L’Humeur : Promenons-nous dans le Bois

Il faudra un jour ériger un monument à la mémoire de tous ceux qui ont vu leur carrière foncer dans le mur après avoir exhibé leur sexualité d’une manière un peu trop exubérante. Des gens comme George Michael, qui a eu la mauvaise idée de se cacher dans les toilettes publiques d’un parc californien pour faire  » coucou qui est là ? » face à un homme qui, sous ses habits civils, cachait une carte de policier. Ou comme Hugh Grant, devenu, à peu de chose près, la risée de la planète entière quand des agents l’ont surpris, dans sa voiture, en compagnie d’une femme de petite vertu. Ou comme mon préféré : ce conseiller du gouvernement britannique qui, dans les années 1990, avait choisi de se profiler comme défenseur du Nouvel Ordre Moral (qui n’est autre, comme on le sait, que le retour à l’ancien), mais qui avait été forcé de changer de discours après avoir été retrouvé ligoté et revêtu uniquement de lingerie fine.

A cette liste de tombés au champ d’honneur de la papouille illicite et généralement facturée, il faut à présent ajouter un nouveau nom, et pas des moindres : celui de Dominique Ambiel.

M. Ambiel s’était fait un nom dans le Tout-Paris en produisant Koh Lanta, une des premières émissions françaises de télé-réalité. Puis en devenant le conseiller en communication du Premier ministre français. Ou plutôt, disent ceux qui savent, en étant son seul ami dans un monde politique où le concept même d’amitié prête généralement plutôt à sourire.

Depuis l’autre semaine, ce malheureux Raffarin a bien été obligé de se trouver un autre ami. Plus précisément depuis qu’Ambiel a été coincé par une brigade de répression de la prostitution, dans le Bois de Boulogne, en compagnie d’une jeune Roumaine de 17 ans. Bien sûr, il est toujours présumé innocent, mais Raffarin l’a malgré tout prié d’aller clamer son innocence un peu plus loin.

Il faudrait être de très mauvaise foi ou doté d’un cerveau particulièrement retors pour trouver l’histoire trop belle pour être vraie. Un homme très en vue, qui sait qu’il n’est pas entouré que par des amis et qui se fait coincer par la police 200 mètres après avoir embarqué une prostituée mineure, ça arrive tous les jours, voyons ! Quant au fait que les policiers en question soient membres d’une brigade créée par Nicolas Sarkozy, pas vraiment le meilleur pote à Raffarin, c’est, évidemment, un pur hasard. Il faut dire qu’Ambiel ne fait rien pour arranger les choses avec une défense, euh, pas très crédible : » J’ai embarqué cette jeune fille pour la soustraire à une bagarre entre prostituées « , c’est déjà un peu gros. Et quand ladite jeune fille précise :  » Si, si, je connais très bien monsieur, je l’ai vu trois fois la semaine dernière « , ça devient une cause que même Me Magnée hésiterait à plaider.

Exit donc M. Ambiel. Il entrera dans l’Histoire de France comme l’homme qui avait enfin trouvé un usage récréatif pour les voitures de fonction de Matignon. Et comme celui qui a imposé la télé-réalité sur nos écrans. Ce qui, aux yeux de pas mal de Français, doit être un crime nettement plus impardonnable.

marc oschinsky

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