Lettre à mes amis socialistes qui ont le blues

Les chiffres ne mentent pas. Le PS bruxellois est en déclin. En cinq ans, il a perdu plus de 20 % de ses électeurs. Lors du scrutin régional de 2009, il a sauvé la face dans quelques quartiers immigrés. Partout ailleurs, la chute est lourde. La direction du PS bruxellois n’a pas fait son examen de conscience. Philippe Moureaux, jamais élu par la base, verrouille le débat. Les militants ont le blues. Ils souffrent en silence car, dans ce parti en crise, on ne badine pas avec la discipline. Le PS perd sa base traditionnelle. Il perd aussi les classes moyennes. Le plus grave, c’est sa perte de repères idéologiques, qui déconcerte de nombreux progressistes. Ma famille de c£ur reste la gauche socialiste. Je me sens proche de beaucoup d’entre vous et j’apprécie vos engagements. Je sais que la dérive de votre parti vous trouble également. La direction du PS bruxellois tourne le dos au progressisme. Le PS est en train de devenir, dans certains quartiers, un parti confessionnel musulman.

Je suis abasourdi quand j’entends Philippe Moureaux faire l’éloge du Frère musulman Tariq Ramadan. Je suis atterré quand j’entends le même Philippe Moureaux dénoncer ce qu’il appelle les  » laïcards « , qu’il raille parce qu’ils défendent une école sans voile islamique. Jadis, le PS bruxellois mettait aux avant-postes mes amis musulmans laïques, Mahfoud Romdhani et Sfia Bouarfa. Aujourd’hui, le PS mise sur le candidat des mosquées, Jamal Ikazban, 6e sur sa liste, plaidant pour que le Hamas islamiste soit retiré de la liste européenne des organisations terroristes. Je suis inquiet du ralliement de Philippe Moureaux au confédéralisme qui est, selon une expression célèbre, le  » fédéralisme pour les cons « . Dans le dialogue Nord-Sud, certains socialistes bruxellois semblent prêts à échanger leurs grands principes contre de l’argent cash, versé par la Flandre. Enfin, les émeutes à répétition, à Molenbeek notamment, montrent la faillite du discours d’assistanat et de victimisation. L’argument de la  » cause sociale  » de la délinquance est trop simpliste. Celle-ci s’explique aussi par le sentiment d’impunité et le discours antisécuritaire d’une partie de la gauche. Ces derniers mois, j’ai mené plusieurs combats communs avec Alain Destexhe. Je les assume entièrement, comme j’assume entièrement les combats – notamment la lutte contre l’antisémitisme – que je partage avec Viviane Teitelbaum. Au-delà des divergences – je reste un partisan de l’Etat providence – certains libéraux défendent mieux nos acquis – laïcité, égalité hommes-femmes… – que les  » progressistes  » convertis à l’islamo-municipalisme. Comme homme de gauche, face à cette régression, je dis : ce sera sans moi ! A Bruxelles, ce 13 juin, je n’accorderai plus ma confiance au PS.

Chers camarades, je vous souhaite du courage pour, demain, refaire du PS bruxellois un parti vraiment progressiste et laïque. Il y a urgence.

Claude Demelenne, par courriel

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