et les prix obtenus, on peut effectivement constater des chutes. Ce qui valait 200 000 euros dans les faubourgs de Liège il y a quelques années, et qui pouvait être vendu 230 000 euros, sera vendu à son vrai prix aujourd’hui. Bref, les prix n’ont pas diminué, mais on ne peut plus spéculer. « 

Année historique, curieusement

Du côté de la Cité ardente, les quartiers qui gardent la cote ont pour nom Laveu, Jardin botanique et Louvrex.  » Pour notre marché cible, fort citadin, la moyenne des prix de vente se situe aux alentours de 127 000 euros, confie Eric Meuris (C21 Bureau Blavier). C’est le prix d’une maison mitoyenne trois chambres dans la périphérie. Curieusement, la fin 2008 et celle de 2009 ont été historiques : nous n’avons jamais réalisé autant de transactions pour des mitoyennes ne dépassant pas les 200 000 euros. Par contre, le délai de vente s’est allongé.  » Autre constat notarial, également inscrit dans la logique : les quartiers jouxtant la nouvelle gare des Guillemins prennent de la valeur. Enfin.

G.V. ET PH.C.

 » Les prix n’ont pas diminué, mais on ne peut plus spéculer « 

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