© Metro Goldwyn Mayer Pictures Inc

Licorice pizza

Le Vif
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Comédie romantique

Licorice Pizza désigne une chaîne de disquaires ayant fleuri dans le Los Angeles des années 1970 et 1980, l’enseigne comptant jusqu’à 34 magasins à ses plus beaux jours. Une madeleine de Proust pour Paul Thomas Anderson, qui a décidé d’en reprendre le nom pour son dernier film (en lieu et place de Soggy Bottom, son titre de travail), sans pour autant qu’il y ait de lien direct. Ce neuvième long métrage a, du reste, des allures de retour aux sources pour le réalisateur de Magnolia, qui en situe l’action dans la vallée de San Fernando, le cadre où il a grandi et décor de ses premiers films. L’histoire commence de manière presque anodine, dans un lycée d’Encino: c’ est le jour de la photo de classe, circonstance dont profite un élève entreprenant, Gary Valentine (Cooper Hoffman, digne rejeton de Philip Seymour), pour tenter de baratiner l’assistante du photographe, Alana (Alana Haim, du trio Haim), ne se laissant pas décourager par leurs dix ans de différence. Amusée autant qu’intriguée par le bagout du gamin de 15 ans, elle se prend au jeu, acceptant de le revoir, puis de le chaperonner à New York où, enfant acteur, il doit participer à un show télé. La suite ne prend pas exactement le chemin escompté, ce qui ne les empêche pas de se croiser et se recroiser encore une fois revenus sous le soleil californien. Jusqu’à bientôt devenir associés dans une entreprise de waterbeds, alors qu’elle se pique par ailleurs de devenir comédienne…

© National

Rupture de ton

Si l’on excepte Inherent Vice, la filmographie de Paul Thomas Anderson avait pris, depuis une quinzaine d’années et There Will Be Blood, un tour singulièrement tourmenté. Licorice Pizza marque, à cet égard, une rupture de ton, le film, solaire, adoptant la forme insouciante d’une romance en zigzags rendue plus enivrante encore par son entêtant parfum 70’s. PTA y convoque au passage son imaginaire cinéphile, ce qui vaut à Sean Penn de camper un William Holden bien frappé, ou à Bradley Cooper de sortir un numéro d’anthologie sous les traits de Jon Peters, producteur et plus de Barbra Streisand, parmi d’autres excentricités. Le tout, assorti d’une bande originale imparable – voir le magique moment de bascule au son de Let Me Roll It de Paul McCartney & Wings – et exécuté avec sa virtuosité coutumière. On est chez le réalisateur de The Master après tout, et le film, sous ses dehors légers, apparaît aussi comme la synthèse de son cinéma, avec son personnage rappelant le Adam Sandler de Punch-Drunk Love, un zeste de folie à la Inherent Vice et une relecture des lois de l’attraction à la manière de Phantom Thread. Ajoutez un duo de comédiens dont l’alchimie irradie de l’écran et l’on tient là comme une parenthèse enchantée. Les 2 h 13 que dure Licorice Pizza sont un concentré de bonheur. Si ce n’est pas le film de l’année, cela y ressemble…

De Paul Thomas Anderson. Avec Alana Haim, Cooper Hoffman, Benny Safdie. 2 h 13. Dist: Universal. Disponible en Blu-ray et en VOD.

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