Les frites, avec ou sans mayonnaise ?

Que pourra-t-on espérer savoir sur son état de santé grâce aux tests génétiques ? Et à quoi d’autre vont-ils servir ?

Dans la famille des tests prédictifs, tout n’est pas forcément génétique.  » Une future maman qui passe une échographie fait de la médecine prédictive. Ainsi, le radiologue découvrira, peut-être, que des kystes envahissent les reins du f£tus, signe d’une grave maladie, mais pas forcément d’origine génétique. D’autres examens seront alors pratiqués « , explique le Pr Marc Abramowicz. De même, apprendre qu’un sportif de 25 ans affiche un taux de cholestérol excessivement élevé permet de prévoir ses futurs risques de maladies cardio-vasculaires, sans que la génétique intervienne dans ce constat. En revanche, bientôt, des tests génétiques pourraient déterminer avec exactitude pour quelles raisons ce problème se pose. Ou indiquer s’il faut prescrire à ce jeune d’éviter catégoriquement toutes les fritures, se passer seulement de mayonnaise ou encore… tout se permettre, grâce à la présence de gènes protecteurs !

Dans les années à venir, de nouveaux tests permettront de traquer des dizaines de maladies génétiques ou héréditaires supplémentaires. Sur un plan technologique, assure la généticienne Christine Verellen, nous allons vers une plus grande rapidité et une plus grande précision dans les résultats, ce qui améliorera les diagnostics.  » Actuellement, le corps médical dit à tout le monde d’arrêter de fumer et de modifier ses habitudes alimentaires, mais cela n’a que peu d’impact. En revanche, expliquer à une personne pourquoi, en fonction de ses gènes, elle a de bonnes raisons de se méfier des calories ou du tabac pourrait changer la donne « , assure le Pr Abramowicz.

Avancer sur la connaissance des gènes permettra donc aussi, vraisemblablement, de faire la part entre l’importance de ces derniers (l’inné) et l’acquis (dû à l’environnement). Aujourd’hui, les généticiens ne savent toujours pas pourquoi, parmi un couple de vrais jumeaux, élevés de la même manière, l’un développe une maladie héréditaire et l’autre pas. Ou pourquoi ils sont touchés tous les deux, mais pas avec la même gravité…  » Actuellement, en médecine prédictive, notre discours est souvent celui-là : nous savons, par l’étude de certains gènes, si votre ciel est nuageux. Mais il n’est pas certain qu’il pleuvra « , commente le Pr Abramowicz.

Les tests génétiques prédictifs ont également d’autres fonctions. A côté des  » profils à risque « , de mieux en mieux identifiés, les généticiens apprennent à déterminer nos  » profils de réponses  » aux traitements médicamenteux. C’est ce qu’on appelle la pharmaco-génétique.  » Il s’agit de savoir si telle ou telle personne a des chances de profiter pleinement d’une thérapie et de ne pas la lui prescrire si elle est inutile. En cancérologie et en immunologie, ces informations sont essentielles : elles aideront à cibler, tout de suite, des médicaments adaptés.  » En fonction de la biochimie du malade, nous pourrons donc améliorer son sort « , souligne ce spécialiste. Savoir mais, surtout, guérir grâce à nos gènes : telle est, exactement, la boucle que veulent boucler les généticiens.

P.G.

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