LES NOUVEAUX PRINCES DE NOS VILLES

Comment se mesure la santé d’une ville ? Il y a les indicateurs socio-économiques, évidemment. Le nombre de faillites. De commerces créés. D’écoles. Le taux d’emploi. L’évolution démographique. La pyramide des âges. L’état des finances. L’ampleur du sentiment d’insécurité. Mais, dans ce contexte, à quoi se référer pour estimer la vitalité de ses habitants ? Leur énergie ? Leur capacité à inventer, à se réinventer, à émerger en dépit d’un contexte général au mieux morose, au pire castrateur ?

Pas seulement en faisant le décompte de leurs déplacements, des événements auxquels ils participent ou de leur pouvoir d’achat. Plus sûrement : en pointant l’éventail, le type, l’envergure et le succès des initiatives qu’ils y lancent.

C’est cette grille de lecture-là que nous avons décidé d’utiliser, cette année, pour nos traditionnels  » dossiers villes « . Qu’il s’agisse dès lors de Bruxelles (dans ce numéro), puis, durant les semaines et les mois qui viennent, jusqu’à la mi-octobre, de Tournai, Spa, Waterloo, Braine-l’Alleud, Liège, Charleroi, Knokke, Wavre, Ottignies, Louvain-la-Neuve, Namur, Nivelles et Mons, la thématique retenue se résume en trois mots :  » les nouveaux conquérants « . On aurait pu choisir  » les nouvelles étoiles « ,  » les nouvelles perles « ,  » les nouvelles success stories « …  » Les nouveaux conquérants  » nous est apparu plus pertinent, plus adapté, dans la mesure où plusieurs des personnalités, des entreprises et des concepts qui semblent s’imposer aujourd’hui, dans nos cités, gravitent sur ce qui est bel et bien un marché d’abord économique. Et que leur objectif est de prospérer, d’essaimer, de rafler des parts à la concurrence, de s’exporter aussi, bien au-delà des frontières locales, régionales ou nationales.

Ces nouveaux conquérants prouvent qu’il y a, dans ce pays, dans ces villes, qu’on dit toujours trop étriqués, trop frileux, trop apathiques, beaucoup d’idées. Beaucoup de témérité. Beaucoup de courage. De résistance, aux obstacles, aux revers, à la médiocratie. Beaucoup de talent, aussi. Et pas seulement parmi ceux déjà reconnus internationalement – les désormais inévitables Stromae, les Diables Rouges, Benoît Poelvoorde, Amélie Nothomb, Charline Vanhoenaecker, Alex Vizorek… et les encore plus anciennement couronnés comme Brel, Hergé, Adamo, Annie Cordy, Simenon, Toots Thielemans, Arno, dEUS… Non, il y a encore et encore de nouvelles  » levées « . Parce que les générations se succèdent, bien sûr, et que chacune d’elles fait éclore d’autres symboles et formes de génie. Mais aussi parce que des terrains jusqu’ici inexplorés, ou mal arpentés, ou pas au moment idéal, révèlent soudain, et aujourd’hui, des gisements de fortune.

Les nouveaux conquérants de Bruxelles ouvrent donc notre bal. Tous en pleine ascension et de plus en plus influents, quels que soient leur âge, leur sexe, leur origine, le secteur où leur créativité s’exprime. La liste aurait pu être beaucoup plus longue, mais un seul magazine n’aurait pas suffi à en faire le tour. Celles et ceux que nous présentons, dans ce numéro comme, pour les autres villes, dans les prochains, ne représentent donc qu’un échantillon de ce qui se fait de mieux, pour l’instant, en matière d’inspiration, d’innovation, de prouesse et de réussite.

Alors que la capitale traverse une période particulièrement difficile, et que ses autorités politiques, au moins au niveau régional, ne se profilent pas comme les plus visionnaires ou sémillantes, c’est beaucoup plus que réjouissant. En ces temps d’aigreur et d’abattement galopants, c’est carrément salutaire.

de Thierry Fiorilli

 » Ils représentent ce qui se fait de mieux, pour l’instant, en matière d’inspiration, d’innovation, de prouesse et de réussite  »

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