Les jeunes, comme ils sont

Tableau de bord impitoyable, l’enquête sur la santé et le bien-être des jeunes d’âge scolaire révèle, une fois de plus, le travail à accomplir pour que nos adolescents aillent mieux dans leur vie

(1) La santé et le bien-être des jeunes d’âge scolaire. Quoi de neuf depuis 1994 ? Participation à une recherche internationale de l’OMS, avec le soutien de la Communauté française, sous la direction du Pr Danielle Piette, de l’Université libre de Bruxelles, Ecole de santé publique, Unité de promotion éducation santé (ULB-Promes)

Un verre à moitié plein ou à moitié vide ? En examinant les résultats de la nouvelle étude sur les comportements et les modes de vie des jeunes en Communauté française (1), les nombreux problèmes de ces adolescents ne peuvent que sauter aux yeux. Néanmoins, on aurait tort d’oublier qu’une grande majorité de ces quelque 15 000 filles et garçons se sont déclarés heureux ou très heureux (de 15 à 20 % disent ne pas l’être). Et même si, dans les années 1990, ils étaient plus nombreux qu’actuellement à se sentir bien dans leur vie, on aurait bien tort de bouder son plaisir… et le leur.

Une fois cela acquis, il n’en reste pas moins que les informations livrées par cette étude ont de quoi faire largement réfléchir les adultes.  » Ce qui frappe, souligne le sociologue Damien Favresse, qui a participé à cette étude, c’est la persistance des inégalités entre les jeunes des différents types d’enseignement : ceux du professionnel et du technique cumulent les conduites à risque, souvent de manière précoce. Ils ont une moins bonne perception de leur santé, s’en plaignent davantage. Cette tendance, déjà présente lors des enquêtes précédentes, se confirme. Avec des risques d’ancrage d’attitudes à risques une fois adulte.  » C’est, également, ce point qui inquiète le plus Nicole Maréchal (Ecolo), ministre de la Santé en Communauté française :  » L’enquête nous montre donc à quel point une discrimination positive orientée vers ces publics cibles est indispensable. Il ne s’agit pas de faire la morale ou de lancer des slogans tout faits mais, par exemple, d’ouvrir le dialogue avec les jeunes sur les problèmes de sédentarité, d’alimentation, de manque de sommeil, de sexualité, de conduites à risques.  »

Dans les écoles, la récente réforme de l’inspection médicale scolaire devrait entraîner la mise en place de projets orientés sur les besoins de santé des jeunes. Néanmoins, les moyens attribués à la prévention en Communauté française restent largement insuffisants pour instaurer une véritable politique de promotion de la santé, relève la ministre (15 millions d’euros par an pour tous les élèves). Et les be- soins, énormes. Des exemples ? 12,4 % des élèves de 15 à 18 ans croient encore qu’un donneur de sang peut être infecté par le sida lors d’un prélèvement et 21,5 % ne se prononcent pas à ce propos. Près d’un quart d’entre eux imaginent également qu’un moustique peut donner la maladie…

Les auteurs de l’étude soulignent aussi à quel point, pour éviter les conduites à risques, les jeunes ont besoin d’être aidés et soutenus dans l’acquisition d’un savoir être, d’un savoir-faire, qui les inciteront à adopter des comportements positifs en matière de santé. Et  » même si l’école est un milieu de vie stratégique, un endroit privilégié dont on ne profite pas assez en matière de prévention « , souligne Damien Favresse, elle est loin d’être la seule impliquée dans un tel objectif pédagogique. A problèmes globaux, réponses globales, et celles-ci impliquent, aussi, les parents. Une nécessité, quand on s’aperçoit que les jeunes ont lancé un autre message fort : 50 % seulement disent aimer l’école, contre 60 % en 1994…

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